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 Bruits de couloir

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Inigo Ghesufal

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Jeu 2 Aoû - 23:08

Suite à son altercation avec certains membres du groupe de reconnaissance dont il faisait partie à Sombrivage, altercation ayant pour motif une très nette différence de vue quant à la façon de mener ladite mission et l’incapacité totale de la part du quartier maitre Inigo Ghesufal à s’intégrer dans une troupe de cette nature, il fut convenu que, à sa propre demande et dans l’intérêt de tous, le quartier maitre était rayé des cadres du corps expéditionnaire à Sombrivage et qu’il rejoindrait le navire Vengeance de Neptulon séance tenante. Là, il serait consigné à bord et préparerait le bâtiment pour le voyage de retour vers la capitale de l’Alliance.

Il fut également établi que, le moment venu, le Capitaine Hodge se réservait le droit de demander au quartier maitre des comptes pour son attitude non professionnelle en situation de combat. Le quartier maitre assura son supérieur qu’il demeurait à sa disposition, qu’il assumait pleinement les actes incriminés et enfin qu’il saura, le cas échéant, en tirer les conséquences qui s’imposeront à lui quant à son avenir dans la Marine du Roi.
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Maroussia Hodge

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Ven 3 Aoû - 3:43

Hodge avait passé une rude soirée, que reflétait son humeur massacrante. Si elle s'attendait à ce que les choses soient complexes, elles s'avéraient presque incommensurables. Et surtout, elle doutait de plus en plus du fait qu'ils soient, eux, Vengeance de Neptulon, plus efficaces dans ce quatorzième bataillon de l'Alliance, qu'en agissant comme ils le faisaient toujours, en solitaires.

Mais les faits étaient là, et elle ne pouvait d'une part partager ses doutes avec l'équipage qui vivait ses propres démons - dont le pire demeurait cet arbre-monde incandescent dans le ciel de Sombrivage - et d'autre part, car il n'y avait pas grand chose à faire, si ce n'est coller tous ces morceaux de papiers les uns aux autres, en espérant que la feuille ainsi créée  tienne bon face aux bourrasques les plus abruptes du vent.

Durant la mission du soir, elle n'avait pas compris ce qui s'était passé. Tendue, fatiguée, et dans les airs, à tenter d'avoir une vision aussi globale que vaine de la situation. Mais lorsqu'elle apprit le départ de Inigo, et que les mots "désertion" se firent entendre, elle répondit simplement qu'elle s'occuperait de l'affaire elle même. Une fois qu'elle appris qu'il se trouvait à bord, elle retrouva un semblant de sourire. Elle s'occuperait de cela plus tard. Il était en vie. Et elle connaissait sufisamment celui qui avait été l'un des premiers aspirants de ce nouvel équipage, le premier navigateur, le premier à être nommé Quartier-Maître, et son timonier en chef, pour savoir que le marin ne fonctionnait pas à l'orgueil. Et que quoi qui ai pu pousser sa décision, cela devait être grave.

Qui plus est, le savoir à bord de la Vengeance, leur enfant commun à tous les deux, en quelque sorte, alors que les côtes étaient longées par des navires de la Horde la rassurait quelque peu. Elle préférerait sans aucun doute mourir au combat demain, plutôt que de voir le navire disparaitre dans les flots troubles de la mer voilée.
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Vendetta Mira Stella

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Ven 3 Aoû - 9:56

Etrange.


Depuis le ciel, en éclaireur, on est sensé avoir une vue globale de la situation, être informé et pouvoir informé rapidement ceux qui, plus près du sol, ne voient pas forcément depuis quelle direction arrive le danger.

Et pourtant, cette sensation d'avoir raté quelque chose en revenant. Même si l'intuition a déjà commencé à recoller les morceaux, grapillés ça et là, et murmure que les choses ont tourné au grabuge malgré que la mission soit un succès.

Emotion.

Confusion.

Désertion.

Bon sang. Tant d'efforts pour en arriver là ?

Tout s'était pourtant bien déroulé, de leur point de vue. Guidé par Faldris dont le retour sur la terre natale se faisait sous un épais nuage de cendres qui altérait la vue et rendait pénible la progression des griffons, suivi d'Amaury qui faisait preuve d'un calme et d'une souplesse admirable avec sa monture, le trio avait progressé en profitant du couvert des arbres et de la fumée pour s'approcher au plus près de Lor'danel en flammes. Le but : repérer les troupes ennemies, déterminer l'état de la ville, et soutenir la colonne d'infanterie qui progressait sous le couvert des grands arbres. Ceux qui n'avaient pas encore brulés. Déjà, on pouvait entendre les communicateurs grésillant de mots doux échangés, prémices d'un conflit encore larvé.

Quand des civils avaient été repérés, tentant de fuir par un des ponts, les troupes s'étaient déployées pour leur venir en aide. Une diversion aérienne, suivi d'une explosion avaient attiré la Horde plus loin, permettant au petit groupe d'éclaireurs de réduire au silence les quelques sentinelles et rapatrier les civils vers un abri proche, pour les soigner. Puis on avait demandé aux griffons de faire la navette afin de les conduire vers les plages du nord, encore tenues par les kaldorei, qui accueillirent avec soulagement les nouveaux blessés.

