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 Bruits de couloir

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Dorwel

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Titre : L'infirmier du Vengeance de Neptulon
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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Mar 20 Mar - 17:05

Xiii.. Xiii.. Xiii..! Voilà le bruit qui résonnait dans l'infirmerie depuis plusieurs heures.

C'était dans un mutisme absolue que le chaman s'attelait à sa tâche depuis deux jours, ayant même passé l'occasion d'aller rencontrer une potentielle recrue. La tâche qui lui prenait autant de concentration était à la fois bien simple, mais également complexe. Dans ses mains, se trouvait une statuette. Un griffon pour être plus précis. Il avait déjà fait cela auparavant... sous forme d'amulette, dont il avait fourni un enchantement des eaux, le rendant capable de soigner une fois par jour. A l'époque, la création de cet artefact lui avait pris des mois. Mais c'était également parce qu'il faisait ça uniquement par hobby, et non par besoin réel.

Cette fois, il y mettait bien plus de rigueur et de concentration, non seulement pour le bien de ses camarades, mais également pour lui même. Oh comment il savait que la vie pouvait être courte. Il repensa à nouveau à la statuette offerte par Romilda. Cette dernière lui avait donné un cadeau d'une valeur inestimable, et jamais il n'avait reçu une chose semblable. Il faut dire que ses relations jusqu'à maintenant n'était que politesse et éphémère, même avec la légendaire franchise des nains. Ses dons et son rôle de guérisseur imposait toujours son environnement à s'adapter à lui, lui imposer de faux semblant. Et c'était d'autant pour cela que ce cadeau lui était important.

Il avait donc décidé de lui rendre la pareille, en commençant à fabriquer de lui même une amulette en forme de griffon, semblable à ce qu'il avait reçu, tout en ajoutant un enchantement, seul moyen qu'il connaissait pour exprimer sa reconnaissance.

C'est ainsi qu'il passa le reste de ces deux jours sans grand évènements depuis leur arrivé au port de Ménéthil, à sculpter l'artefact. A la lueur de l'aube, il avait quasiment terminé son œuvre, peaufinant les dernières runes sur cette dernière. Parfait! Il ne manquerait plus que l'enchantement en lui même, et tout sera prêt -pensa-t-il-.

Ce fut à ce moment qu'il entendit un fracas face à la porte. Surpris, il s'empressa vers la porte, au grand cris d'Inigo.
C'est avec stupeur et horreur qu'il vit Romilda dans les bras de ce dernier couverte de vase, flèche sur le bras droit, traversant son biceps de part en part. D'après son inspection rapide, il estima qu'il lui restait très peu de temps avant que l'infection ne commence à se répandre, il lui fallait agir vite!

C'est d'un regard déterminé qu'il commença d'abord à retirer tout la vase présente sur Romilda -et sur Inigo par la même occasion- à l'aide de l'eau qu'il générera. Le liquide parcourra rapidement le corps de la pauvre jeune femme, emportant avec lui toute trace de saleté. Une fois épuré du vase, le nain pris son amie dans ses bras, et l'installa rapidement sur le lit de l'infirmerie, ordonnant à Inigo de ne laisser personne les déranger pendant les prochaines heures, et refermant la porte derrière ce dernier. Il s'attaqua ensuite à la flèche présente sur son bras, la retirant à l'aide d'une pince stérilisée. Une fois cette dernière retirée, il s'empressa d'utiliser une nouvelle fois de son don, préférant puiser dans ses réserve que de perdre du temps à aller chercher dans les réserves de plantes de l'infirmerie, afin d'éliminer toute trace d'infection possible du corps de la jeune femme.

Ce n'est qu'une fois sa blessure guérie, un bandage enroulé autour du bras pour faire bonne mesure, qu'il poussa un soupir de soulagement. La voilà hors de danger immédiat. Cependant, sa tâche n'était pas terminé. Comment et pourquoi s'était-elle retrouvée dans cet état. Peu importe. Il secoua la tête, son regard se rivant sur l'amulette runique qu'il venait de finir. Prit d'une idée soudaine, il prit l'amulette dans ses main, se concentrant à nouveau et y mettant cette fois toute son énergie restante, afin d'insuffler son affinité avec l'eau. Une lueur bleuté illumina la salle, et c'est en haletant qu'il tomba à genoux. Essuyant les gouttes de sueurs qui tombaient de son front, c'est en tremblant qu'il s'approcha du lit, et déposa l'amulette autour du cou de Romilda.

C'est d'un soupir qu'il cala son dos contre le mur juste à côté du lit, fermant les yeux, le sourire au lèvre.
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Romilda Dalson

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Mar 20 Mar - 17:55

***


Son esprit flottait tranquillement, comme entouré d'une vague brume douce, réconfortante. Elle dormait paisiblement. Elle était rentrée. Elle revoyait la ferme, intacte, Bris, qui gambadait dans les jambes de son père. Elle était rentrée. Elle prenait un plaisir infini à les regarder ensemble, assise sur une caisse, dehors, tandis qu'elle profitait des derniers rayons du jour. La gamine excédait son père qui tentait de réparer son cheval de bois, cassé plus tôt dans la semaine. Lui la repoussait vaguement de la main. Mais laisse-moi donc finir, Bris ! La voix de Yann l'émut plus qu'elle ne pouvait le dire. Comme la gamine n'en faisait rien, il prit son parti de la caler sur un de ses genoux, avec un profond soupir las, mais paternel. Oui, c'était bon d'être rentrée...

