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 [Campagne - RP] Sauteries en Silithus

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Maroussia Hodge

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MessageSujet: [Campagne - RP] Sauteries en Silithus   Lun 14 Mai - 15:07

Chapitre 1 - Une histoire d'accréditation de niveau 2







L'ordre de mission parvint à Hodge en début d'après-midi. L'Amiral Simmons n'avait pas menti, leur nouvelle affectation ne se faisant pas attendre.

Maroussia n'en pensait pas grand chose. Des quelques brides qu'elle avait récupéré auprès de l'Amirauté et des autres capitaines de navire, il se tramait des choses en Silithus. Des choses sérieuses. Cependant, elle était étonnée qu'ils l'envoient eux, navire particulier de la flotte maritime mais navire avant tout, sur un terrain qui était à la mer ce que Strangleronce était à la neige, c'est à dire, rien.


Quant à cette fameuse "accréditation" de niveau 2, elle savait globalement à quoi s'attendre, étant elle même, avant de devenir Capitaine, passée par là. Elle n'obligerait cependant pas l'équipage à s'embarquer là dedans. Ils avaient signés pour être soldats de marine, pas pour être des agents envoyés en terrain minés. Drôle d'idée que d'envoyer des marins dans un désert. A voir s'ils allaient avoir le temps d'en rire.

Elle vint accrocher la note de mission à la vue de tous, sur le tableau d'affichage. Ajoutant ensuite une petite note de sa main.





Citation :
A l'attention de l'Equipage.



Ceux et celles ne désirant pas passer les épreuves (et la formation) afin d'obtenir une accréditation "Opérations spéciales" de niveau 2 doivent en référer auprès de moi le plus rapidement possible.



Deux Sergents-Instructeurs des Forces spéciales de l'Alliance s'occuperont de votre formation et de valider votre habilitation dès demain soir (le quinzième jour). RDV sur le Quai numéro 3, à 21h15, au Port de Hurlevent.


Ayant déjà validé cette accréditation et dans le but de ne pas influencer et influer sur vos résultats, je ne participerai pas à cette formation. Je vous demande cependant d'être présent à 21h ce même soir, sur le pont de la Vengeance, afin de discuter de ce qui vous attend.


Profitez bien de ces derniers jours de tranquillité,



Bien à vous.


Maroussia Hodge

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MessageSujet: Re: [Campagne - RP] Sauteries en Silithus   Mar 22 Mai - 15:25


Chapitre 2 - Lorsque l'entrainement est une épreuve en soi.



Le coursier qui apporta jusqu'à la Vengeance le fameux rapport du sergent-inspecteur Elisabeth Smith n'avait sans doute de coursier que le nom. Les observateurs les plus aguerris auront en effet remarqué la peau calleuse de ses mains, qui trahit une ascendance guerrière, et un regard vif, particulièrement aiguisé, qu'il portait sur le navire et son équipage, s'imprégnant de chaque détail que ceux-ci auraient été disposé à lui donner.

Deux enveloppes soigneusement scellées furent transmises à Maroussia Hodge. Etait inscrit sur la première en toutes lettres "Rapport d'accréditation de niveau 2 - Equipage de la Vengeance de Neptulon, 1ère Flotte Maritime de l'Alliance, seconde flotte de la Royale Hurlevent".

La seconde était accompagnée d'un mot de la main d'Elisabeth Smith :

Citation :

Capitaine Hodge,

Vous trouverez mes observations personnelles et détaillées sur chacun des membres de votre équipage. Une copie a été envoyée à l'Etat-Major de l'Alliance et à l'Amirauté. Elle sera jointe à chacun des dossiers militaires. Si aucun n'a été jugé déficient, sachez que c'est en groupe qu'ils ont obtenu l'accréditation de niveau 2. Seuls, ils n'y seraient pas parvenu. Le facteur collectif - cela devrait vous faire plaisir, vous connaissant - à donc particulièrement joué. Soyez cependant sur vos gardes, vous qui avez toujours tendance à ne voir que le meilleur chez les gens.


E.S.
"

A la lecture de la note, Maroussia haussa légèrement les épaules. Elisabeth Smith souffrait d'un mal incurable et qu'elle n'avouerait jamais, l'avidité. Elle enviait chez les autres tout ce qu'elle était incapable de trouver en elle même. Sans un mot, elle ouvrit le premier rapport, se contentant de ranger le second, toujours scellé, dans un des tiroirs sous clés de son bureau, sans même y jeter un coup d'œil.

Ces derniers jours avaient été rudes, pour l'équipage, elle le savait. De cette rudesse qui mélange l'immobilise, l'ennui et la perfidie, bien loin de la fatigue et de l'adrénaline du champ de bataille. En acceptant de lancer l'équipage dans cette course folle à l'accréditation, elle avait pris le risque qu'ils s'exposent encore davantage à celui ou ceux responsables de la machination John Doe. Une partie du SI:7 et de l'Amirauté, donc.

Mais Hodge avait tendance à penser l'extrême inverse de Smith et des agents, en général. "Ouvrez la porte, ils n'auront plus rien à forcer" avait-elle dit à Erynn Korbelt, la veille au soir alors qu'elles discutaient des intrusions mentales et répétées de Smith dans l'esprit de certains membres d'équipage. Ce qui revenait, dans ce contexte précis, à montrer que l'on a rien à cacher. L'information est primordiale dans toute guerre. Mais Hodge avait tendance à ne rien garder pour elle ou presque. Le passé le lui avait plusieurs fois prouvé : mieux vaut mener des hommes effrayés ou remontés, que des hommes ignorants. Il s'agissait de respect. Il y avait toujours le risque de la fuite d'information, l'ombre planante de la traitrise. Mais si la confiance s'acquière, Maroussia Hodge considérait que tous les hommes étaient porteurs d'un minimum de loyauté en eux.

