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 Le Grimoire d'Eponine Kavehkan

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Eponine Kavehkan

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Titre : La Rose des Mers
Genre : Féminin
Race : Humaine
Métier/classe : Cartographe - Navigatrice
Âge personnage : 26 ans
Galons : 90
Messages : 21
Réputation : 0
Date d'inscription : 20/08/2018
Masculin

MessageSujet: Le Grimoire d'Eponine Kavehkan   Lun 3 Sep - 1:54

Page une : Le Port de Boralus



Le navire voguait sur une mer d’huile, une légère brise, des vagues qui peinaient à s’affirmer à la surface. Il fallait dire que la nuit s’était pointée depuis maintenant six bonnes heures et la lune-qui ne pouvait pas être plus pleine qu’elle ne l’était déjà- avait colonisée le ciel, elle, et ses étoiles scintillantes. Elle se reflétait sur la mer comme sur un miroir, et les étoiles s’étaient empressées de suivre l’impératrice lunaire mais étaient bien moins perceptible que celle ci. Cependant, ce cocktail permettait de donner à la mer une tout autre forme, celle d’un champs de fleur marin qu’on traverse en prenant soin d’abîmer aucune fleurs. Ces fleurs métaphoriques qu’on aimerait bien cueillir restent inaccessibles, de peur de se noyer premièrement, mais aussi parce qu’elles demeurent intouchable, appartenant au ciel. De toute manière, quelqu’un de censé n’oserait au grand jamais perturber le calme dans ce lieu magnifique, Odyss était quelqu’un de ce là.
     
Il s’était assis à la proue du navire qui ne tanguait que si on cherchait à l’entendre tanguer. L’allure de la voile ayant été considérablement réduite comparée à celle de l’après midi, il traçait son petit bonhomme de chemin dans ce champs de rose, et Odyss le regardait faire. Malgré le calme éternel du lieu, il avait le sommeil troublé. Il s’était levé dans la nuit, sans trop savoir pourquoi, et avait comme qui dirait eu un éclair dans ses yeux le poussant à quitter son hamac pour un lieu plus accueillant. Il faut dire qu’il partageait sa zone de repos, assez étroite, avec un kurenai du nom de Na’ka et celui-ci de manière inconsciente, avait la fâcheuse manie de faire plus de bruit qu’une bordée de canon. Il était peut être la source de ce sommeil troublé, il était peut être donc préférable d’esquiver pendant un moment le repos ne serait-ce que pour son bien.

Il soupira. D’un regard vide il regardait l’horizon, rendu agréablement clair par la météo. Il n’avait rien à faire que de regarder, et il était tout sauf un homme qui trouvait de l’intérêt dans le regard portée sur les choses. C’était un homme d’action. Il se leva alors d’un pas léger et décidé, descendit au dortoir qu’il traversa pour arriver devant la réserve -et accessoirement- à côté du quartier de la capitaine. Il avait bien fait attention à se munir d’une bougie fermement ancrée dans son socle de métal, et pour l’allumer, avait rapidement craqué une allumette. C’était un outil nécessaire du fait de l’espace restreint qu’offrait la cale aux déplacements, sans la bougie, c’était une mission suicide.

Le modeste quartier était plus petit que le dortoir, mêlé à la réserve, ce qui pouvait parfois installer dans la chambre des odeurs de nourriture. Cependant, l’âme du navire avait le droit à un minimum d’intimité malgré cette piètre condition, intimité représentée par un rideau épais de velours vert, parsemé d’ancre de Kul’Tiras. Il écarta doucement le rideau, en plaçant sa bougie la plus loin possible de la sobre couchette, pour ne pas perturbée l’endormie. Il l’observa d’ailleurs, elle était en boule sous sa couverture et on ne pouvait distinguer au dehors du fin tissus qu’un amas de cheveux noisette, paraissant bien plus sombre par la pénombre environnante. Il déporta rapidement son regard au bas de la couchette, y trouvant un grand grimoire. Ses yeux s’illuminèrent alors, il était venu pour cela. Il se baissa et l’attrapa mais se trouva fort dépourvu lorsqu’il se rendit compte du poids que celui ci faisait. Il posa sa bougie sur un des trois tonneaux de la réserve, puis souleva le grimoire qu’il cala sous son bras, contre son flan droit. De sa main gauche, il tira une nouvelle fois le rideau dans le sens inverse, puis récupéra son guide de lumière. Il prit moins de temps pour remonter à la proue du navire, curieusement.