Mais déjà l'image se floutait, s'éloignait, les contours se dissipaient peu à peu... Dormir. Juste dormir. Elle sentait le bois sous ses doigts, vaguement. L'odeur du pin, et des plantes... Les plantes de Dorwel. La réalité reprenait le pas. Elle se sentait écrasée par la fatigue. Mais autre chose semblait émerger. La quiétude ne l'avait pas quittée. Elle était rentrée. Pas là-bas. Là-bas était perdu pour toujours. Elle ouvrit doucement les yeux, tourna péniblement la tête. Dorwel qui dormait appuyé au mur, un léger sourire aux lèvres. Elle porta doucement la statuette de bois devant ses yeux et sourit à son tour, avant de se rendormir.
***
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Mikhaïl Berger

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Mar 20 Mar - 19:22

Ayant mené ses propres affaires en solitaire, c'est avec étonnement que Mikhaïl découvrira l'infirmerie occupée par une de ses collègues. Sans doute qu'il interrogera Dorwel ci-présent sur la raison de la présence de Romilda ici et dans cet état.

Il ne montrera cela dit aucune inquiétude ni de sentiment de reproche. Un comportement neutre plutôt. Ou peut-être quelque chose dans le regard. Surtout lorsqu'il viendra s'asseoir au chevet du lit d'infirmerie, tasse fumante en main, observant la blonde sans un mot. Qu'elle se réveille ou non. Qu'elle lui parle ou non.
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Romilda Dalson

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Mar 20 Mar - 19:51


Au milieu de l'après-midi, elle émergea, ouvrant un oeil puis l'autre, difficilement. Les soins de Dorwel avaient fait leur effet et il en restait un mélange d'état nauséeux, la douleur dans son bras droit l'engourdissait, mais semblait nettement moins violente que la veille. Groggy, Romilda se redressa tant bien que mal dans son lit, essayant de faire le point. Elle sursauta légérement en découvrant Mikhaïl à son chevet et rabattit la couverture du lit vers elle, dans un geste réflexe.
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Maroussia Hodge

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Mar 20 Mar - 20:02

Maroussia avait été mise au courant de l'entrée vaseuse de Romilda. Elle passa s'enquérir de son état dans les heures qui suivirent auprès de Dorwel, observa son amie quelques instants, sans doute un peu trop inexpressive pour être totalement franche quant à ses émotions.

Elle ne s’attarda pas, les explications viendraient plus tard, lorsqu'elle serait remise.
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Maroussia Hodge

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Mer 21 Mar - 0:07

Maroussia rejoindra sa cabine en compagnie d'Hérodiade. Difficile à dire qui était la plus éméchée des deux. Et encore, émécher est un faible mot pour la capitaine, qui après la Vieille Berthe, avait rendu plus que les seize shot qu'elle avait consommé.

Une vieille Berthe qui aimerait sans doute croiser la route de l'Archimage, un jour. La légende dit qu'elle aurait bû sans sourciller trente deux shot de rhum,  à ces fameuses tirassiennes. Mettant au tapis feu le grand Amiral lui même...


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Hérodiade Ambrose

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Mer 21 Mar - 0:17

Hérodiade aura suivie avec difficulté la Capitaine jusqu'à sa cabine. Les deux femmes semblaient tenir debout par le simple fait que leur corps reposaient en équilibre l'un sur l'autre lors de cette ascension vers le lit. Hérodiade était sortie vainqueur de ce jeu d'alcool, l'emportant au bout du 16éme shot. Le lendemain matin sera sûrement plus difficile à affronter, Madame ne se souviendra sûrement de rien une fois qu'elle émergera complètement nue aux côtés de la Capitaine.


Dernière édition par Hérodiade Ambrose le Mer 21 Mar - 10:31, édité 1 fois
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Mikhaïl Berger

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Mer 21 Mar - 5:28

Au petit matin, Mikhaïl se présentera à la porte de la cabine du capitaine, frappant et entrant dans la chambre. Qui sait ce qu'il y verra. Sans gêne ou cachant ses émotions peu importe ce qu'il pourrait y découvrir... Le plus important reste qu'il apportera deux tasses vides et sa théière d'infusion aux quelques racines mêlées de miel, de quoi nettoyer l'organisme et de soulager un peu la gueule de bois qu'elles pourraient se coltiner au réveil. Aussi en profitera-t-il pour voir si elles ne sont pas toutes deux trop affaiblies par la veille. L'Agent sera fixé quand au véritable vainqueur de cette dernière épreuve : Hérodiade et Maroussia, ou la Vieille Berthe elle-même ?
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Vendetta Mira Stella

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Mer 21 Mar - 10:33

C'est d'un œil mi goguenard mi sidérée que Vey aura vu Hérodiade et le Cap', titubant de concert comme seuls deux piliers de bar peuvent le faire, se diriger vers la chambre de cette dernière. La Vieille Berthe avait placé la barre très haute, et les deux protagonistes avaient semblé bien parti pour réclamer son héritage... Il s'en était fallu de peu.

Un coup d'œil vers Dorwel, sur lequel elle s'appuie encore, et elle secoue la tête. Mauvaise idée, la tête lui tournera aussitôt, lui rappelant, si besoin était, son propre état lamentable après le terrible concours de boisson. Elle aura pensé un moment se tourner vers Mikhaïl pour lui demander un peu de sa tisane, mais l'idée d'avaler quelques gorgées de liquide supplémentaire lui aura semblé, pour l'heure, tout à fait inconcevable.

Effectuant quelques pas sur le pont pour récupérer un peu, la jeune femme aura commencé à démonter les lanceurs de feu d'artifice placé à la poupe du navire.
Mais la fatigue aidant, la douceur de la nuit, les joies de la fête, tout aura contribué à lui jeter une poignée de sable dans les mirettes et, dans un dernier effort, Vey se sera calée contre le bastingage, profitant d'une courte nuit pleine d'horions, de poissons, de griffons, de fanions ... et de nains dansant tous en rond !
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Romilda Dalson

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Mer 21 Mar - 11:07

Romilda sentit rapidement ses forces décliner après que le tonique donné par Dorwel ait fait son effet. Elle dormit une grande partie de la journée, les douleurs dans son bras convalescent la reprenant de plus belle et de manière bien plus lancinante que la veille au soir. Elle resta donc à l’abri des regards tout le long du jour, son repos forcé la plongeant dans une humeur morose.
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Dorwel

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Mer 21 Mar - 12:18

L’arôme marin, accompagnant la brise matinale, réjouissait la tête lourde du nain, tout juste levé après la joyeuse fêtes du dernier soir. Cela faisait bien longtemps qu'il ne s'était pas si bien amusé, et impressionné. En effet, les prouesses de chacun l'avait ébahi, en particulier celles de Vey, possédant l'agilité et la force d'une tigresse.