Elle parcourut le rapport des yeux, étirant parfois un sourire. Puis elle vint l'épingler au tableau d'affichage, visible de tous les membres d'équipage. Nul doute que l'ordre de mission ne tarderait pas, désormais.








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MessageSujet: Re: [Campagne - RP] Sauteries en Silithus   Mar 22 Mai - 17:13

Chapitre 3 - Une histoire de docteur Fol-Barbe en Norfendre




L'ordre de mission fut délivré par coursier quelques minutes après seulement le rapport d'Elisabeth Smith. Hodge vint l'accrocher en évidence sur le tableau d'affichage.

Elle fit demander aux manœuvriers du navire et aux membres d'équipage d'aider les soldats qui ne tardèrent pas à venir livrer le fameux chargement, laissant Vey organiser la cale de la manière la plus adéquate pour protéger les caisses - lourdes - tout en préservant un espace pour les vivres et pour les écuries.

L'ensemble du navire se réveilla, pour très vite sembler en ébullition. Le départ était proche, et chacun veillait à ce que vivres, armes, armement étaient bel et bien en ordre.



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MessageSujet: Re: [Campagne - RP] Sauteries en Silithus   Mer 23 Mai - 11:56

Chapitre 4 - Avis de tempête

L'ordre de mission était tombé, la Vengeance de Neptulon devait faire cap vers le Norfendre, pour y récupérer une équipe de chercheurs guidés par un certain Fol-Barbe, nain barbe-de-bronze spécialiste des métaux.

L'accréditation de "niveau 2" obtenue, l'équipage se prépara au départ. Et à vingt-et-une heure tapante, le navire de guerre leva l'ancre pour faire cap au nord. Un cap... tout en zig zag, les quartiers-maîtres et le capitaine organisant quelques manœuvres pour dérouiller quelque peu l'équipage, et offrir un premier bain d'eau salée aux nouveaux aspirants.

"Paré à virer ?" "Paré !" Furent sans aucun doute les mots que l'on entendit le plus, dans les premières heures qui suivirent le départ de la baie de Hurlevent. Un vent d'est soufflait sans interruption, fort et propice à quelques manœuvres que même un marin aguerri aurait jugé sportives. Virement de bord, ou la Vogue Tempête Siopi, s'entrainait à faciliter le passage du navire face au vent. Puis salve de canons, à blanc, pour coordonner les brigadiers en charge des canons. Changer les canons d'un bord à l'autre, charger, faire feu... et la manœuvre recommençait encore et encore, comme une comptine que l'on chante à un enfant, pour l'endormir le soir. Gwen, abjuratrice à temps plein, s'inventa même barreuse de l'extrême, sous le regard de Maroussia, sur le pont de commandement.

Mais personne ne piquait du nez, ce soir là, sur le pont. Les manœuvres s'enchainaient et se perfectionnaient, laissant les équipiers en nage. On finit par prendre un cap plus confortable, les voiles en ciseaux pour un vent arrière. Les griffons et le gyrocoptère furent sorti pour un entrainement en mer, orchestré par Vey. Vol en formation basique, et entrainement au repêchage en mer, la quartier-maître des chevaucheuse ne malmena pas trop ses hommes Keneeth et Klitick, et les passagers de fortune qui les accompagnaient, le vent forçant encore.

A bord, Mikhaïl, promu quartier-maître des éclaireurs, mena un entrainement sous la forme d'une course dans les haubans. Ichnos, Neil, Erynn et Théli se prêtèrent au jeu, l'ascension comme la désescalade devenant elle aussi de plus en plus ardue, faute au temps.

Tout le monde revint rapidement à bord, alors qu'une pluie légère se mettait à tomber. Le vent était une chose, mais la mer elle aussi commençait à se creuser, jouant de vagues qui, les marins d'expérience le savaient, finiraient par être scélérates. "Avis de tempête", proclamaient quelques manœuvriers. Et désormais, la joie du départ et l'échauffement de quelques entrainements avait laissé la place à une concentration certaine.


Maroussia cherchait à éviter le cœur de la tempête, aidée par Gwen qui sondait les alentours, lorsque Neil, perché à la Vigie, vit s'allumer au loin des feux de détresse. "Navire marchand, pavillon hurleventois", le mot circula sur le pont. Après une brève discussion, il fut décidé de tenter de leur porter secours, alors que des trombes d'eau s'abattaient désormais sur la Vengeance de Neptulon.

Gwen fit un portail en compagnie de Mikhaïl, parvenant à les téléporter à bord du navire en difficulté, qui commençait à couler, les mats brisés, ballottés dans les vagues. Au même moment, Vey menait Kay, son griffon, affrontant dans les airs les intempéries avec Siopi, pour tenter de rejoindre le navire en détresse.

A bord de la Vengeance, la situation n'était pas bien glorieuse. Maroussia forçait sur la barre, et un craquement sourd lui indiqua que le mât avant venait de se briser sec, entrainé par le poids des voiles. Neil avait eu le temps de dégager du mât de misaine, et c'est accompagné d'Erynn qu'ils parvinrent, avec des manœuvriers, à rouler les voiles avant que, alourdies par le poids de l'eau, elles fassent piquer le navire en avant.