C'est au cours de ces aller-retours que le second coup de griffe avait été donné. Alors que les explosions continuaient a retentir, que les zeppelins de la Horde commençaient à se diriger vers leurs positions, des cris et des vociférations avaient éclaté au sein de la troupe. Apparemment on s'éreintait de noms d'oiseaux sur la conduite à tenir et la façon d'interpréter les ordres donnés. Vey avait tenté de savoir de quoi il retournait mais dans la confusion, sa demande était passée … à la trappe. Priorité à l'évacuation, elle avait repris ses trajets jusqu'aux plages, avant de conduire son escouade vers l'est, afin de couvrir la progression des brigadiers qui se rendaient vers les ruines de Mathystra.

Remâchant les évènements récents, sans s'en ouvrir à ses hommes, elle avait effectué une reconnaissance de la zone, jusqu'à un énorme camp de Horde au nord des ruines. Le survol avait permis de découvrir des cages (probablement une bonne nouvelle : la Horde faisait quand même des prisonniers) et surtout une quantité importante de matériel, de vivres et surtout … d'essence, sous forme de barils stockés et bien gardés. Au moment où elle demandait à Faldris et Amaury de prévenir les autres, un petit groupe d'une dizaine d'orcs, menés par deux chevaucheurs de loup et suivis d'une carriole, sortait du camp, prenant la route du sud, l'itinéraire emprunté par les éclaireurs.

L'embuscade qui suivit permit de faire main basse sur le chargement : six barils d'essence (dont un qui fut subtilisé et les cinq autres détruits) et des notes du haut commandement de la Horde à Sombrivage. L'attaque fut rondement menée, pas de doute là dessus, et le voyage de retour se fit sans encombre.

Le retour à la grotte ne fut cependant pas aussi calme qu'escompté ; la majorité des troupes au sol était à l'entrée, et les palabres étaient nombreux. Des mots peu aimables ainsi que des expressions graves furent prononcées. Et quand les mots "déserteur" et "Inigo" arrivèrent dans la même phrase, Vey sut que les choses étaient sérieuses. Comme ne cessait de le lui dire son intuition.

Pendant un court instant, elle vit rouge ; la colère balaya toute fatigue et elle posa les yeux sur les mercenaires et les soldats présents, mémorisant les têtes de ceux qu'elle voyait déjà passés à son tribunal personnel, resserrant la main sur son fusil, et espérant que quelqu'un ouvre la bouche une fois de trop, afin de pouvoir lui rentrer dedans. Puis elle croisa le regard du Capitaine, épuisée, lasse, dons les yeux et la ligne des épaules trahissaient la colère contenue. Et la rage de Vey reflua vers des zones plus profondes, plus froides. Se mettre en colère et incendier les auteurs des propos calomnieux n'aiderait pas, en la circonstance. Elle devait faire preuve de maitrise, afin de ne pas ajouter de confusion là où elle régnait déjà bien trop.

Après un rapide conciliabule avec Maroussia, elle entraina Amaury et Faldris vers l'intérieur de la grotte, pour ranger le baril subtilisé à la Horde et s'éloigner un peu du brouhaha, afin de faire retomber la pression. Elle prit le temps de faire à manger, histoire de s'occuper le corps, sinon l'esprit. Ses pensées tournaient à toute allure. Elle fut un instant tentée de se décharger de son fardeau auprès de ses hommes, mais elle ne s'en sentait pas le droit. Ils avaient leurs propres soucis, et le spectacle qui s'offrait à eux devait déjà les impacter suffisamment. Elle tenta alors de prendre les choses à la légère, de faire comme si … Peine perdue. Elle se sentait perdue, et rageait de ne pouvoir ni parler à quelqu'un, et encore moins réconforter le capitaine, qui avait fort à faire, et qui menait un combat qui n'était pas le sien. Elle se prit à maudire tous les idiots qui avaient signé pour se pavaner en première ligne, oubliant le sens premier du mot "Alliance" et qui se permettait de donner des leçons à des soldats expérimentés…

Voyant ses phalanges prendre la couleur de la vieille neige, elle soupira et relâcha un peu la pression, secouant la tête. Une cigarette lui aurait fait le plus grand bien, étonnamment, mais elle avait fumé la dernière depuis bien longtemps maintenant. Buvant et mangeant un peu, elle discuta avec Amaury et Faldris, tentant de sonder un peu les deux soldats sur lesquels elle s'était reposée au cours de la mission, et qui avaient fait des merveilles. De ceci au moins elle pouvait être satisfaite. Amaury conservait le sourire, au moins sur ses lèvres, ce dont Vey lui sut gré, puisqu'elle parvint à faire revenir le sien également. Faldris était plongé dans ses pensées, ce qui était bien compréhensible ; le retour sur les terres des kaldorei se faisait sous un déluge de cendres, la Horde avait fait brûler Lor'danel et l'Arbre-Monde … et les troupes envoyées pour leur prêter main forte se chamaillaient, pour dire le moins, à l'abri dans une grotte qui avait vu tant de choses, tout plus sinistres les unes que les autres, comme des expériences faites par des Réprouvés sur la faune locale. A croire que les murs de pierre conservaient les échos des malheurs du passé et que ceux ci résonnaient sur les évènements présents, amplifiant un phénomène qui n'avait déjà pas besoin de ça…