Secouant la tête d'un sourire, il termina sa ronde quotidienne, après avoir arrosé ses plantes, et s'être occupé brièvement de chaque griffon, il retourna à l'infirmerie afin de mettre à jour la fiche médicale de Romilda.

Certes, il lui avait procuré des soins d'urgence, et elle n'était plus en danger de mort, ni ne présentait un handicap permanent. Cependant, la toxine qu'il avait analysé lors de son inspection instillait un doute, -et de la peur-, sur ce que cela signifiait. Les réprouvés. Il frissonna un instant en se rappelant ces monstruosités, et de l'horreur qu'il avait ressenti la première fois qu'il en avait entendu parlé, bien avant qu'ils ne s'étaient à nouveau réuni avec les autres clans.

S'ils étaient vraiment l'auteur de ses blessures... Il laissa ses pensées en suspends, alors qu'il s'attela à l'écriture du rapport.
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Maroussia Hodge

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Mer 21 Mar - 15:07



Maroussia se réveilla aux alentours de neuf-heure trente ce matin, avec un mal de tête aussi carabiné que prévisible, qui raisonnait comme un écho à une douleur bien plus prononcée dans son dos. Personne n’était au courant, de cette ancienne blessure qu’elle tenait de son enfermement en Pandarie, dans un camp de prisonniers de l’Alliance, si ce n’est l’ancien infirmier de bord Mereel O’Connell et Baltazar Fitz. En six ou sept ans, il lui était arrivé de ne pouvoir se lever et quitter le lit pendant une dizaine de jours, tant elle avait mal. Elle avait rencontré des dizaines de docteurs, de prêtres en tout genre, mais rien y faisait. La torture orque portait bien son nom, et la fine cicatrice, qui descendait le long de sa colonne vertébrale en seule balafre blanche était un mal qui gagnerait forcément un jour sur sa volonté pourtant inébranlable.

Certains docteurs, parmi les plus réalistes ou les plus pessimistes, lui avaient dit qu’elle finirait sans doute immobilisée, capable de ne mouvoir que son visage. Un sort qui l’effrayait bien plus, synonyme d’un long déclin pour qui était avant tout militaire, que de mourir au combat lorsqu’on s’y attend le moins. D’ailleurs, la kul tirane savait fort bien que le jour ou ce fardeau deviendrait davantage qu’une douleur lancinante – dans une année comme dans vingt – elle choisirait sans doute l’appel de Neptulon qu’une retraite avec d’autres vétérans amochés, qui ressassent les victoires et les défaites pour ne parler que des douleurs.


Elle en avait glissé quelques mots à Dorwel, la veille au soir. Elle arrivait à bout des infusions et des remèdes médicaux donnés par Mereel qu’elle prenait quotidiennement. Elle craignait quelque peu la réaction du Marteau-Hardi. Elle n’avait plus réellement besoin d’optimisme, juste de soulager la douleur pour être apte à faire ce qu’elle était chargée de faire. Maroussia n’en parlerait qu’à lui, comme elle l’avait toujours fait. Par crainte sans doute d’attirer de la sympathie, ou pire, de la pitié, un sentiment qui n’avait rien à faire là lorsqu’on était capitaine. Trop proche du doute. Et le doute était l’ennemi de l’efficacité.


La capitaine prit une longue inspiration, les yeux fixés sur le plafond. Un… Deux… Un… Deux… Elle connaissait la méthode. Deux ou trois minutes encore, puis des mouvements infimes, les jambes qui glissent vers le bord du lit, et enfin le dos qui se redresse à la verticale, lentement. Elle était assise. Elle se souvenait encore des mots de Duchêne, pendant son rétablissement et lorsque les médecins pensaient qu’elle ne marcherait plus. « Vous êtes si entêtée, si acharnée, que cette blessure là vous servira de rappel. Et surtout, elle vous donne la rigidité qu’il vous manquait, pour franchir réellement la barrière entre ceux qui commandent et ceux qui obéissent ». Des conneries, à n’en pas douter. Excepté pour l’apparence et cette raideur très militaire, digne de ces officiers qui se trainent tout un placard à balais dans le postérieur, qu’elle se trimballait bien souvent.
Elle glissa un coup d’œil dans sa cabine, et remarqua la mage encore endormie, nue, dans son lit, ce qui lui tira un bref sourire. Hodge n’était pas du genre pudique, et elle aimait s’émanciper de toute règle, notamment de la bienséance, lorsque l’occasion se présentait. C’est ce qu’elle appréciait tant, dans les soirées de tirassiennes. Evidemment, le grade était toujours présent. Mais s’il ne s’effaçait pas, on découvrait quelque peu l’humain, derrière. Cela avait quelque chose de plaisant. La possibilité de se relâcher presque totalement, en des occasions si rares qu’elles en devenaient davantage savoureuses.

Maroussia remonta délicatement les draps par-dessus le corps endormi de la mage. Elle avait en général cure de ce qu’on pouvait penser d’elle, même quand elle rendait tripes et boyaux par-dessus le bastingage à cause d’un quinzième shot de rhum, clairement de trop.