Ichnos et Théli préparaient des bouts afin de récupérer les éventuels rescapés du navire marchand. Difficile de dire ce qui se passait quelques lieues plus loin, mais Hérodiade indiqua qu'elle ouvrait un portail retour, avec Gwen. Une dizaine de marins, blessés pour certains et tous effrayés, parvinrent à revenir à l'intérieur du carré. Les autres furent hisser par les aspirants à bord, aidés de Théli et Klitick, alors qu'ils revenaient par barque, affrontant les vagues, guidés par Siopi et Vey.

Sur le pont de commandement, Maroussia peinait à maintenir un cap, essayant de positionner le navire face aux vagues scélérates pour éviter que le navire ne chavire. Neil la voyant en difficulté vint lui prêter main forte.

C'est sous une pluie torrentielle et sur une mer déchainée que s'écoulèrent lentement les heures suivantes. Nul ne disait mot, à son poste, supportant le froid et les vagues en silence.

Les côtes de la Toundra Boréenne finirent par apparaître au loin, et les éléments se calmèrent aussi subitement qu'ils s'étaient déchainés. La Vengeance, trois mâts qui n'en comptait plus que deux, zigzagua entre les icebergs avec prudence, pour finalement venir s'amarrer au port.

Epuisé et transis de froid, l'équipage s'organisa tant bien que mal. On donna des vivres et des boissons chaudes aux rescapés, avec la promesse de leur ouvrir un portail pour Hurlevent sous peu. Vey fit le tour du navire pour analyser en détails les avaries à déclarer. Visiblement, la Vengeance resterait quelques jours au port. Quant au chercheur Fol-Barbe, il n'avait pour l'instant, pas pointé l'ombre d'une moustache.


Dernière édition par Maroussia Hodge le Mar 29 Mai - 17:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Campagne - RP] Sauteries en Silithus   Mar 29 Mai - 16:37

Chapitre 5 - Encore une histoire de gobelins [Première partie]


« A chaque jour sa peine et à chaque peine son gobelin… » Voilà un dicton absurde qui s’appliquait particulièrement bien à la Vengeance de Neptulon, depuis quelques mois. A croire que derrière chaque surprise, toujours mauvaise, se cachait un de ces êtres verts et agaçants.

Hodge était installée à son bureau, dans sa cabine, une des affiches de la Kapitalrisk sous le nez, entre le rapport de Théli et Neil qu’elle avait reçu le matin même, et un court mot d’Hérodiade et Gwen. Elle s’attendait sans aucun doute à ce qu’on leur mette rapidement des bâtons dans les roues, ou plus précisément une absence de vent dans les voiles, sans mauvais jeu de mot grabataire, et la tempête qu’ils avaient essuyée il y a sept jours n’aidait pas. Sept jours d’avaries, d’immobilisation forcée à quai, avec ce mât brisé qui pendait lamentablement à la poupe. Et pas de bois pour le réparer.
Le rapport de Neil et Théli n’était pas spécialement réjouissant, et l’affiche criarde ne faisait que renforcer une piste déjà bien tracée : la Kapitalrisk était liée de près à la disparition de la compagnie marchande de bois affrétée par l’Alliance, et visiblement, ils ne manquaient pas le coche d’une situation d’oligopole hasardeuse pour faire tourner leurs scieries à plein régime.

« 50 argentées la planche » : un prix faramineux, au-delà du raisonnable, synonyme d’un enrichissement rapide et peu scrupuleux. Nul doute que la Kapitalrisk profitait au-delà du raisonnable de la disparition de tous ses concurrents. Comme l’avait souligné Théli, une visite dans leurs baraquements des Grisonnes s’imposait. Reste à savoir comment ils allaient être accueilli, et s’ils étaient en réelle capacité de mener une négociation musclée.

Dans cette continuité, Fol-Barbe n’avait pas pointé l’ombre d’une moustache au Fort de la Bravoure. Hérodiade et Gwen avaient ligué leurs efforts pour parvenir à les identifier, là ou le Kirin Tor ou les mages de guerre de l’Etat-Major échouait étrangement. Ils étaient cependant plus près, et d’après les calculs des deux mages, le groupe de recherche se trouvait toujours bien plus au nord, quelque part dans les Pics Foudroyés… Au moins étaient-ils encore en vie, du moins la gnome arcaniste qui les accompagnaient, mais impossible d’identifier leur emplacement avec précision. Ils ne semblaient pas bouger.

Etait-ce lié à la Horde ? Qu’avaient-ils donc rencontré qui entravent aussi fortement leur avancée ? Les dangers ne manquaient pas en Norfendre, mais cette rupture totale de contact n’augurait rien de bon.

Quant à la stratégie à adopter, Maroussia était encore hésitante. Fol-Barbe était l’objectif numéro 1, mais ils n’iraient pas bien loin avec un navire à moitié brisé. Qui plus est, la réparation du mât prendrait sans doute quelques jours. Il fallait pallier au plus urgent. Et sans doute utiliser une méthode aussi vieille que le monde, et tout aussi lente, la marche à pied.

Ils partiraient le plus rapidement possible, sans doute le soir même. Reste à savoir comment et dans quelles conditions. Hodge sortit les quelques cartes qu’elle disposait de la région, allant emprunter celle plus récente de Vey, et plongea le nez à l’intérieur, ne sortant pas de sa cabine pour le reste de l’après-midi, si ce n’est pour afficher une note rapide, sur le tableau adressé à l’équipage.






