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 L'ombre du passé.

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Vendetta Mira Stella

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Titre : Quartier-Maitre
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Féminin

MessageSujet: L'ombre du passé.   Mar 27 Fév - 12:46

Taverne du Port de Ménéthil, il y a quelques jours.




L’établissement est encore assez fréquenté, malgré l’heure avancée, probablement à cause de la petite pluie qui tombe depuis quelques heures sur la région, incitant les badauds à trouver refuge dans un endroit chaud et accueillant. Peut être aussi parce que depuis la fin des travaux à l’issue du Cataclysme, la ville a vu son activité repartir à la hausse, avec son cortège de marins, débardeurs et voyageurs de tous horizons, foule bigarrée qui vient se mêler aux natifs des Paluns.

La salle principale bruisse d’une intense activité, pour la plus grande joie du patron, qui voit ses réserves de bière, rhum, et autres nectars exotiques arriver à leur terme, alors que son tiroir caisse s’alourdit des monnaies d’argent et d’or frappées de tous les sceaux des nations de l’Alliance, et même d’au delà, Cartel Gente Pression en tête ; Bien sur, l’or des gobelins n’est pas le plus apprécié, mais en temps de guerre, il reste une valeur sûre, alors le tenancier ne fait pas la fine bouche. Peut être applique t il des tarifs légèrement plus élevés pour ceux qui payent leurs consommations avec, mais comme le service est de qualité, les produits nombreux et bons, et le service d’ordre assuré par de vieux briscards venus de Forgefer, personne n’a encore trouvé à y redire.

Les tables situées à côté de la grosse cheminée sont les plus prisées, et sont, de fait, les plus animées, pour ne pas dire bruyantes. Les deux serveuses du soir ont appris à faire de nombreux et rapides aller-retours entre les bancs et les tabourets, les plateaux toujours chargés de plats et verres, pleins dans un sens, vides dans l’autre, évitant les mains baladeuses avec la vivacité et la grâce des danseuses. Oh, parfois il arrive qu’un verre ou deux dégringolent sur la tête d’un client ou deux, mais même si la « maladroite » se confond alors en excuse avant de poursuivre sa tournée, les habitués ne sont pas dupes, car bien souvent la main qui essuie la tête ainsi baptisée s’était aventurée sous une jupe sans avoir reçu d’invitation.

Le patron sourit de sa bonne fortune. Il note que le petit salon privé, occupé par un étrange équipage composé de marins de l’Alliance, rejoint quelques heures après par un petit groupe composé d’un gnome, d’un homme bistre de grande taille et d’une petite blonde, dépenaillés, et ayant apparemment entrepris la traversée des Paluns à pied, avant de se révéler être d’autres marins en manœuvre, est désormais quasiment vide. Seule la femme est restée attablée, habillée de frais, les cheveux encore humides d’un bain récent, le regard un peu perdu dans la nuit brumeuse qui est venue s’accouder à la fenêtre de la taverne. Soucieux du bien être de sa clientèle, surtout quand elle paye en monnaie sonnante et trébuchante frappée su sceau du Roi, le patron s’approche, afin de s’enquérir sur la qualité du service fourni, et si une dernière bière serait la bienvenue. Pour toute réponse, la jeune femme tourne vers lui un visage souriant, et opine du chef en poussant vers lui son verre vide.


* * * * * * * * *

Vey jette un dernier coup d’œil sur le dos du patron qui retourne vers la cambuse, enfin l’arrière salle, avec son verre vide, et reprend sa contemplation de la nuit épaisse qui cerne la taverne. Ses pensées vagabondent un peu dans tous les sens, ce qui d’ordinaire la contrarierait un peu, mais pas ce soir … Pas après qu’on eut testé ses capacités et talents en matière de survie, non sur un parcours du combattant comme lorsqu’elle a rejoint la Marine, mais directement sur le terrain, comme normalement seules les troupes d’élite sont testées et sélectionnées. Une petite, toute petite en fait, partie d’elle fait un peu de remue ménage au fin fond de sa conscience, contre ce qu’elle pourrait considérer comme une mise en danger inconsidérée. Mais, à la vérité, le reste de son esprit se sent plutôt flatté d’avoir relevé le défi, et encore plus qu’on ait eu confiance en ses capacités, au point de la parachuter en territoire dangereux. Elle même a été surprise par les ressources que le test a fait apparaître en elle, notamment lorsqu’il a fallut faire face à…

Le retour du patron, sourire sur le visage, un verre et un petit carafon en cristal rempli d’un liquide carmin, interrompt un instant le cours de ses pensées. Elle le regarde poser le verre, et servir le vin avec le geste mesuré d’un professionnel. Puis il laisse le carafon à portée de main, et s’enquiert des désirs de la jeune femme, qui affiche un grand sourire, le remerciant pour le vin. Le patron lui adresse alors un clin d’œil complice, se penchant pour lui dire qu’il s’agit du cadeau d’un admirateur. Puis il incline la tête en direction de la salle principale, se redresse et s’en retourne au comptoir pour aider ses serveuses.

Fronçant les sourcils, Vey fait le tour de la salle du regard, tentant de découvrir parmi les trombines goguenardes des clients, celle de son admirateur mais, entre les ombres générées par la puissance du foyer, et la fumée des pipes et cigares qui ont fleuri ça et là, elle fait chou blanc. Haussant les épaules, elle porte le verre à ses lèvres, faisant tourner le liquide pour en exalter les arômes et boit une gorgée, qui se révèle fruitée et légèrement corsée, malgré la petite touche d’amertume en fin de dégustation. Décidant que cela convient à son palais, surtout après la boue saumâtre et l’eau croupie, elle reprend ses réflexions, en sirotant le nectar. Puis elle pose sa tête contre le dossier de son siège, et ferme les yeux un instant.