Elle pris une autre minute pour parvenir à se mettre debout. Elle avait fait le plus dur. La douleur était toujours là, véritable poignard dans le dos, mais elle s’effacerait bientôt pour n’être qu’un murmure pénible et quotidien. Elle avisa les tasses vides et la théière, reconnaissant sans mal la signature de Mikhaïl. Drôle d’homme, que cet agent de terrain. Réservé mais d’agréable compagnie. Il n’avait pas besoin d’en rajouter, et elle appréciait cela. Elle se servit une longue tasse fumante, la déposa  à côté d’une bassine en fonte, de grande taille, véritable luxe pour qui souhaite faire ses ablutions. Après une rapide toilette et une seconde tasse, elle s’installa à son bureau.
La fête d’hier était désormais bien loin, dans son esprit. Elle n’avait pas encore parlé à l’équipage des dernières nouvelles et de sa décision – ce n’était pas l’occasion. Le retour à la réalité serait de toute façon rapide, car ils lèveraient l’ancre le soir même, après avoir rendu leurs derniers adieux aux morts.


Elle avala les dernières plantes médicinales à sa disposition, termina sa tasse de thé, puis écrivit ses dernières directives sur du parchemin, propre.  Quelques minutes après, elle était sur le pont, ses yeux s’habituant difficilement à un soleil déjà haut dans le ciel, elle qui avait l’habitude de se réveiller avant l’aube. Elle esquissa un vague salut aux quelques matelots qu’elle croisa, et passa rapidement à bord de l’Aristocrate, y rencontrant Duchêne. Son regard amusé la dérida quelque peu. Il lui avait fallu des années pour parvenir à cerner l’Amiral, et pourtant, il arrivait parfois à la surprendre encore. S'il fallait sans doute plus de trois paires de mains pour énumérer ses principaux défauts, Elle appréciait le fait qu'il garde ses jugements pour lui. Il condamnait que rarement, et jamais sur les choses sans importance. Ils discutèrent quelques minutes de l’ancien capitaine de l’Aristocrate, qu’ils connaissaient et appréciaient tous les deux. Sa mort avait quelque peu marqué la Capitaine, même si elle ne l'exprimerait jamais, publiquement comme en privé. C’était le risque du métier, évidemment. Et si Hodge n’avait que peu tendance à réécrire le passé - « si nous étions arrivés quelques minutes avant, peut-être que… » - il n’en restait pas moins, en l’absence de culpabilité réelle, quelques regrets.


Duchêne finit par retrouver sa chère cabine et son violon, et Maroussia passa le restant de sa journée à bord de l’Aristocrate, pour surveiller la réparation des dernières avaries. Le mal de tête se dissipa rapidement grâce à la concoction de Mikhaïl. Quant à son mal de dos, elle rangea comme à l’accoutumée la douleur dans un petit coin de son esprit, les plantes médicinales aidant à anesthésier ses terminaisons nerveuses, et au-delà, transformant ce qui au réveil était de véritables coups de poignards en de simples dents de fourchette, présentes, désagréables, mais supportables.



Dernière édition par Maroussia Hodge le Mer 21 Mar - 23:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Mer 21 Mar - 16:13

Une fois son rapport terminé, il rangea l'original dans le classeur contenant toute les fiches médicales de chaque membre de l'équipage, et emporta avec lui une copie, qu'il remettra à Maroussia lorsqu'elle se sera remis de la grande soirée d'hier -pensa-t-il-. Il sera néanmoins rapidement impressionné en apercevant le capitaine sur pont de l'Aristocrate, révélant très peu de conséquence sur sa prouesse d'hier.

Il partit ainsi de ce pas la retrouver, lui refilant la copie du dossier médical de Romilda, puis repensa à sa requête pendant les jeux. Une lueur déterminé dans le regards, il demanda à la jeune femme si elle se sentait prête à recevoir un examen de sa part. Il lui expliqua que s'il se doutait bien qu'elle devait avoir rencontrer d'innombrable docteurs expérimenté, il était avant tout un chaman, dont les dons différait de ceux des prêtres. Son regard se fixa dans celui de la tirasienne, ne montrant qu'un désir d'aider, et peut être un fragment de douleur. C'est sur ces mots qu'il l'a quitta et pris la direction de l'infirmerie, où il s'occupera à la création d'une nouvelle amulette.
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Mikhaïl Berger

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Mer 21 Mar - 18:32

Bien qu'il se faisait discret en temps normal, Mikhaïl se sera montré dans la journée, posant pied à terre à Menethil et disparaissant dans la ville à moitié inondée. Avec un peu de panache, il aura même loué une petite barque pour éviter de se mouiller et de foutre en l'air ses affaires.

Il semblerait que l'Agent ait fait quelques emplettes, revenant à bord du navire avec diverses plantes séchées venant d'un apothicaire local ainsi qu'un mortier et un burin. Il ne fait aucun doute qu'il préparera à l'avenir divers types de concoctions. Pour les chanceux qui auraient croisés sa route, ils reconnaîtront peut-être une odeur de camphre ou de clou de girofle bien présente.
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Maroussia Hodge

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Mer 21 Mar - 23:11

L'Aristocrate leva l'ancre en milieu de soirée, avec Maroussia Hodge à son bord. Il fit cap plein ouest, avançant à une allure régulière, menant nombreuses manœuvres pour visiblement tester la réparation des avaries. Il fut suivi peu de temps après par la Vengeance de Neptulon, au bord de laquelle se tenait toujours l'Amiral Duchêne, enfermé dans sa cabine. Déjà quelques miles séparaient les deux navires de guerre de l'Alliance.
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Inigo Ghesufal

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Jeu 22 Mar - 7:43

Peu après le départ du capitaine pour l'Aristocrate, Inigo s'en retourna vers sa cabine. Il prendrait le troisième quart, le pire, celui qui débute trop tard pour veiller à l'attendre et finit trop tôt pour que la journée commence.
En arrivant, il remarqua deux choses qui n'étaient pas là habituellement. La première, Hérodiade déjà fort dévêtue - mais pas trop, qui l'attendait déjà dans son hamac avec un sourire fort prometteur.
Mais c'est la seconde qui retint tout d'abord son attention : un nouveau tabard accroché à son crochet. Noir et Or. Un cadeau que le capitaine avait fait à l'ensemble de l'équipage.  Ce qui fît sourire le marin : Hodge avait déjà renoncé au Bleu réglementaire. Etait-ce son passé corsaire qui avait guidé son choix ou bien envoyait-elle un signe avant-coureur du destin de franc-tireurs qu'elle prévoyait pour eux, à la marge de l'Amirauté, suivant ses propres desseins, obéissant à ses propres devoirs ? Hodge virant pirate ? Et avec un Amiral à son bord ?! Il faillit éclater de rire...