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MessageSujet: Re: [Campagne - RP] Sauteries en Silithus   Jeu 31 Mai - 10:30

Chapitre 5 - Encore une histoire de gobelins [Seconde partie]
Récit de Vey Mira Stella





Réveillée en sursaut par le bruit des haches et des scies venues du chantier naval, Vey s'aperçut qu'elle avait fini par piquer du nez sur son bureau, la joue posée sur la pile de dossiers qu'elle étudiait en détail depuis le retour de l'expédition sur le camp de la Kapitalrisk et le petit débriefing qu'elle avait effectué dans ce qui constituait l'annexe du poste de commandement, à savoir la taverne du Fort de la Bravoure.

De retour sur le navire avec Mikhaïl, qui avait préparer sa tisane, la conversation concernant la mission avait duré une partie de la nuit, avant que les deux ne rejoignent leurs cabines respectives. Malgré la fatigue, le sommeil tardait à venir, tenu à l'écart par quelques unes des interrogations qui s'étaient faites une place dans son esprit, sur le chemin du retour. Objectivement, la mission était une réussite : le bois avait été récupéré, les convoyeurs avaient été retrouvés et libérés, et on ne déplorait qu'un seul blessé, sérieux mais heureusement pris en charge par le nouvel aspirant médecin du bord. Petit bonus, le camps de la Kapitalrisk avait été sévèrement réduit, les deux dirigeants dormant à présent dans les geôles du Fort.


Illustration du stagiaire de la Kapitalrisk, un certain Gartz Tourlarondelle.

Pourtant, quelque chose continuait à la tenir éveillée. Elle refit mentalement le déroulement pour voir si elle pourrait mettre la main sur ce qui la chiffonnait. Le briefing à bord de la Vengeance, et les dernières consignes, concernant le fait de se déplacer toujours au moins par deux. L'arrivée par portail dans le camp, l'accueil par l'improbable duo et le début de la tractation, l'obligation de se faire passer pour des clients afin de faire le tour des installations et permettre aux plus discrets, ou aux pus lents, de se "perdre" et mener leur petite enquête.

La découverte du bois marqué du sceau de l'OPUP pendant un des tours de la scierie, la confirmation par Gwen d'un groupe tenu à l'écart, prisonniers ou mercenaires et les manœuvres pour en apprendre plus. L'initiative louable de Siopi et Ichnos de se faire passer pour des recrues afin de s'introduire dans le cœur de la scierie, gardé par des malabars. Les recherches de Gwen couronnées de succès quand elle avait réussi à trouver l'équipe de convoyeurs; Tous les éléments qui s'imbriquaient les uns dans les autres, chacun en place, la touche finale à apporter. Mettre les gobelins devant le fait accompli et sortir les bonnes cartes pour les faire plier. C'était sans compter sur leur acharnement et leur façon de jouer avec des dés pipés : les menaces n'avaient pas pris et les choses avaient dégénérés plus vite que prévu. Chacun avait alors jouer sa partition, t le camp s'était transformé rapidement en champs de bataille, quand les "employés", activement sollicités par le discours de l'aspirant Farlick, avaient commencé à se battre entre eux. Dans la confusion générale, les deux gobelins en chef, Bibop Alula et Girtz Tirlarondelle avaient été appréhendés et leur arrestation avait mis un terme aux combats avec les malabars, qui s'étaient rendus docilement. Dehors, l'émeute avait fini par se calmer, faute d'une réelle motivation et en l'absence de combattants, de plus en plus d'ouvriers étant restés sur le carreau (ou sous les planches, qui servaient d'armes alors). Une zone avait été délimitée pour permettre au Capitaine, arrivant par la voie des airs avec les griffons, de se poser sans encombre. Un rapide debriefing avait eu lieu avant que chacun regagne le Fort, qui par portail, qui par griffon.


Alter-Ego illustré du "Dirlo" de la Baie de la Kapitalrisk des Grisonnes, Bebop Alula

C'est en repensant au chemin du retour que Vey mit le doigt sur ce qui la chiffonnait : le plan avait peut être trop bien fonctionné, en fait ; elle les avait incité à se disperser afin de ratisser une zone plus large, espérant gagner du temps et augmenter les chances d'en apprendre plus, mais elle n'avait pas pleinement compte des talents et affinités de chacun, elle n'avait pas pu être en communication avec tous, et c'est le manque de contrôle évident sur la situation et la façon dont les choses avaient dégénéré qui la faisait ressasser encore et encore. Elle avait beau se dire qu'un plan vole en éclat aux premières minutes de l'engagement, elle ne parvenait pas à se sortir de l'esprit que quelque chose avait raté, et qu'elle en était à l'origine. Connaitre les capacités de chacun afin d'en faire le meilleur usage sur le terrain, mais également les façons de faire et de penser de chaque membre d'équipage, afin de créer une synergie qui ne se manifestait principalement que dans les moments de grandes tensions, comme cela avait été le cas hier. Des individualités exemplaires, mais manquant d'une certaine coordination, dont elle se blâmait en premier lieu, mais qui était aussi du à un manque d'entrainement ensemble, et à ses attentes à elle, qui avait connu l'armée, et appliquait un schéma qui ne pouvait pas tenir tant que les bases ne seraient pas là.


Dernière édition par Maroussia Hodge le Lun 4 Juin - 16:16, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Campagne - RP] Sauteries en Silithus   Lun 4 Juin - 16:11

Chapitre 6 - La traversée du désert [Première partie]


Le vent soufflait fort sur les plaines de la Toundra Boréenne, en cette nuit du trente-et-unième jour du cinquième mois. L'équipage de la Vengeance de Neptulon était parvenu à récupérer du bois à la base de la Kapitalrisk, faisant suite à ce qui avait été selon leurs propres termes une « négociation musclée ».


