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 Chroniques de la Louve

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Korbelt

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Messages : 6
Date d'inscription : 17/03/2018
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MessageSujet: Chroniques de la Louve   Sam 12 Mai - 19:44




        Le corps est lourd dans ses mains, dévêtit de son armure et le voile sur le visage, cela ne change rien au poids du corps de sa sœur. Elle avance d’un pas lent, pas après pas, cliquetis après cliquetis. Les Paladins sont plus loin, silencieux. Elle les en remercie, eux qui ont une telle aversion pour la nature de celle qui fut sa sœur. Le bûcher attend plus loin, les rondins de bois alignés et superposés en rectangle. Il s’élève au-dessus des falaises constituant les montagnes des Pins Argentés. Au loin le mur de grisetête baigne  dans une brume, caractéristique de l’aube en cette région. Réunit là par hasard, ou pour de nouveau pleurer une enfant de Gilnéas ? Son corps la tiraille, les bandages sous l’armure d’apparat se tâchent lentement d’écarlate alors que l’effort rouvre ses plaies.


        Doucement la Runique est déposée sur le bois, Ul’dim approche, une épée en main qu’il dépose sur son torse, plaçant les mains sur la poigne. Son regard se porte sur la Louve, il se sent lourd, il ne comprend pas cette émotion, elle lui a été arrachée il y a longtemps par sa condition. Lui qui à former les deux femmes de son temps de vivant, il ne comprend pas les larmes qui coulent sur ses joues. Sa main se pose un instant sur l’épaule de la Louve et il se retire plus loin, le tabard de la Lame d’Ebène au vent alors qu’il disparait dans la lumière de l’aube. La Grise relève les yeux, fixant le visage sous le voile alors qu’une main vient effleurer la joue aussi froide que la lame qui, il y a quelques heures mettaient son armure à rude épreuve.

        La vie est donnée, puis un jour elle est reprise. C’est ainsi que le cycle recommence pour chaque être, chaque âme. C’est le lot des mortels, et pour la première fois elle se surprend à questionner sa lame, son geste. Elle ne vient pas de prendre une vie, elle l’a prise pour la seconde fois à cette sœur. Pour la première fois, elle a abattu sa sentence sur une personne chère, celle-ci fut peut être perdue dans sa folie, elle en reste sa sœur. Tourmentée par le fléau, par la non-mort. L’estramaçon Rochenoire git plus loin contre un rocher, encore tâché du sang coagulé de sa victime. Une Sans-Nom de plus parmi les victimes de ce monde et de ses souffrances. Une personne de plus parmi les rares qui comptaient. La main se retire du visage, ajustant le voile et venant saisir une torche qu’on lui tend, qu’elle pose alors sur la base du bûcher.

        Elle veut hurler, pleurer et frapper. Elle veut arracher cette armure d’apparat qui compresse son cœur autant que la peine. Elle voudrait qu’on la prenne à la place de celle qu’elle n’a pu protéger des affres de ce monde. Elle qui a abattu la mort sur ce Père qui les considéraient comme des objets, des possessions. Elle qui s’est engagée pour subvenir à leurs besoins, encore jeune et Naïve, elle les avait en raison abandonnés, elle et son frère. Elle avait cru les protéger, mais ils avaient suivi la même voie. Et étaient tombés avant elle, c’était ainsi que prenait forme sa punition, sa sanction pour avoir été lâche. Elle ne s’était pas engagée pour les nourrir au fond, elle s’était engagée pour ne plus supporter leur regard, la peur au fond de leurs yeux, la peur qu’un jour cette lame qui avait tranché la gorge de leur père ne tranche la leur.

        Les flammes lèchent doucement le bois qui s’embrase peu à peu, la chaleur monte alors que la lueur du feu éclaire la cime des falaises. Derrière eux, l’avant-garde de l’Alliance et ce qu’il en reste après l’assaut saluent dans un claquement de bottes et de métal. Plus loin sur les cimes, le clan Crocs d’Acier allume des feux. Eux aussi pleurent la mort d’une fille de Gilnéas, et lui rendent ainsi hommage. Tous se retirent après quelques heures, laissant la Louve face aux restes du bûcher craquant encore sous la chaleur et les braises. Son regard finit par se porter sur l’estramaçon, et ses pas l’y guident, le saisissant par la poignée pour la ramener sur son épaulière. Elle disparaît alors à son tour, laissant le repos à ceux qui le méritent.

La Vengeance de Neptulon l’attend dans la baie d’Hurlevent, son devoir aussi.
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Korbelt

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MessageSujet: Re: Chroniques de la Louve   Lun 14 Mai - 20:49



        Ul’dir souffle longuement, retirant les gantelets qu’il porte aux mains, couverts de boue et de sang. Son frère Ul’dim posté non loin, bras croisés et le visage froncé. La gamine se redresse difficilement dans la boue, une main sur le ventre, la figure enfarinée du même mélange qui tâche les gantelets. Elle ne doit pas faire loin de deux mètres pour ses dix-sept ans, le corps sec et musclé. On semble l’avoir nourrie pour qu’elle tienne la charge de travail qui lui était incombée, sans aucun plus. Elle a ce regard, le regard de l’animal acculé contre un arbre, blessé et prostré. Le regard d’une personne qui serait prête à tout pour survivre, pour écraser ceux qui se tiendront entre elle et ses objectifs. C’est ce qu’il recherche, ces gosses-là, c’est ce dont il a besoin. Car ce sont ceux qui ne tomberont pas, ceux qui serviront avec honneur et fierté, car la vie ne leur aura pas donné d’autre but.