Inigo ôta rapidement les anciennes couleurs pour revêtir les nouvelles. Même sans miroir, il put juger du changement. Il sourit à la plaisanterie d'Hérodiade qui, dans son dos, se moquait.
Le tabard était sombre. Noir même. Noir comme la nuit, noir comme le corbeau, noir comme... Il s'interdit immédiatement la pensée suivante : il allait dire "comme aurait été Epervier-Trois".
Baissant les yeux sur le sombre tabard, il se dit que cette idée ne rendait pas justice à l'équipage du Vengeance, qu'il était plus correct d'y songer comme... d'une nouvelle Compagnie ? Oui, c'est cela, une nouvelle Compagnie. Cela lui plût et il souriait alors qu'il enlevait ses vêtements pour rejoindre Hérodiade, remerciant une fois de plus les intendants de la Marine Royale d'avoir prévu des hamacs aussi solides...

Et, quittant les eaux tranquilles de la baie de Baradin, le Vengeance mît le cap à l'ouest vers le Kalimdor avec, à son bord, la nouvelle Compagnie Noire du capitaine Hodge...
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Dorwel

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Jeu 22 Mar - 10:11

Une surface de bois. Voici ce que fixait Dorwel voilà au moins depuis une demi-heure, depuis son reveil. Il s'était réveillé a la lueur de l'aube, comme à son accoutumé, pensant continuer sa routine quotidienne, pour s'apercevoir que ce n'était pas du tout son quotidien habituel.

Une douleur cuisante remontait jusqu'à son cou, depuis le bas de son dos. La journée n'avais même pas encore débuté, qu'il était déjà en lutte avec son propre corps, les yeux écarquillés, et fixant le plafond, ses pensée ne cherchant qu'à reprendre le contrôle de lui même. "Par les Esprits", jura-t-il dans un souffle. Voilà depuis longtemps qu'il n'avait plus ressenti une telle douleur, une telle impuissance à son état. Comment faisait le capitaine pour endurer ça tout les jours. Son respect pour elle venait de croitre.

Fermant les yeux, et s'exerçant à inspirer et expirer à intervalle régulière, il ne réussira à quitter son lit qu'une bonne heure après, n'ayant pas encore l'habitude de se réveiller ainsi.

Diantre! Voilà qui le motiverait davantage à la recherche d'une solution permanente pour le capitaine.

C'est avec cette idée en tête qu'il s'attela à sa routine, avant de s'enfermer dans l'infirmerie, commençant ses recherches.
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Mikhaïl Berger

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Jeu 22 Mar - 12:50

Le hamac de Mikhaïl sentait à présent fortement la menthe. On aura vu l'agent travailler sur une pâte blanchâtre durant la nuit, l'homme faisant quelques tests à chauffer la matière, y mélangeant des poudres et de l'huile odorante avec. Il savait apparemment ce qu'il faisait, aucune émanation toxique ne s'échappant de sa concoction.

Pour le reste, il lui arrivait de traîner discrètement vers la cabine de l'amiral Duchêne, écoutant l'air au violon ou essayant de regarder à travers les fentes pour espionner -au rabais et sans réellement se cacher- le concerné.
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Romilda Dalson

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Jeu 22 Mar - 16:26

Romilda s'était levée, avec difficulté, mais résolue à ne pas rester dans le fond de son hamac. Elle se lava, se recoiffa comme à l'accoutumée, cela prit du temps, mais elle affichait un air impeccable. Elle découvrit le nouveau tabard avec un brin de stupéfaction mais l'enfila sur sa tenue, sans sourciller. Il était temps de reprendre sa place au sein de l'équipage et de faire sa part des corvées. Le visage encore marqué par la fatigue et l'intoxication, elle délaissa son arc avec regret, le temps que son bras reprenne de la vigueur et opta pour son fusil, plus facile à manier dans ces conditions. Elle fronça le nez en perçevant une tenace odeur de menthe sur son passage et leva les yeux au ciel quand elle découvrit son origine, avant de poursuivre sa route. Maudits bouffeurs d'herbe. Néanmoins, elle commença son quart avec un soupir de satisfaction, de bonne humeur.
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Vendetta Mira Stella

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Jeu 22 Mar - 17:36

La cérémonie d'hommage aux morts avait été un modèle de sobriété, et Vey avait apprécié cela à sa juste valeur. Jusqu'à maintenant, elle faisait l'impasse sur ce genre de rituel, qui avait une fâcheuse tendance à la rendre morose pour des jours entiers. Mais depuis qu'elle avait fait la paix avec ses parents dans le cimetière de Hurlevent, elle considérait les choses avec un œil neuf. Certes, c'était un nouveau rappel des risques du métier, une façon de saluer la mort ("qui fait toujours partie de la vie, si ce n'est de l'équipage, pardi !", comme disait Tourne Vice) Mais, le discours du Capitaine, les réactions des survivants, celles de l'équipage, tout avait contribué à une solennité à laquelle elle n'était pas habituée ... ou à laquelle elle n'avait pas réellement pris conscience jusque là.


Avant de prendre son quart, elle avait pris un petit remontant sous la forme d'une infusion proposée par Mikhaïl, qu'elle avait siroté en bavardant avec ce dernier et Dorwel, s'enquérant des dernières nouvelles, notamment des problèmes de santé des gens du bord. Peut être que les cérémonies aux morts la travaillaient encore un peu...