Les avaries prendraient quelques temps à être réparées, notamment ce fameux mât de Misaine brisé à mi-hauteur, mais il n’était pas pour autant question de rester au Fort de la Bravoure. Hérodiade Ambrose et Gwen Asling, les deux abjuratrices de la compagnie, étaient parvenues en joignant leurs forces à détecter une trace du docteur Fol-Barbe et de son équipe, quelque part dans les Pics Foudroyés, alors même qu’ils auraient déjà dû avoir rejoint la base de l’Alliance, dans la Toundra Boréenne.


Difficile d’en savoir plus, mais Fol-Barbe restait l’objectif numéro 1 de la mission en court, et il fut rapidement décidé d’un départ immédiat pour le nord. Le commandant du Fort de la Bravoure leur légua trois chevaux de trait, et c’est lourdement chargés, avec chevaux et griffons au sol, qu’ils prirent la direction, à la tombée de la nuit, en direction de la Désolation des dragons, dans l’optique de rejoindre le Bastion de la Garde d’Argent, seul lieu où ils pourraient dormir sereinement et sans mourir de froid.


La traversée de la Toundra se fit sans encombre, sous un vent sifflant, fort à en décorner un bœuf, rendant la progression assez lente. Les éclaireurs ouvraient la marche quelques centaines de mètres en aval, et le groupe se terminait par les griffons et les chevaux, attachés les uns les autres. Comme à l’accoutumée, les guerriers se tenaient en première ligne et sur les côtés, les chevaucheurs à l’arrière, et les mages et soigneurs au centre, avec les vivres et bêtes.


Ils finirent par rejoindre le sud-ouest de la Toundra, zig-zaguant entre des sources d’eau chaude, suantes de souffres, rencontrant des gorlocs, des espèces de murlocs mutants, adaptés au temps glacé du Norfendre. Si au prime abord ils ne semblaient accorder aucun intérêt au groupe de soldats, leur nombre – près de trois cents – les rendaient quelque peu dangereux, sans compter qu’ils se mirent à converger assez soudainement vers le groupe.
Les éclaireurs en poste, Mikhaïl Berger et Théli Gardepont, se retrouvèrent piégés, séparés du groupe qu’ils tentaient de joindre encore et encore via un communicateur défectueux, par une cinquantaine de gorlocs. Dans le groupe, trois chevaucheurs décollèrent alors que les soldats se préparaient à une éventuelle bataille qui, face au nombre de gorlocs, ne semblait pas bien engagée.


L’ordre avait été donné : Intimider plus que d’engager le combat. En mettre à terre quelques-uns, en éspérant que cela fasse peur aux autres. Siopi et Ichnos chargèrent sans plus attendre, alors que dans les airs, Keneeth sur son griffon, et Klitick, sur le gyrocoptère de la Vengeance, étaient guidés par Vey pour harceler les petits humanoïdes à la dentition impressionnante. Erynn Korbelt se tenait aux côtés de Nicodemus, médecin et cuistot du bord, essayant elle aussi de les intimider. A l’avant, Gwen Asling et Maroussia Hodge tentaient quant à elles de rejoindre les deux éclaireurs.


L’altercation risquait fortement de sentir le roussi. Si les soldats parvenaient à maintenir une distance de sécurité entre eux et leurs agresseurs, le surnombre finirait par décider les étranges gorlocs à les attaquer. Et c’est Théli, qui se trouvait bien en aval de la colonne, qui leur parvint à trouver une solution aussi payante que risquée. Gesticulant, hurlant, lançant des pierres pour attirer l’attention sur lui, la manipulation dépassa ses espérances les plus folles. La vingtaine de gorlocs proche de lui se mirent à le prendre en chasse, ventres à terre et toutes dents dehors, entrainant par effet de foule et de ricoché, les centaines de gorlocs aux trousses du brigadier ! Théli s’avéra être un sprinteur hors pair, mais il vint buter contre un lac de glace – douteux dans l’esprit et la forme – séparé à nouveau du groupe par les gorlocs en nombre. Nicodemus réalisa un remarquable « saut de foi », attirant l’homme vers lui et la sécurité relative du groupe, alors que les chevaucheurs et l’AKIR bombardaient, à grand renfort de pyromancie, tant bien que mal les gorlocs, pour les forcer à rester au bord du lac, pendant que le groupe se repliait à toutes jambes.


Ce premier épisode de course ne fut hélas pas le dernier, mais quelques heures séparèrent leurs efforts successifs dans la fuite. A peine arrivés dans la Désolation des Dragons, ou le froid se fit beaucoup plus vif et la neige au sol presque éternelle, ils furent confrontés à un pont récalcitrant. Si le premier semblait en relatif bon état, le second était quant à lui bien plus précaire, près d’un tiers des planches manquant pour une éventuelle traversée. Les deux ingénieurs de l’équipage, Klitick et Vey, parvinrent à un constat simple : pour rendre le pont accessible, il faudrait impérativement recouvrir les lattes manquantes, en utilisant le plus pratique, à savoir, les planches du premier pont.


L’ensemble de l’équipage mis la main à la patte, et les efforts déployés ne firent pas maigres, tant le vent et le froid étaient désagréables, qui plus est sur un pont à plus d’une dizaine de mètres d’une eau glacée peu accueillante. Chacun reçu un rôle précis, et ils utilisèrent les diverses compétences de bord, notamment celles de Siopi et de ses affinités avec les éléments, pour parvenir à leur fin, ce qui leur prit plusieurs heures.
Pendant ce temps, Mikhaïl et Théli avaient été envoyés en aval, transportés par Gwen de l’autre côté du pont, afin de faire du repérage. Le chemin gelé s’enfonçait dans la Désolation des dragons, dans les bois d’une forêt glacée dont ils s’aperçurent rapidement qu’elle grouillait d’araignées géantes touchées par la peste… L’autre solution restait de longer une corniche sur plusieurs centaines de mètres pour contourner les bois, mais celle-ci semblait particulièrement dangereuse, s’approchant en plus un peu trop près d’un campement hordeux.