Après s’être installé et avoir posé sa source de lumière de manière à ce qu’elle ne lui fausse pas compagnie, il examina le livre. Beaucoup trop imposant de par son poids et sa taille, le cuir et les ornementations représentant des vagues déchaînées œuvraient à se démarquer du dit poids et de la dite taille mais c’était sans compter sur les renforts de métal conçu pour consolider les coins et la tranche. Il tourna la couverture, et sans le vouloir car il était un peu idiot, ignora la première page. Il tomba donc directement sur la seconde. L’encre avait séchée depuis déjà longtemps mais elle paraissait jeune. C’était probablement à cause de la calligraphie merveilleusement bien exécuté. Dynamique, propre, elle traduisait d’une ardente jeunesse et ne présentait pas de faux pas, du moins sur les premières pages. Il n’était pas quelqu’un qui lisait beaucoup, d’ailleurs, il ne lisait pas du tout, mais il se pencha sur ce texte parce que l’écriture l’attirait.

Le Tirasien se mit à lire les mots du capitaine, accessoirement sa cousine et en reconnue tout de suite la provenance. C’était une chanson que l’on chantait beaucoup dans la famille, et qu’on chantait également parfois à Boralus. La tenancière du grimoire l’appréciait énormément, et il l’avait souvent entendu la chanter lorsqu’elle prenait la barre. Pratiquement tout le temps. Il était clair qu’une nostalgie de sa terre natale planait autour d’elle lorsque les mots -adroitement choisis par l’artiste qui l’avait écrit- sortaient de sa bouche. Il se mit alors à la lire et dans sa tête, s’imagina l’ambiance d’une auberge où le chanteur chantait, et les musiciens jouaient, écouté par le public captivé.

«  Dans le port d'Boralus
Y a des marins qui chantent
Les rêves qui les hantent
Au large de Tiragarde

Dans le port d'Boralus
Y a des marins qui dorment
Comme des oriflammes
Le long des berges mornes

Dans le port d'Boralus
Y a des marins qui meurent
Pleins de bière et de drames
Aux premières lueurs

Mais dans le port d'Boralus
Y a des marins qui naissent
Dans la chaleur épaisse
Des langueurs océanes

Dans le port d'Boralus
Y a des marins qui mangent
Sur des nappes trop blanches
Des poissons ruisselants
Ils vous montrent des dents
A croquer la fortune
A décroisser la Lune
A bouffer des haubans
Et ça sent la morue
Jusque dans le coeur des frites
Que leurs grosses mains invitent
A revenir en plus
Puis se lèvent en riant
Dans un bruit de tempête
Referment leur braguette
Et sortent en rotant

Dans le port d'Boralus
Y a des marins qui dansent
En se frottant la panse
Sur la panse des femmes
Et ils tournent et ils dansent
Comme des soleils crachés
Dans le son déchiré
D'un accordéon rance
Ils se tordent le cou
Pour mieux s'entendre rire
Jusqu'à ce que tout à coup
L'accordéon expire
Alors le geste grave
Alors le regard fière
Ils ramènent leur batave
Jusqu'en pleine lumière

Dans le port d'Boralus
Y a des marins qui boivent
Et qui boivent et reboivent
Et qui reboivent encore
Ils boivent à la santé
Des putains d'Boralus
D’Chantorage et d'ailleurs
Enfin ils boivent aux dames
Qui leur donnent leur joli corps
Qui leur donnent leur vertu
Pour une pièce en or
Et quand ils ont bien bu
Se plantent le nez au ciel
Se mouchent dans les étoiles
Et ils pissent comme je pleure
Sur les femmes infidèles

Dans le port d'Boralus
Dans le port d'Boralus. »


*****



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