C'est sur cette pensée peu réjouissante que Vey prit congé pour tenter de prendre un peu de repos, se couchant en chien de fusil sur le sol froid de la grotte, une cape comme couchage de fortune, la main sur son fusil. Une dernière pensée en tête pour les membres de l'équipage. Ils étaient tous là, et même si le conflit les avait blessé à des degrés divers, il fallait se féliciter de pouvoir encore les serrer dans les bras quand l'occasion se présenterait.
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Inigo Ghesufal

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Sam 4 Aoû - 12:22

****
On ressentait la chaleur même à cette distance. L’arbre en feu éclairait, irradiait ses environs d’ondes  de chaleur, de scories, de fumées… Si, pour beaucoup de vétérans dont Inigo dans une autre vie, le Norfendre ou plus récemment les Iles Brisées avaient été un aperçu de l’enfer, la terrible désolation qui s’offrait à la vue constituait à ses yeux l’enfer lui-même…
Revenu à bord, Inigo avait pris les choses en main : il avait fait distribuer les mousquets aux membres de l’équipage encore à bord, ordonné que chacun porte sur le visage un foulard humide en permanence et organisé les tours de garde. Enfin, il avait positionné le Vengeance avec les autres navires de guerre de façon à se protéger mutuellement si une galère hordeuse venait à pointer sa sombre étrave… Pour le reste, le Vengeance était prêt à la manœuvre et pourrait appareiller en moins d’une heure.
Il s’accordait quelques instants de repos et observait la plage où les mages de guerre du Kirin Tor, à bout de force eux aussi et malgré les assauts des chevaucheurs de wyverns, maintenaient ouvert les portails afin d’évacuer les réfugiés vers la capitale. « Ceux là aussi sont arrivés trop tard... comme nous tous ! » reprocha Flint, montrant les mages d'un signe du menton, d’une voix rauque où la culpabilité se mêlait à la colère de se savoir impuissant.
Inigo ne répondit pas et pensa que cela aussi, comme tant d’autres choses déjà, il lui faudrait apprendre à vivre avec…
****
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Inigo Ghesufal

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Lun 6 Aoû - 23:47

***
Sombrivage, dernier soir de l'expédition

Au loin, là-bas sur le rivage, les échos d'un âpre combat se font entendre : détonations et éclats de voix colportés par un vent capricieux et tournoyant dans la fournaise de l'Arbre martyr.
Et sur le pont du Vengeance, c’est le branle-bas de combat ! Les canons sont chargés à mitraille et prêts à faire feu. Ce qu'ils ne manquent pas de faire dès qu'un hélion de la Horde s'approche un peu trop du navire.

Mais la véritable tragédie se joue à quelques encablures du rivage. Là, des volontaires du bord font des va-et-vient en canots entre les sables noircis de la plage et les navires de l'Alliance pour évacuer les derniers réfugiés kaldoreis.
A allure forcée et grands coups de rames, tous les canots du Vengeance sont en route et viennent s'échouer à pleine vitesse sur la grève. Déjà les hommes sautent dans l'écume, l'arme au poing, la rage au ventre et guident à grands cris  les malheureux vers les embarcations...

Les mousquets tonnent soudain, ces orcs là n'iront pas plus loin. Inigo appelle un groupe d'enfants en larmes et de femmes effrayées, les marins les aident à grimper à bord du frêle esquif tandis que celui de Flint, déjà chargé, est en eau libre et que celui de Pete Blucknock ne va pas tarder à pouvoir repartir. Les hommes du Vengeance sont épuisés, quatre aller-retour dans les bras déjà mais rien ne peut les arrêter.

"C'est le dernier pour vous, Flint ! Rentrez à bord et préparez le navire ! Les nôtres à terre ne vont pas tarder !" hurle contre le vent le 1er timonier. Flint fait signe de la main qu'il a saisi le message et souque de plus belle avec ses compagnons.

"Je suis plein, Inigo ! Plus de place" crie la voix forte de Pete dans laquelle on entend la colère de l'impuissance et la peur d'échouer à sauver tout le monde... "On peut pas laisser les autres, hein dis ?"