Fut alors décidé de créer une diversion, pour attirer les bêtes en dehors des bois, qui selon Erynn, ancien soldat d’infanterie qui avait combattu longuement en Norfendre, étaient attirés par le bruit et la chaleur. Une fois la colonne étant parvenue à passer le second pont réparé – le premier étant inutilisable à son tour, ce qui créerait problème pour un éventuel chemin de retour – on passa à l’action et Mikhaïl Berger, le quartier-maître des éclaireurs, confia ses réserves de poudre à Keneeth qui, juché sur son griffon, se devait de créer une explosion assez forte pour faire sortir les bêtes d’outre-tombe de la forêt, misant sur leur stupidité pour qu’elles s’approchent de la falaise et chutent trente mètres plus bas.


La supercherie fonctionna parfaitement. Au moment même où des dizaines d’araignées quittaient les bois, attiraient comme un papillon le serait par une bougie, l’équipage se mit à courir, les uns à cheval et les autres à pieds, essayant de travers la forêt le plus rapidement possible. Nul ne sut si les araignées allèrent jusqu’à se fracasser en bas des rochers, personne ne prenant le temps de se retourner dans sa course.


Exténués, le groupe se trouvait encore loin du Bastion de la Garde d’Argent. Ils reprirent une marche, avançant péniblement dans la neige, prenant le soin de se reposer par tranche de deux heures, et de se relayer sur le dos des bêtes. Par chance, ils ne firent aucune autre rencontre, contournant par le sud le temple du Repos de Vers, dans l’espoir de ne croiser aucun draconique, qu’il soit neutre, allié ou non. C’est en milieu de journée, le lendemain, qu’ils parvinrent enfin à rejoindre le Donjon.
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MessageSujet: Re: [Campagne - RP] Sauteries en Silithus   Lun 4 Juin - 17:28

Chapitre 6 - La traversée du désert [Partie 2]



La missive parvint en main propre à l'Etat-Major du Donjon de Hurlevent, les abjuratrices de l'équipage de la Vengeance de Neptulon étant parvenues, malgré des lignes telluriques capricieuses, à rejoindre la capitale. La réponse ne se fit pas attendre, remontant quelque peu le moral des soldats d'infanterie de la garnison du bastion de la Garde d'Argent.


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MessageSujet: Re: [Campagne - RP] Sauteries en Silithus   Jeu 7 Juin - 17:41

Chapitre 6 - La traversée du désert [Partie 3]




Extraits du Journal de Bord a écrit:





Le septième jour du sixième mois de l'an 38,
K3, Pics Foudroyés, Norfendre.


Le printemps n'atteint pas le Norfendre. Le froid intense est d'ailleurs bien la seule chose tangible ici. Rares sont les terrains qui me sont aussi inconnus que ceux-ci. Je me souviens encore de la Toundra et des Grisonnes lors de la guerre contre le Roi-Liche, mais je m’étais surtout tenue à la défense du Fort de la Bravoure et au transport de troupes, enchainant les allers-retours avec Hurlevent et Ménéthil.

Le Norfendre est glaçant dans tous les sens du terme. Glaçant, glacé, désert. Rares sont les soldats à tenir encore position. Et pourtant les dangers ne manquent pas. C’est une des rares fois ou je saisis pleinement les limites de mes compétences. J’ai l’impression d’avancer à l’aveuglette ou presque, sans aucune préparation. On a beau tracer un itinéraire sur une carte, la pratique s’avère bien plus ardue. Et le fait est que l’on subit d’avantage les attaques et les éléments que l’on parvient à se mettre dans une quelconque position de force.

La traversée du bastion de la garde d’Argent vers K3 en est un parfait exemple. L’attaque des non-morts m’a prise ou dépourvu, je ne m’attendais pas à en croiser un si grand nombre dans les plaines. Ces dernières années m’avaient fait oublier leur force et leur agilité. Et ma jambe encore engourdie n’est qu’un rappel mérité de cette versatilité. L’avalanche était encore plus difficile à prévoir. Le symbole même d’embarquer des marins pour des missions en territoire montagneux. On ne voyait rien à dix mètres, mais sans doute que quelqu’un connaissant réellement le terrain aurait pu prévoir le danger.

De ces expériences, il n’y a pas eu trop de casse. Matérielle, plus qu’humaine. Mais surtout beaucoup de chance. Et je déteste m’en remettre au destin, l’équipage mérite mieux. Il est grand temps de reprendre les choses en mains, à croire que je me suis quelque peu ramollie, depuis les îles brisées. Hurlevent est une cage dorée, et la mer une zone de confort qui recouvre les deux tiers d’Azeroth, mais une zone de confort tout de même. Et il est grand temps d’en sortir.

Quand je pense que l’on prend ces risques pour un nain capricieux qui refuse d’emprunter des portails. Cela aiguille sur la valeur qu’il doit avoir aux yeux de l’Etat-Major. Inestimable ou presque.





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MessageSujet: Re: [Campagne - RP] Sauteries en Silithus   Mar 19 Juin - 12:09

Chapitre 6 [Partie 3] - Terrain miné.