Après une courte nuit, et une collation solide, Vey sera descendue dans la cale, harnachant Kay pour une série d'exercices de vol entre les deux navires du convoi, afin de canaliser l'énergie du jeune griffon, et lui apprendre à voler en mer, où l'absence de repères au sol et les vents changeants peuvent être perturbants pour un animal plutôt habitué aux montagnes et aux forêts.

De retour en début d'après midi, Vey aura fait le point sur les stalles avec l'équipe des soigneurs, puis croisant une Romy souriante, elle aura bavardé quelques instants avant de se diriger vers son hamac pour prendre son carnet et une pointe. Installée près de Kay, le grimoire des griffons fourni par Dorwel sur les genoux, elle aura pris une longue série de notes abondamment illustrées de croquis représentant des griffons montés, une ébauche de langage gestuel, une petite note ("gnomophone ... ou un petit miroir, pour se parler par signaux ?") et des projets pour des manœuvres aériennes, tout ça en feuilletant avec attention les pages épaisses et prenant parfois l'avis de son griffon d'un petit haussement de sourcils.

Sur une dernière caresse, la chevaucheuse se sera relevée en faisant craquer son dos. Geste qui l'aura incité à repasser par la serre puis l'infirmerie afin de voir si elle pouvait apporter une aide quelconque à Dorwel, avant de prendre le prochain quart.
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Vendetta Mira Stella

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Ven 23 Mar - 23:57

Perchée sur Kay pour ses exercices matinaux, savourant avec délice le vent salé qui lui giflait le visage, et ravivait les picotements sur ses plaies partiellement cicatrisées, Vey contemplait le spectacle des deux navires, La Vengeance et l'Aristocrate, dessinant un large sillon d'écume dans une mer gentiment ondulée.

Le départ depuis Ménéthil s'était fait sans incident notable ; que ce soit par l'action discrète des chamanes du bord ou la justesse du cap assuré par les navigateurs le long de la route des alizés, le convoi filait bon train par vent arrière la plupart du temps. Si cela se maintenait, l'arrivée à Théramore se ferait peut être avec un peu d'avance.

En attendant, cela constituait un excellent terrain de manœuvre pour un griffon avide de se dégourdir les ailes, et Vey se contentait pour le moment de garder sa monture dans les limites fixées, à savoir rester à portée de vue des voiles. Suivant les conseils prodigués dans le codex fourni par Dorwel, elle préférait encourager la fougue naturelle de l'animal, pour ensuite la canaliser par des petits exercices stimulant sa curiosité et son sens inné des courants aériens.

Sur le chemin du retour, la jeune femme se penchait sur l'encolure du griffon, scrutant les eaux agités à la recherche d'ombres ou d'objets qui n'auraient pas du se trouver là. Elle avait beau se morigéner, elle ne parvenait pas s'ôter de la tête l'idée que d'hypothétiques sous marins pouvaient les avoir pris en filature. Ca ne coûte rien de garder l'œil ouvert pendant les exercices , se disait elle.

L'atterrissage sur le pont se fit sans encombre, malgré la fatigue perceptible du griffon, qui s'était dépensé sans compter. Avec l'aide du manœuvrier de quart, Vey fit entrer Kay dans sa stalle, lui prodiguant soins et nourriture avant de le laisser après une dernière papouille. Entendant son propre ventre gargouiller, elle se dirigea vers la cambuse, où un tonneau rempli de biscuits de mer avait été laissé à fin de protéger le contenu des autres tonneaux d'un pillage en règle par les affamés du bord. Notant l'état inhabituellement bas de la quantité de biscuit, la chevaucheuse fut tentée de reposer celui qu'elle venait de prendre, mais, sur un petit haussement d'épaules, elle mordit dans la ration coriace. Elle fit passer le reste avec un peu d'eau afin d'éviter de s'étouffer.

Assurée que son estomac en avait pour quelques heures avant de se dépatouiller avec le biscuit, elle entama son petit tour du navire, pour s'enquérir de l'état général de l'équipage. Commençant par l'infirmerie, elle toqua à la porte pour voir si tout allait bien. Puis elle monta sur le château arrière, étudiant le navire depuis la poupe pour la énième fois, sans se lasser. Puis elle se dirigea vers le château avant, discutant ça et là avec les manœuvriers, plaisantant avec certains, écoutant les doléances et les observations des autres. Elle allait se diriger vers son coin pour prendre un peu de repos avant son prochain quart, quand elle se rappela qu'elle n'avait pas encore été voir le prisonnier dans la cale.

Celui-ci, assis dans sa cage, semblait détendu. Affalé contre un des barreaux, il somnolait. L'arrivée de la jeune femme le réveilla, et après un léger mouvement de recul, il lui adressa un léger sourire. Vey s'enquit de son état, et la réponse du prisonnier la surprit quelque peu.

"Ben à part que j'm'dégourdirai bien les cannes su' le pont, mam'zelle, ça va bien. Si j'avais su en plus qu'on graillait aussi bien à bord, j'm's'rai rendu t'd'suite !" dit le prisonnier, qui ne devait pas avoir plus de 16 ou 17 ans. L'âge d'un des matelots de l'Aristocrate qui avait péri lors de l'abordage.

Le ton enjoué arracha un sourire à la jeune femme, avant qu'elle revienne sur le contenu de la phrase.
"L'amiral vous a donné double ration après votre entrevue avec lui ?"

Le garçon dévoila un large sourire duquel au moins trois dents s'étaient déjà fait la malle.
"L'aut' gradé ? C't'un amiral ? B'sang, nan, lui, il m'a j'té comme une vieille paire de chausses après qu'j'y ai dit c'qui voulait savoir... Nan, c't un aut' gars qui m'a apporté deux fois d'jà double ration ... pis d'l'eau propre ... pas croupie.. Dans un verre propre. Alors si ça vient d'vous, j'vous r'mercie bien !"