Inigo se retourne et regarde les derniers rescapés épuisés, désemparés, les yeux hagards. En deux enjambées Inigo rejoint Big Pete et lui répond d'une voix tendue, le regard fou :

"Ecoute- moi bien Pete. Nos vies ne valent rien si on les laisse là. Que je meurs rongé par tous les crabes de tous les océans si on en laisse un seul !! Vous m'entendez vous autres ?! Ce soir nous crèverons peut-être mais eux vivront ! Par tous les dieux de l'enfer, eux vivront ! Le Vengeance ne laisse personne derrière ! Le Vengeance ne laisse personne derrière ! "

Une main se pose sur son épaule et Inigo se retourne vivement. C'est Flint qui a fait demi-tour. "Il me reste un peu de place, il faudra qu'on rame plus dur à contre courant, mais ça va nous éviter un voyage si on charge tous un peu plus. Vous avez compris vous autres ?"
"Le Vengeance ne laisse personne derrière !" répondent d'une seule voix les marins fourbus, trempés... mais résolus.

Une toute jeune fille, 8 - 10 ans au plus, s'accroche au pantalon d'Inigo et sanglote quelques mots en darnassien. Inigo ne comprend pas, il regarde autour de lui. "Elle veut savoir si vous allez la laisser ici" traduit d'une voix lasse un elfe blessé. Inigo va pour caresser les cheveux de l'enfant et s'arrête en voyant ses mains sales de suie et ensanglantées d'avoir trop tirer sur les rames. Il ne veut pas toucher cette enfant de ses mains souillées du sang et des cendres de l'Arbre... Il s'accroupit devant elle, à hauteur de ses yeux. "Jamais petite fleur, jamais je ne te laisserai, dussé-je couler toutes les flottes du monde et étriper de mes mains Neptulon lui-même, jamais je ne te laisserai ! Cette fois, je ne laisse personne derrière..." Et d'un geste il soulève la jeune elfe dans ses bras et la porte jusqu'à son canot...

AU même moment, sur un autre canot, alors que tout l'équipée rame d'un même rythme, un jeune gabier arrête son geste et s'exclame : "Mais on va pas les laisser tout détruire comme ça quand même ?! On va faire quelque chose non ?"
D'une taloche un vieux marin lui rappelle de ne pas perdre la cadence. Puis ajoute d'une voix lourde de reproche : "T'as déjà oublié le nom du navire, fiston ?..."

***
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Vendetta Mira Stella

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Mar 7 Aoû - 18:23

Escadre des forces alliées évacuant Sombrivage, extérieur nuit.




Depuis plusieurs heures maintenant, les navires de l'Alliance ont entamé le long chemin de retour vers les royaumes de l'est. Toutes les voiles sont de sortie afin d'exploiter le moindre souffle de vent, qui, sollicité avec vigueur par les abjurateurs et les chamanes, souffle avec une extraordinaire régularité, caressant la mer sans la creuser. Les équipages sont restés longtemps sur le pied de guerre, les voiles des navires de la Horde apparaissant dans le sillage de l'escadre. Mais rapidement, l'horizon a retrouvé sa ligne, et le soir puis la nuit a recouvert les marins de son manteau. Seule, à l'ouest, une lueur assez vive, semble concurrencer l'éclat de la lune qui se distingue à travers les nuages.

Cette lueur, dans les teintes d'or et de pourpre, se reflète dans les yeux d'une partie des réfugiés ; éparpillés sur les ponts des navires, ils contemplent les derniers reflets du brasier qui consume Teldrassil. Pour certains, c'est un douloureux rappel d'un épisode récent de leur histoire, le sacrifice de l'Arbre Monde Nordrassil, seul moyen d'enrayer l'invasion de la Légion Ardente en Kalimdor. Pour d'autres, c'est un second exode, dans des circonstances tout aussi dramatiques, aux mains des séides de celle qu'on appelle la Reine Banshee, désormais à la tête de la Horde, et dont l'appétit de conquête ne semble pas connaitre de limites. Pour tous, c'est le signal que le conflit larvé qui régnait entre les deux blocs prend désormais une nouvelle tournure, et que la guerre ouverte et totale est maintenant inévitable.

Et qu'elle a même commencé.

Sur le pont de la Vengeance, les réfugiés se sont répartis en petits groupes, assis entre les caisses, les mâts et les pièces d'artillerie. Les plus abattus gardent le silence, épaules voutées et oreilles tombantes, perdus dans leurs souvenirs. Les autres, animés par une sombre volonté, bien décidés à ne pas rester les bras croisés, se sont portés volontaires partout où cela est possible : auprès des gabiers, dans les mâts, dans la cale pour aider à loger la population la plus fragile, enfants, vieillards, malades, pour rendre la traversée le moins pénible possible pour eux, et permettre à l'équipage de faire son travail. Ainsi, les postes laissés vacants par les blessés ont vu un afflux de mains d'œuvre, qui compensent leur manque d'expérience par une détermination renforcée par les épreuves qu'ils viennent de traverser.

Perchée sur une caisse du pont intermédiaire, Vey souffle un peu. Le dernier quart a été long, et le suivant promet d'être tout aussi exigeant. Et il en sera de même jusqu'à l'arrivée au port. Bien que ses pensées dérivent un peu au gré des mouvements du navire, elle ne peut s'empêcher d'entendre deux soldats, des recrues de Hurlevent embarquées dans le chaos des combats sur les plages de Sombrivage, qui discutent à voix basse.