L'Etat-Major avait été aussi discret que formel : La Horde était au coude à coude dans l'idée de récupérer le chercheur nain spécialiste des minerais. De le récupérer, ou en tout cas, d'en empêcher l'Alliance.

Hodge reçut les dernières nouvelles de Hurlevent sans surprise. K3 grouillait de gobelins, que certains aient marchandé la présence du groupe de chercheurs à la Horde était chose assez commune. Fol Barbe avait cependant de la ressource visiblement, celui-ci étant parvenu à s'enfoncer au nord, en pleine nuit et pas une température qui frôlait le déraisonnable. Les hordeux avaient obtenu ses collègues, mais visiblement le nain courrait toujours. Ou il était mort.

L'agent de l'Alliance à K3 - à croire qu'elle en avait partout - avait indiqué que le nain avait disparu vers un imposant champ de mines mis en place par les habitants du village pour se protéger des troggs plus au nord. Plus aucune trace à partir de là.

Se réunissant discrètement à l'extérieur du village, l'équipage mis en place une expédition pour aller enquêter au nord. Et il ne fallut que quelques centaines de mètres pour qu'ils tombent sur le fameux champ de mines établis par les gobelins de K3 pour se protéger des troggs. Une fois l'analyse du terrain rapidement réalisée, il fut décidé de passer par la voie des airs. Le risque étant, si les troggs, qui semblaient plus que nombreux et accompagnés de minotaures géants - d'après la reconnaissance menée par les chevaucheurs - que les soldats se retrouvent coincés entre les troggs et le champ miné, avec pour échappatoire un griffon pour deux, dont certains au gabarit plutôt lourd.

Une fois de l'autre côté, Klitick Pincevapeur, le pilote de l'AKIR, fut envoyé avec son gyrocoptère pour déminer sommairement le champ et baliser un chemin qui leur ferait office de porte de sortie. Une fois chose faite, plusieurs troggs se mirent à emprunter le chemin, avides d'une liberté nouvelle.

Au campement trogg, ils ne furent pas accueilli chaleureusement, mais sans aucune agressivité non plus. Et ils avaient vu juste, les humanoïdes avaient bel et bien récupéré un "nain en claquettes et en chaussettes", un "esprit malin et confus". Ils le livreraient sans mal, en échange du déminage total du champ. En effet, le village trogg était perché entre des falaises et des montagnes, et le champ de mine les tenait à l'écart de tout, leur rendant la vie encore plus difficile qu'elle pouvait être déjà dans ce coin reculé des Pics Foudroyés.

Une négociation commença, et l'équipage finit par "jurer sur la bougie" de parlementer avec les gobelins de K3 afin d'améliorer les conditions de vie de leurs petits voisins poilus. Les troggs les conduisirent à l'intérieur de leur grotte, et Fol Barbe fut retrouvé, en plutôt bon état. Physique. Le psychique, lui, semblait profondément dérangé. Futur chercheur en Azerite, peut être... Chercheur abimé par le minage de la saronite... Totalement. Fol Barbe entendait des voix, qu'il appelait ses "maîtres", et l'équipage s'aperçu qu'en plus, la grotte contenait plusieurs gisements de saronite, à en juger des voix que certains commençaient à entendre.

Le demi-tour fut rapide. Ils quittèrent la grotte, les troggs, retraversèrent sans encombres le champ de mine. Un petit groupe, composé de Vey, Siopi et Ichnos, se chargèrent de mettre de gré ou de force le nain dans un portail ouvert par un abjurateur, pour l'évacuer au plus vite vers la Vengeance de Neptulon, toujours à quai au Fort de la Bravoure. L'autre groupe décida de faire un dernier tour à K3, pour négocier avec les cognards gobelins une éventuelle trêve - et un déminage - avec les troggs.

De ce qu'ils obtinrent des gobelins, difficile d'en juger à long terme. Un cessé le feu de deux semaines. Ce qu'il adviendra après, l'Alliance ne se souciera sans doute pas.


Chapitre 7 - De Kraken au silence
Récit de Vey Mira Stella



Debout à la poupe, installée à côté de l'homme chargé de la barre, Vey profite du calme qui accompagne souvent la fin du dernier quart de la nuit, celui qui voit se succéder les heures les plus noires et profondes, à peine troublées par le scintillement des étoiles par temps clair, comme maintenant, et les longs moments qui précédent l'aube, quand le ciel se fait de plus en plus lumineux, annonçant la venue du soleil qui dissipera le manteau de ténèbres dans lequel le navire se fond pour échapper aux regards indiscrets et aux maraudeurs de toute nature.

Une dernière bouffée de sa cigarette, idéale pour courir l'odeur un peu entêtante de bile et d'ichor océanique qui accompagne le navire, et elle reprend son chemin, dans un silence uniquement troublé par le bruit du vent qui fait parfois claquer les voiles et grincer les cordages resserrés par les gabiers. Levant les yeux, elle suit le grand bas mât, puis le grand mât de hune, où elle devine une des plateformes qui servent aux vigies pendant la journée, et qui lui cache une partie du grand mât de perroquet, perdu dans la nuit et qui recevra les premiers rayons du soleil. Elle inspecte l'ensemble, soucieuse de voir si l'ensemble se comporte bien, surtout après la façon dont le navire a été malmené quelques heures auparavant. La tête toujours en arrière, elle ne peut empêcher les souvenirs récents de faire un retour en surface, comme le monstre qui les a attaqué ; un monstre dans les tentacules pouvaient rivaliser avec la taille du grand mât…