Hochant la tête, la jeune femme se contenta de répondre "Nous avons des règles à bord, et elles s'étendent à tous, même aux prisonniers. Je ne sais plus qui était de garde hier ... vous vous souvenez de sa tête, que j'aille le remercier pour vous ?"

Se grattant la tête, le garçon haussa les épaules. "Bernique ! J'l'ai toujours vu qu'd'dos, et pis c'est pas la grand'cla'rté ici. Mais il est plutôt costaud, et pis l'est grand ... S'penche pour pas toucher le pont au d'ssus. Ca vous aide ?"

Se contentant de hocher la tête, Vey fit demi tour et remonta sur le pont, songeuse et perplexe. Un homme grand, et costaud. La description était vague et pouvait s'appliquer à plus de la moitié de l'équipage sur le navire. Le soupçon avait pesé concernant un sympathisant de John Doe à bord. Après le passage sur la planche de ce dernier, le soupçon avait été remisé à fond de cale. Mais voilà que la déclaration du prisonnier remettait ça en avant... Elle allait devoir ouvrir l'œil, mener sa petite enquête ... et si ça ne donnait rien, au diable le risque de passer pour une paranoïaque, mais elle allait devoir s'en ouvrir à quelqu'un. Ou à quelqu'une.
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Mikhaïl Berger

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Mar 27 Mar - 19:15

Depuis une journée, les odeurs multiples émanant du hamac et du matériel de Mikhaïl avaient disparues. Quelles que soient ses affaires, elles sont à présent terminées. L'agent s'était mis en quête de tuer son ennui en allant voir les gens présents sur le bateau. Il sera cependant surpris de ne pas trouver le bosco dans sa cabine, ni ailleurs sur le bateau. Peut-être s'était-il caché ?
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Vendetta Mira Stella

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Sam 31 Mar - 21:00

Lunettes de vol relevées sur ses cheveux ébouriffés, Vey plissait les yeux, le regard vers le lointain.

Pas de doute, la terre n'était plus très loin ; n'étaient les oiseaux qui se faisaient maintenant si nombreux qu'ils en venaient à passer sous le bec de Kay, presque par jeu, au point que le jeune griffon devait se réfréner pour ne pas leur donner la chasse, il y avait dans l'air, même à cette altitude, des signes avant-coureurs de la présence d'un continent juste sous la ligne d'horizon, et le vent charriait, même à cette altitude, comme un je-ne-sais-quoi de végétal et de minéral.

Tirant sur les rênes de sa monture pour l'inciter à revenir vers les navires, la chevaucheuse jeta un dernier regard vers l'ouest embrasé de soleil, puis se prépara au long vol de retour. Bien qu'elle ait une bonne notion de l'emplacement du convoi, elle avait appris que l'instinct des griffons était aiguisé au point de permettre à Kay de retrouver facilement la Vengeance dans l'immensité bleutée. Relâchant un peu la tension qui s'était accumulée dans ses épaules et sa nuque, Vey passa en revue les derniers jours, et les évènements qui avaient émaillé une traversée qui s'annonçait plutôt simple, sinon tranquille.

Son activité journalière, consistant en une séance matinale avec sa monture et les autres chevaucheurs quand cela était possible, et l'après midi consacré à l'ingénierie, afin de potasser les codex acquis lors de l'escale à Hurlevent, et destinés à améliorer et entretenir l'arsenal de bord non magique, ou à aider Dorwel, souffrant, dans la tenue de l'infirmerie, et les travaux d'entretien de la serre du bord, attenante aux stalles des griffons, tout cela donc avait été perturbé par son enquête sur ce qu'elle pensait être un détournement des rations de l'équipage au profit du prisonnier retenu dans la cale. Et si elle n'avait pas réussi à trouver le fin mot de l'histoire (si tant est qu'il y en eut un d'ailleurs ...) elle avait fini par regarder le jeune garçon, pas encore tout à fait un homme, sous un nouveau jour ; plusieurs des manœuvriers s'étant plaint, à mots couverts, de manquer de bras pour toutes les tâches du bord, l'idée avait germé dans sa tête qu'il y aurait moyen d'utiliser la force de travail de leur hôte. Après avoir brièvement discuté avec lui de ses attributions sur le navire du Syndicat, il était ressorti qu'il était à peine mieux qu'un mousse, affecté aux travaux subalternes, comme la corvée de patates ou le ravaudage des voiles. Or, celles de la Vengeance avaient souffert, et même si il restait des voiles de secours, mieux valait s'assurer que le navire puisse toujours compter sur un deuxième jeu complet, puisque la vitesse était sa meilleure arme en mer.

Seulement à qui s'adresser pour cela ? Le Bosco se faisait étonnement discret depuis le départ, le capitaine était à bord de l'Aristocrate, avec suffisamment de soucis pour l'occuper le temps de la traversée, et probablement même au delà... Le crissement des cordes de violon lui apporta une réponse qu'elle se refusa d'envisager dans un premier temps. Mais elle dut se rendre à l'évidence. Et c'est après avoir pris une grande inspiration qu'elle tapa discrètement à la porte de la cabine du Capitaine. Le violon se tut mais pas de réponse. Elle allait taper à nouveau quand la porte s'ouvrit sur la silhouette massive de l'amiral, son cigare coincé dans un sourire tout en dents et les yeux perçants s'attardant sur sa tenue qu'elle espérait impeccable.

S'effaçant pour la laisser entrer, Vey demeura un instant sur le seuil, puis se décida à entrer. L'odeur de l'amiral était partout, pas seulement celle du tabac froid, mais celle d'un corps d'homme, tenace et musquée, comme un rappel constant de sa présence à bord. Fermant la porte, Duchêne reprit ce qui semblait être sa place, devant le bureau qu'il avait décalé pour profiter de la vue depuis le château arrière et ralluma son cigare, comme une invitation à parler. Vey prit alors sur elle de lui expliquer qu'elle entendait faire sortir le prisonnier afin qu'il aide aux travaux d'entretien du bord. Elle pensait recevoir un "non" ferme et définitif, mais l'amiral se contenta de la regarder, hochant légèrement la tête pendant de longues secondes.