"Tout ça pour en arriver là, c'est quand même pas très encourageant … La Horde frappe fort, encore une fois."

"Ouais, c'est dur d'arriver après la bataille. En plus, on part la queue entre les jambes. Si on continue à prendre des piles à ce rythme là, l'Alliance va oublier jusqu'au sens du mot "victoire"


Vey se redresse alors pour mieux discerner les visages de deux soldats, afin de leur faire valoir son point de vue sur la situation, quand un des kaldorei, jusque là accoudé au bastingage, se retourne et les interpelle d'une voix calme.

" Je sais ce que vous pouvez ressentir en ce moment, messieurs, pour être moi même passé par là, il y a … quelques temps déjà. A l'époque l'abattement aussi régnait, et je ne voyais que la destruction et son cortège de souffrance, la perte de l'Arbre Monde et le désespoir de mon peuple. Mais ceci n'est que la surface des choses : vous parliez de défaite, mais je vous dis que vous avez participé à une victoire. Et même à plusieurs, car chaque vie sauvée là bas et qui vogue désormais vers l'est est une victoire dont vous pouvez, vous devez, être fiers. Alors ne vous focalisez pas sur les agissements de la Harpie de Fossoyeuse, et apprenez à voir au delà. Car c'est vous qui transmettrez le bon message aux autres quand nous arriverons à Hurlevent. N'oublions pas ceux qui sont tombés, mais pensons avant tout à ceux qui sont encore debout pour se battre. Et ça, c'est votre tâche, messieurs."

Grognement un peu plus loin. Un worgen dont le bras et la cuisse bandés sont encore maculés de sang.

" Ouais, Sylvanas ne paye rien pour attendre. Elle nous a pris nos terres et a semé la mort au sein de notre population alors que nous étions déjà affaiblis. Puis elle a dévasté les terres de ceux qui nous sont venus en aide et nous ont accueillis alors que rien ne les y obligeait vraiment, nous renvoyant à nouveau en exil. Mais il ne sera pas dit que cela se reproduira une troisième fois. Pas si nous avons notre mot à dire. Et si j'ai embarqué sur ce navire, au nom si symbolique, c'est pour faire valoir ce droit. Alors je ne veux plus entendre ce genre de discours vide de sens. Une bataille ne fait pas la guerre, on va le faire comprendre à la Garce Banshee, et vous serez du voyage, compris ?"

Les deux soldats, pris entre deux feux, se regardent un instant puis finissent par opiner du chef, gardant le silence et braquant leur regard vers l'est. Souriant, Vey reprend sa place et finit par s'assoupir.
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Esteban Diaz

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Ven 10 Aoû - 21:17

Fidèle au poste, le Matelot Diaz a assisté au retour des braves non sans un certain soulagement. Il aura pu également profiter de l'occasion pour échanger quelques mots avec le Maître Stella, visiblement rassuré, de manière incongrue cependant, quant à l'état de santé de cette dernière. Les mains dans les poches, le jeune homme affichait un détachement qu'il était cependant loin d'éprouver intérieurement. Ayant pu renouveler ses stocks, le commerçant se tient prêt pour la prochaine réquisition qui ne devrait pas tarder à arriver.

Soulagement cependant atténué par l'annonce de la riposte sur Lordaeron, et les ruines de Fossoyeuse.

Et vu la détermination du corps expéditionnaire, "Dame Sylvanas la Pouffiasse" n'a qu'à bien se tenir.
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Hérodiade Ambrose

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Dim 12 Aoû - 23:17

Elle chuta de l'autre côté du portail...

Un combat acharné dans un lieu clos. La soirée d'Hérodiade fut rythmée par l'horreur et les tourments. Après une bataille épique de plusieurs heures contre le réprouvé pratiquant la nécromancie l'ayant enlevée, elle posa les genoux à terre vaincue. Brûlée par endroit, abîmée plus que son corps ne l'était déjà elle fut déposée sur une table de bois rongés par la vermine, où les clous se rétractaient comme si eux aussi voulaient fuir la vile magie du mort-vivant. Elle avait réussi à lui arracher une partie de son estomac, mais il en faut plus pour venir à bout d'un mort. Vidée d'énergie, des contresorts et runes faisant entrave à la magie vinrent lui tenir compagnie. Il lui coupa ses cheveux blonds qu'elle affectionnait tant, ultime pouvoir de séduction dont elle aimait tant se vanter. Il la déshabilla et un rituel macabre commença... Ce n'est pas tous les jours que l'on peut faire passer outre-tombe une archimage. pour servir l'armée de la Dame Noire.

<<Tu dois te remettre de tes émotions, je te veux intacte pour le rituel.>>

Sa voix se perdait dans les limbes de son esprit.


Arriverez-vous trop tard?

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Vendetta Mira Stella

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Lun 13 Aoû - 15:32

Etrange comme cette région est encore plus sinistre vue du ciel.