Le départ du Norfendre s'était fait dans un climat assez chaleureux malgré le climat, l'équipage accueillant avec plaisir le simple fait de ne plus voir l'eau geler aussitôt sortie des réserves d'eau douce, sans parler de la nécessité de porter trois ou quatre couches de vêtements pour éviter la congélation sur pied. Sitôt quittée la zone des glaces autour du port du Bastion de la Bravoure, l'équipage s'était réparti aux différents postes de manœuvre, prêt à affronter la haute mer et les pirates. Las, si la mer avait été au rendez vous, les pirates brillaient par leur absence. Mais une fois n'est pas coutume, si le danger venait bien de la mer, il venait cette fois d'en dessous. Malgré la brume qui devenait de plus en plus épaisse, la vigie avait signalé sur bâbord la présence d'un énorme groupe d'oiseaux de mer. Ce genre de rencontre étant habituellement associée à la présence d'un groupe de cétacés, les oiseaux profitant des reliefs de la pêche de ces gigantesques animaux, personne n'était vraiment sur le pied de guerre quand l'attaque s'était produite.

Ce furent les membres d'équipage présents sur le pont intermédiaire qui en firent les frais, sous la forme de tentacules géants profitant de la faible visibilité pour s'enrouler autour de leurs proies ; et pendant que les autres cherchaient encore l'origine de l'attaque, celle ci prit la forme d'une masse sombre et de taille immense, au moins équivalente à celle du navire, qui lança d'autres tentacules à l'assaut des différents ponts, voiles, et mâts de la Vengeance.
Une fois la surprise passée, l'équipage fit face, coupant les appendices gigotant un peu trop entreprenant, et faisant feu avec les canons sur la masse sombre dont le nom vint claquer dans l'air, comme la concrétisation des angoisses et des cauchemars des marins au long cours : KRAKEN !!

Prenant conscience qu'une lutte à mort s'engageait, et cette fois, pas de possibilité de faire de prisonnier, l'équipage fut pris d'une frénésie d'activité, palliant les difficultés du terrain, un pont rendu glissant par le sang du gigantesque monstre, et ballotés par les vagues s'abattant sans cesse. Les chevaucheurs furent envoyés, après quelques difficultés, pour offrir un soutien aérien à leurs camarades, tout en offrant un autre point de vue sur l'origine de l'attaque, en larguant des fusées pour guider les tirs des canonniers restés à bord. Les bombardements furent d'une efficacité aléatoire, mais quelques coups attinrent leur but, monopolisant une partie de l'attention de la créature ailleurs que sur le navire soumis à rude épreuve. Manœuvre qui octroya un court répit à l'équipage.

Comme si il était mu par une volonté particulière, le kraken changea son angle d'attaque, lançant ses plus gros tentacules sur le château arrière du navire, manquant de faire tomber plusieurs personnes par dessus bord. Et c'est alors qu'un imprévu se manifesta, en la personne du prospecteur nain que la Vengeance devait convoyer jusqu'en Silithus. Hurlant des paroles sans queue ni tête, comme il était coutumier du fait, le professeur passa par dessus bord, grimpant sur un des tentacules et parlant à la bête, comme si il n'attendait qu'elle pour se faire la malle. Il fallut le concours de plusieurs personnes pour l'empêcher de mener à bien son projet, et, comme si elle manifestait sa colère, la créature sous-marine lança une nouvelle attaque qui manqua faire chavirer le navire. S'engagea alors ce qui ressemblait à un bras de fer, le monstre contre l'équipage. Et ce sont les actions combinées de ce dernier qui vinrent à bout de cette opposition, avec pour récompense, un gigantesque flot de bile et de sang qui se déversa sur les ponts, avant que le monstre, visiblement mauvais joueur, ne s'échappe dans les profondeurs dans un dernier soubresaut, soulevant une gigantesque vague qui acheva de rincer et de semer la dévastation sur le navire.





Le calme qui s'ensuivit fut presque plus assourdissant que la tempête qui avait régné pendant tout le combat. Le navire gita un moment, roulant dans le flot malmené et rudoyé par une partie de la cargaison qui s'était détachée pendant l'assaut, lestant un côté plus que l'autre. Mais l'équipage se mit aussitôt au travail, tout le monde rangeant, nettoyant, arrimant, lavant, frottant afin de permettre à la Vengeance de reprendre sa route dans les meilleurs délais. Ce fut alors qu'on compta les pertes, un manoeuvrier dans les haubans qui n'avait pas eu le temps de s'attacher et que la dernière vague avait envoyé s'écraser sur le pont en dessous. Son corps fut placé dans l'infirmerie, dans l'attente du service funéraire propre à chaque marin de la Royale Hurlevent mort en service.



______________________________


Fabrizio. Le matelot avait à peine atteint la vingtaine. Il avait fui sa ferme natale pour découvrir le monde, et servir son pays et son roi. Et il était mort en service, devant une des plus grandes terreurs des marins, une de celles que peu de vétérans peuvent se vanter d'avoir croisé. Lui avait eu cette "chance", mais il ne pourrait plus en parler. Du moins pas dans cette vie.

Tentée de sortir une nouvelle cigarette de son paquet, Vey hésite un court instant, puis replace sa main le long de son corps. Elle sait ce qui va l'aider à éviter de terminer trop rapidement ses provisions : la rédaction de l'éloge funèbre de Fabrizio. Non pas qu'elle veuille manquer de respect à celui qui a disparu, bien au contraire, mais parce que ce genre d'exercice lui permet de faire le point sur sa propre situation, et par extension, sur celle de ceux avec qui elle travaille.

Ne pas trop s'attacher.

Ouais, ça fait mal.

Mais ne pas s'attacher, c'est être déjà mort.
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