- Cette place est occupée, mademoiselle ?

Rouvrant les yeux, Vey constate qu’une étrange et large silhouette se tient devant la table du petit salon. Un court instant, elle croit reconnaître le bosco, mais le ton, ainsi que la question elle même ne colle pas dans la situation présente. Écarquillant un peu plus les mirettes pour mieux saisir les traits de l’homme qui, cachant la cheminée, se tient à contre-jour pour elle, elle se redresse sur son siège. Elle remarque alors l’oiseau perché sur l’épaule du nouveau venu, une petite perruche verte et jaune, qui la contemple d’un œil fixe, portant régulièrement sa patte droite à son bec, comme si elle se grattait le nez. Puis elle pose son regard sur le visage du propriétaire et son cœur manque un ou deux battements. Le visage large aux traits forts, la peau mate, la barbe courte et mal taillée qui mange des joues un peu hâves, et surtout, surtout .. cette marque de naissance qui laisse une traînée rouge courant du front au menton, en passant par l’œil gauche, et qui a valu au personnage son surnom parmi les gens de mers peu fréquentables, et ceux qui leur donnent la chasse.

- Toi...

Le mot est lâché sans aménité, mais sans colère non plus. Juste un simple constat, comme lorsqu’on voit le ciel se couvrir et qu’on sait que la pluie va venir gâcher la fête, mais qu’on y peut rien, alors on fait avec. Esquissant un sourire à ce qu’il prend comme une autorisation implicite à poser sa carcasse sur le siège en face d’elle, le gaillard avance comme en terrain conquis, et attrapant le verre laissé vide, se sert et boit d’un trait le précieux nectar, sous le regard un peu désabusé de la jeune femme. Puis il repose le verre avec une délicatesse inattendue, et darde son regard en direction de Vey.

- Dis donc, je vois que tu as fait du chemin depuis la dernière fois. Sympa, l’uniforme, je savais que ça t’irait bien.

- Je pense que tes associés ne seraient pas vraiment d’accord avec toi. En tout cas, ils n’avaient pas l’air à la fête quand on leur est tombé dessus et qu’on leur a passé les menottes.

- Des cloportes, et ils ont fini comme tels… Tu as bien fait de les remettre à l’ombre.

- Ce n’était pas de mon fait, je n’ai fait qu’obéir aux ordres …

- Foutaises ! Je suis sûr que tu y as pris plaisir, ne cherches pas à le nier en te planquant derrière tes nouveaux principes.

- Possible oui … Bon, et si tu me disais pourquoi tu as pris le risque de bouger ta carcasse jusqu’ici ?

- Aaah ! Je retrouve ma chère Vendetta. Droit au but. J’apprécie. On requiert tes talents.

- Ils ne sont plus sur le marché. Tu devrais le savoir.

- Je savais que tu dirais ça, mais tu ne peut pas renier ton passé, ma grande. Tu avais fait du bon boulot avec Flaherty. Je ne demande pas plus.

- C’était un concours de circonstance … Et puis, c’était une raclure, il a eu ce qu’il méritait. Mais c’est du passé.



La phrase reste un instant en suspens entre les deux, sonnant faux aux oreilles de l’une et comme une forme d’aveu pour l’autre, qui reprend de plus belle.

- Pour sûr, une balle qui est venue obligeamment raccourcir ses prétentions et accessoirement sa grande gueule, c’était parfait.

- L’enquête n’a rien donné, on a parlé d’un tireur isolé qui devait viser les officiers pendant l’assaut…

- Ouais. Et pour Owen ? Strelak ? Et même Tourne-Vice ? Concours de circonstance, eux aussi ?



La mine de la jeune femme s’est renfrognée à mesure que les noms tombent, comme autant de feuilles mortes dans son jardin qu’elle pensait pourtant avoir nettoyé de fond en comble. Son regard a pris une intensité nouvelle, et son interlocuteur semble s’en rendre compte.

- Le gnome, c’était un accident. Vraiment. Il était pourri aussi dans son genre, mais il ne méritait pas son sort. Les autres étaient dangereux, surtout parce qu’ils avaient des accointances avec des gens haut placés. Mais tu sais déjà tout ça.

- Ouais, ma grande. Et c’est pour ça que tu vas répondre « oui » à ma prochaine demande.

- Ne me force pas la main, Vermillon. Je t'ai dit que je ne fais plus ce genre de choses, désormais.

- Ouais, ouais, mais tu sais ce que disait ton oncle sur le sujet.

- La belle affaire, pour ce que ça lui a rapporté au final. Je ne tiens pas à finir comme lui. Mais c'était sympa à toi de me rappeler le "bon vieux temps."

- Alors prends le pour un petit rappel du bon vieux temps. Tu m'en dois encore une, ne l'oublie pas. On te fera parvenir bientôt les détails de ce qu’on attend de toi. Guette le messager.



Pour accompagner ses paroles, le gaillard pose le regard sur la perruche qui n’a rien perdu de la conversation, et qui choisit ce moment pour incliner son corps en direction de Vey, comme si elle confirmait les dires de son perchoir ambulant. Se servant un dernier verre de vin qu’il fait disparaître d’un trait, Vermillon redresse sa carcasse et se dirige en claudiquant légèrement vers la sortie.

Ce n’est que bien plus tard, alors qu’elle termine de balayer dans la salle principale, qu’une des serveuses verra la dernière cliente, bien songeuse, prendre la direction de l’escalier et s’enfermer dans sa chambre pour profiter des ultimes heures avant le lever du soleil.

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