C'est cette pensée qui emplit l'esprit de Vey, sur le dos de son griffon, plusieurs centaines de mètres au dessus des Maleterres de l'Est, fonçant vers une zone désolée au nord est du petit village de Comté de Darrow, théatre de la dernière intervention en date de l'équipage contre un groupe de Réprouvés. Petit village qui a disparu désormais, rejoignant sa population décimée il y a plusieurs années lors de l'avènement du Fléau sur ces terres. La fumée des bâtiments dynamités a, pendant plusieurs heures, créé des colonnes de fumée noire dans le ciel maladif de la région. Visibles depuis le campement organisé par les membres de la Vengeance dans les ruines d'une ancienne tour de guet appartenant aux Croisés d'Argent, elles ont jeté leurs ombres sinistres sur les activités du groupe, leur rappelant notamment qu'une des leurs n'était pas rentrée.

Hérodiade.

Sur le coup, Vey n'a pas vraiment accusé le coup ; la joie de retrouver Erynn, même amputée d'un bras, qui efface le spectre de la disparition, toujours à craindre ( "nous sommes des soldats après tout, mais ça ne rend pas la chose plus simple "), les derniers combats dans les ruines, les effets un peu anesthésiants des combats à mener contre un adversaire impitoyable, les horreurs découvertes dans le village transformé en … usine à abomination, les informations partielles, l'angoisse sourde qui jette un voile sur toutes les actions menées, la nécessité de coordination qui accapare l'esprit … Ce n'est que plus tard, après le débriefing du Capitaine, et la minute de silence, que l'odieuse réalité s'est imposée, en force, dans l'esprit de Vey.

Hérodiade.

Elle a beau chercher du regard, pas trace de l'abjuratrice en chef, de sa chevelure dorée et de son demi sourire qui en dit plus long qu'un discours ou qu'une menace… Le groupe qui n'est pas au complet. Et même certaines des personnes présentes ne sont plus que l'ombre d'elles même. Erynn qui semble avoir perdu plus qu'un bras dans la bataille, une partie de son âme aussi … Elle accuse le coup plus durement qu'aucun autre, surement parce qu'elle a été au cœur de la sanglante bataille qui a vu tant des siens … tant des nôtres en fait, périr, faucher dans la fleur de l'âge. Et on a beau lui dire le contraire, elle semble se sentir en partie responsable. Erynn, ce bloc d'acier et de fureur, aussi immuable que les armes du Destin forgées dans les flammes de la guerre, Erynn fend l'armure. Et son désarroi affecte le reste de l'équipage, même les recrues les plus récentes, qui se sent d'autant plus soudés dans cette épreuve qui a réussi à faire vaciller l'une des plus coriaces d'entre eux.

Comprenant en partie ce que traverse la guerriere, Vey ne trouve cependant pas les mots pour tenter de lui apporter un peu de réconfort et c'est avec une simple accolade qu'elle aura passé un peu de temps avec elle. Puis, les nécessités du terrain refaisant surface, elle aura pris son tour de garde, l'esprit occupé par des pensées vagabondes, souvenirs d'enfance autant que des conflits récents, les yeux parcourant la ligne des arbres et des montagnes dans le lointain, éclairés par les étoiles. N'ayant pas réussie à trouver le sommeil, c'est avec les yeux un peu rougis qu'elle aura assisté au briefing donné par le Capitaine, concernant les deux zones à explorer pour mettre la main sur le ravisseur d'Hérodiade. Faisant un rapide tour des griffons avec Keneeth, elle convient avec ce dernier que, pour gagner du temps et contre les usages en vigueur qui exigent que les reconnaissances se fassent en duo, ils feront route ensemble puis se sépareront pour explorer les deux zones chacun de leur côté, le communicateur ouvert pour prévenir les autres en cas de découverte ou d'activité suspecte sur place.

Sortant du cours de ses pensées, Vey caresse son griffon, qu'elle sent plus tendu, plus affuté que d'habitude, comme s'il percevait la tension qui anime sa chevaucheuse. Et aux vues de ce qu'en dit le codex ramené par Dorwel concernant ces fabuleux animaux, c'est bien possible. Le lien qui l'unit à sa monture est profond, fruit autant d'une confiance qui a grandit doucement qu'aux nombreuses missions effectuées ensemble, et aux heures consacrées à l'entrainement et à son toilettage. Pendant un court instant, elle regrette que ce lien ne lui permette pas de partager la vue perçante de l'animal, mais en passant à l'aplomb de ce qui ressemble aux restes d'un charnier, dont les détails, même pour elle, à cette distance, sont évidents, elle se dit que finalement, il vaut mieux que ça ne soit pas le cas ici.