"Soyons clair, je ne voudrais pas de cette petite raclure pour nettoyer mes bottes, et il est regrettable qu'on ne puisse en faire un exemple pour ses petits camarades du Syndicat. Cependant, votre idée est intéressante, et le fait que vous ayez trouvé le courage de venir me l'exposer me met dans de bonnes dispositions ... pour le moment. Alors ça sera donnant-donnant : vous avez l'autorisation de l'employer comme bon vous semble pour des tâches subalternes, mais il restera sous votre responsabilité. A la moindre incartade, vous êtes sanctionnés tous les deux, me fais-je bien comprendre ?" (Opinement du chef de la jeune femme) " Parfait. En outre, vous viendrez chaque jour ici pour faire une partie d'échecs avec moi avant de libérer notre prisonnier. Des objections ?"

Et ainsi fut fait ; chaque jour, en début d'après midi, Vey s'était faite étrillée sur l'échiquier par l'amiral. Celui ci lui avait pourtant obligeamment laissé les blancs afin qu'elle ait un léger avantage, et malgré une stratégie plutôt agressive, elle ne parvint jamais à faire plus que retarder l'inévitable. Alternant avec les coups, l'amiral lui posait des questions parfois anodines, sur son accent, ses origines, et parfois plus implicites, comme ses raisons pour avoir rejoint la Marine ou ses orientations en matière de partenaire. Questions auxquelles la jeune femme s'employa à répondre avec le plus de naturel possible, consciente que l'amiral la testait, à sa façon. Ou bien tuait le temps, ce qui, en un sens, était presque pire pour elle.

Après ce passage obligé, elle était descendue pour faire sortir le prisonnier, Johannes (mais il préférait qu'on l'appelle juste Hannes) et l'avait conduit, des fers toujours aux pieds, sur le pont, au grand ravissement de ce dernier, et l'avait associé au vieux Bartley qui s'occupait, entre autres choses, de l'entretien de la voilure. Bien qu'il fut dans un premier temps un peu sceptique, le vieux matelot accueillit ce renfort avec bonne humeur. Ravie de voir que les deux travaillaient finalement en bonne entente, Vey s'était autorisée un peu de répit, profitant du soleil et du vent. Mais la voyant sans activité, trois des manœuvriers, Bernard, Arthur et Tristan, qui s'activaient sur le pont, vinrent la voir pour qu'elle leur raconte comment elle avait décroché le prix de combat pendant les Tirassiennes.

Se pliant de bonne grâce à leur demande, elle avait mimé les coups qui lui avaient permis de prendre le dessus sur ses adversaires d'un soir. Elle avait souri en voyant les matelots reprendre les gestes, et elle avait passé un moment à corriger la position des pieds et des mains, ainsi que leur équilibre. Elle en profita pour cocher mentalement une case "donner des cours de combat rapproché aux manœuvriers pour les aider lors des abordages" puis, décidant qu'elle les avait suffisamment distrait, elle les avait invité à reprendre leur activité, pendant qu'elle retournait voir Bartley et son nouvel apprenti.  Et c'est sans rechigner que Hannes avait rejoint sa cellule dans la cale.

Le pli avait été pris pour les journées qui avaient suivies, toutes bien occupées, parfois par des impondérables, parfois par des besoins particuliers. Et la traversée était presque arrivée à son terme.

Vey sourit en voyant les voiles qui se profilaient au loin, sur l'arrière plan plus sombre de la nuit qui engloutirait les navires une dernière fois au moins avant qu'ils n'atteignent Théramore. Elle flatta l'encolure de Kay, qui poussa un cri manifestant son contentement et les deux entreprirent la longue descente en spirale qui les ramèneraient sur le pont, après une nouvelle journée bien remplie.
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Inigo Ghesufal

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Dim 1 Avr - 8:14

La traversée touchait à sa fin. La vigie avait lancé son fameux avertissement "Terre ! Terre !" et pointé l'ouest droit devant. Inigo fit amener un peu de voilure, Hodge avait prévenu de se méfier de hauts fonds et en vérité, il n'était pas pressé de rallier la terre ferme et ses mesquineries.
La route avait été menée sûrement, il en avait tracé les caps et réglé les manoeuvres - le bosco s'étant lui-même mis hors du coup pour quelques obscures raisons. Peu importe, il avait mené la Vengeance à travers l'océan. Les autres membres du groupe s'étaient montrés forts discrets, voire absents : chacun occupé à ses occupations. Lui-même avait très peu quitté la passerelle et depuis quelques nuits il y avait installé son hamac et profitait des douceurs de la nuit tropicale.
"Terre ! Terre !" avait crié la vigie...
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Maroussia Hodge

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MessageSujet: Re: Bruits de couloir    Lun 2 Avr - 14:51

Suite à la violente altercation entre Baltazar et Hérodiade qui laissa la mage blessée, et l'intervention de l'Amiral Duchêne et de Mikhaïl, l'agent, sur ordre de l'amiral, s'envola à dos de griffon pour rejoindre le bord de l'Aristocrate, qui arrivait lui aussi en vue des côtes de Kalimdor.

Il s'entretint quelques heures avec Maroussia, lui faisant part de la situation. Romilda les rejoint, à dos de griffon elle aussi, quelques heures plus tard. Ce n'est qu'au petit matin qu'ils prirent leur envol vers la Vengeance de Neptulon, Hodge ayant pris soin de laisser le commandement de l'Aristocrate aux mains de l'actuel second, qui semblait se porter beaucoup mieux.

Quant à l'altercation en question, nul n'en sait beaucoup plus pour l'instant, si ce n'est que Duchêne en était ressorti emprunt d'une colère froide, qui trouvait un écho dans le regard gris de Maroussia.
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