Rajustant ses lunettes, un peu trop grandes pour elle et qui lui mordent l'arête du nez, elle avise, grâce aux points de repère qu'elle a pris, qu'elle est bientôt sur site. Informant Keneeth via le communicateur, elle entreprend un survol en rond autour de la zone, afin de déterminer l'activité, qui se révèle nulle, puis fait prendre à Kay une trajectoire descendante. Se posant à quelque distance de ce qui ressemble à un vieux pavillon de chasse, complétement décrépit, elle saute à bas de sa selle, faisant un geste de la main pour que Kay reprenne son envol, et plane non loin, pour un repli rapide si besoin. Armant son fusil, dont elle vérifie le chargeur, elle relève son foulard sur son nez afin de masquer, un peu, la terrible odeur douceâtre et écœurante qui émane de la terre chaque pas qu'elle fait. Espérant qu'il ne s'agit pas d'un mauvais signe quant à ce qu'elle risque de découvrir, elle court jusqu'à la porte, mettant en pratique les vieux cours de récupération d'otage qu'elle a suivi au cours de sa formation dans les troupes de réserve, parfois employées comme auxiliaires par les forces du Guet de Hurlevent. Rapide inspection, pas de bruit, pas de mouvement, elle ouvre la porte d'un coup de pied, arme pointée pour couvrir la pièce. Vide. A part quelques papiers qu'elle ramasse machinalement et qu'elle range dans son barda, elle fait le tour des lieux, cherchant une trappe dans le sol. Qu'elle trouve, les pavillons de chasse servant souvent à conserver la venaison et les trophées, à l'époque où la région était encore giboyeuse, et que le gibier se déplaçait à quatre pattes, non à deux. Descendant précautionneusement le petit escalier de bois menant au sous-sol, s'éclairant d'une petite torche, Vey constate avec effroi que les crochets installés sur les poutres qui soutiennent le sol au dessus sont encore là, et que certains servent encore. Réprimant un frisson, elle approche, redoutant ce qu'elle va trouver. Un bras ici … une jambe là … des viscères en décomposition. L'odeur lui soulève le cœur et elle doit faire un effort pour continuer sa recherche. Une pensée pour la mage et elle continue, la colère irradiant depuis son cœur jusqu'à ses jambes, les empêchant de trembler.

Mais elle a beau faire le tour deux fois, hormis une activité récente qui arracherait même des haut-le-coeurs à une bande de bouchers des abattoirs de Ruisselune, rien n'indique que Hero et son ravisseur soient passés par là. Remontant à la surface, elle fait son rapport à Keneeth, puis sort, cherchant désespérément un air moins vicié à respirer, sans grand succès. Sifflant Kay, elle est tentée un instant de mettre le feu à cet endroit horrible, qui priverait le nécromant d'un point de repli, si il venait à s'enfuir à nouveau. Et cela ferait un endroit de moins où les Réprouvés pourraient mener leurs expériences…

" Il n'y a pas pire destin pour un être vivant que de finir comme un Réprouvé, Vey "

Les mots de Théli résonnent encore à ses oreilles. Bien sur qu'elle le sait, elle en est même parfaitement consciente, mais si elle apprécie aussi le jeune homme pour sa capacité à écouter son cœur en toute circonstance, elle se rend compte qu'elle n'a plus ce luxe. C'est une leçon chère payée, mais elle sait désormais que sa loyauté va en premier lieu aux vivants.

A Hérodiade.

Car celle ci est encore vivante. Elle veut le croire, en remontant sur le dos de Kay pour rejoindre Keneeth. Et si ce n'est pas le cas, il sera alors temps de rappeler à certains pourquoi elle s'appelle Vendetta.
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Inigo Ghesufal

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Lun 13 Aoû - 15:59

Rongeant son frein, Inigo se tient à l’écart du reste du groupe, affûtant rageusement ses lames. Il rumine, il s’apitoie sur lui-même et condamne sur le sort qui s’acharne sur lui, comme c’est facile… Ses piètres performances de la veille - deux sentinelles qui prennent la fuite à cause de lui, la conviction, depuis le début de cette mission, qu’il n’a rien à faire ici, lui le marin, aussi inutile à terre qu’un chariot de guerre nain pour traverser l’océan… Il ne sait rien faire ici, un poids mort, juste bon à laisser filer deux foutues sentinelles qui ne l’avaient même pas vu venir… Et à laisser tomber Héro…

Héro. Encore Héro. A nouveau Héro. Des mois s’étaient écoulés depuis la dernière fois qu’il avait ressenti une telle colère, une telle impuissance face au destin tragique de la mage. Marches de l’ouest, une certaine grotte, un fichu fantôme, un coup de fer au flanc… et cette même colère.

Héro. Il allait devoir trouver le courage de lui parler, une fois tout cela terminé, de tirer ça au clair avec elle. Oui, plus tard, une fois tout cela terminé, il trouverait le courage…

Mais en attendant, Hérodiade Ambrose, officier du Vengeance, Abjuratrice du bord, honnie en sa ville mais reine du bord et amante occasionnelle du 1er timonier, Dame Hérodiade Ambrose, la Lionne, Héro manquait à l’appel. Et en cette veillée d’armes, rien d’autre ne comptait.

« On ne laisse personne derrière… on ne laisse personne derrière… »
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Maroussia Hodge

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Lun 13 Aoû - 16:39

Maroussia Hodge devait bien l'admettre, elle était lasse. Lasse de douter, lasse qu'on doute d'elle. Lasse de prendre de mauvaises décisions. Lasse qu'il n'y ait pas de bonnes décisions.

Après Ichnos et Siopi, la disparition d'Hérodiade lui faisait aussi mal qu'un poignard chauffé à blanc en plein cœur. Aucune trace. L'impossibilité de faire quelque chose, si ce n'est se fier aux arcanistes. Rien de tangible, aucune piste concrète. L'équipage était harassé. Elle même l'était. Et devoir être ce pilier, intangible dans la bataille, insurmontable dans la tempête, lui était de plus en plus difficile. Le contrôle, encore et toujours. Pour retrouver un des leurs, pour retrouver une amie. Hérodiade était si différente qu'elle lui semblait complémentaire. Une femme forte, qui avait choisi une voie différente de la sienne. Mais tous les chemins ne menaient-ils pas à ce moment précis ?

Elle se méfierait toujours un peu de la mage. Elle n'était pas dupe. Les deux femmes partageaient d'ailleurs pour trait de caractère commun la perspicacité. Elles jouaient à armes égales, et elles le savaient. En cela, Hodge avait de l'admiration pour l'Archimage. Et de l'affect, aussi. La souffrance, l'éducation et le passé avaient beau n'avoir que peu de points communs, elles avaient toutes deux écrasé bien des pieds et mis bien des roustes pour en être là ou elles étaient aujourd'hui. Esprits libres.

Fumant une dernière cigarette en haut de la tour de fortune qu'ils avaient utilisé pour la nuit, la capitaine observait inlassablement les environs, cette terre dévastée qui fut un jour dépourvu de tout maux. Une brève partie d'elle, presque enfantine, espérait voir surgir Hérodiade, drapée dans son éternel sourire ambivalent, en parfaite santé. Abimée, mais forte de ses expériences et de ses drames. Le reste était bien plus terre à terre. Quelles étaient les chances ? Et surtout, si jamais ils venaient à récupérer la Quartier-Maître, dans quel état retrouveraient-ils ? Elle craignait presque autant de ne pas la retrouver que de ce qu'ils découvriraient alors...

Hérodiade était une femme forte. Mais à chaque force ses faiblesses. Maroussia avait bien du mal à rester optimiste, son pragmatisme revenant au galop, comme toujours. Mais il n'était pas question d'abandonner. Quoi qu'ils trouvent, ils l'affronteraient. Ensemble.

Et elle ne ferait pas de discours aux morts. Pas d'adieux. Pas une fois de plus. Pas encore.  
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Inigo Ghesufal

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Aujourd'hui à 9:09

***
Finalement le Quartier Maitre des Abjurateurs du navire avait été retrouvée mais, n’étant ni saine ni sauve elle fut promptement ramenée à bord où elle reçut des soins intensifs.
Bientôt le Vengeance fit route vers Hurlevent via Arathi où Monsieur Gardepont souhaita être déposé pour des raisons qui lui sont propres. Inigo profita du voyage pour passer la barre à Vicky - tache qu’elle assuma visiblement avec bonheur et une grande réussite. Il faudrait qu'il en touche deux mots à Hodge. Enfin, le navire mouilla dans la rade de la capitale de l’Alliance.

Après ces éprouvantables missions en Tirisfal, l’équipage eut droit à sa solde et à quelques jours de relâche. Inigo en profita pour faire quelques emplettes dont des fleurs et une bouteille de vin des Hautes terres qu’il réunit dans un même paquet et fit livrer à bord, aux bons soins de Dame Ambrose. Il passa également dans la Vieille Ville et réactiva quelques contacts. Juste au cas où.
Plus tard dans la soirée, on le vit au kiosque pour un rendez-vous avec une certaine dame, entretien dont il attendait beaucoup et dont il sortit trop vite, désorienté et finalement fort mécontent de lui et malheureux.
Aussi prit-il le chemin des salons mondains de Madame de Mainfroi où il entra par l’entrée des artistes, empoigna au passage trois bouteilles d’un brandy hors d’âge fort coûteux, traversa en habitué l’étage, c’est à dire le bordel, sans prêter attention aux deux filles qui pourtant lui promettaient des merveilles et entra dans une des chambres. Seul.

Là, et dans cet ordre, il se débarrassa de son pourpoint et de sa chemise qu’il jeta en vrac dans un coin, cassa d’un coup de pied une chaise, enfonça le mur d’un coup de poing rageur, recommença, et encore et encore jusqu’à en avoir les phalanges meurtries, se renversa un broc d’eau froide sur la tête…
Puis, épuisé et reprenant son souffle, il s’installa à la table où, avec méthode, détermination et un grand professionnalisme, il se saoula comme jamais, en quête d’un oubli impossible où n’existeraient ni Hérodiade et Teldrassil martyrisés, ni Lordaeron et sa peste, ni les plages en feu où meurent les sirènes...
Un oubli où les mers ne seraient jamais à la fois brûlantes et glacées… mais cerneraient des îles chaudes et ensoleillées.
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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    

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Bruits de couloir
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