« -On va s’arrêter là Gam’s. On continuera demain. Et après-demain, jusqu’à ce que tu tiennes debout. Et là seulement, tu toucheras une épée. »

        Elle se redresse finalement sur ses deux jambes tremblantes, la tenue de recrue ne la serre même pas, elle flotte, déchirée et violentée par la pluie et l’entraînement. Le regard ne quitte pas celui du nain, au premier abord éteint, mais une fois plongé dedans, et vous apercevez toute la colère qui s’y tapit. Une main écorchée se dresse, venant se tendre pour saluer le Sergent. Elle titube ensuite vers un baquet d’eau non loin, frappé par la pluie dense qui s’abat sur le camp. Elle dénude son torse pour venir se laver, faisant fi des regards, Le nain lui, observe les marques caractéristiques d’un ceinturon qui ornent le dos, mais bientôt, il sait de source sûre que d’autres les remplaceront, bien plus marquantes et graves. De son nez coule un flot discontinu de sang, qui vient tâcher l’eau lentement dans le baquet. La voilà qui relève le regard vers le ciel, et pour la première fois il la voit sourire, savourant la pluie qui lui lave le visage de toute la crasse qui le tâche. La voilà, la chose qu’il attendait maintenant depuis plusieurs jours : apercevoir le reflet opalin de son cœur, enterré sous les couches de noir imposées par ce monde et sa réalité.

« -Ul’dim, je crois bien que je vais l’aimer la petiote. »

        Les jours et les semaines suivent, le nez est par plusieurs fois abîmé, elle tombe. Les arcades cèdent, elle tombe. La mâchoire craque, elle tombe. Chaque jour, elle tombe. Elle continue de s’effondrer jour après jour dans la boue et le sang, gagnant chaque jour un peu de temps, affinant ses réflexes et reprenant du poids. Et il faut bien qu’un an passe pour y arriver. Au bout d’un an ce n’est plus une Gamine, mais une femme qui lui fait face, lui rendant ses coups, le sourire au coin des lèvres et le regard ravivé d’une lueur brillante, de vraies flammes dans le brasier de ce monde. Les années passent, l’élève devient la sœur d’arme. Les rires, les chants et les pleurs rythment leurs vies, les batailles s’enchainent comme les bières à la taverne du Quartier Nain. Un trio gravé dans les mémoires de la Huitième Légion, les Protecteurs et la Louve. Première ligne, premiers au combat. Alors que les deux frères enfoncent les lignes ennemies, protégeant leur Sœur qui frappe les ennemis avec force et férocité.

        Régulièrement la Louve est vue au mémorial du Repos du Lion, plus de nouvelle du trio depuis le Rivage Brisé, mais constamment une gerbe de fleurs déposée au pied de la stèle. Le trio fut comme toute chose, affectée par le retour de la Légion, mais sa mémoire persiste dans les esprits des frères et sœurs d’armes de la Huitième. En parlant de notre Grande Perche, la voilà qui se réveille dans le hamac, montant dans le carré de la vengeance, un léger rictus heureux au coin des lèvres, et le regard empreint de nostalgie. Le café est attrapé, et le pont supérieur rejoint, Silithus les attends, et elle compte bien y poser les pieds.
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Korbelt

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MessageSujet: Re: Chroniques de la Louve   Mer 16 Mai - 20:37


I will rise in resistance
Sing the oath of rebellion
And cease-fire on this high wire
Head to toe in vanity
When those eyes in the mirror stare back at me
I'm reminded that the ghost of pride is clear to see
Wipe away the weakness
Will you let those scars those scars define you?
Or will the adorn you as we carve our way to victory?
Doubt is crying out but I refuse to let it drown me
Wearing down my fight till nothing's left

        Te voilà face au miroir, pour la première fois de ces dernières années, le regard braqué sur ton propre corps, nu face à la glace, toujours empreint de ces marques noires qui serpentent sur ta peau des pieds aux joues. Les doigts courent alors le long de ces cicatrices qui parsèment ton corps, lentement mais sûrement, tu te souviens de chaque lame ayant causé chacune d’entre-elle. Chacune témoin d’un ou plusieurs combats. Chacune d’elle te définis autant que la fureur qui gronde dans ton cœur. Le regard revient se poser sur le miroir, tu aimerais détourner les yeux, car tu as le même regard que lui. Parricide, oui, pour protéger ta fratrie tu t’es abaissée à enfoncer cette hache dans sa gorge. Est-ce à ce moment-là que tu es devenue un véritable animal ? Ou l’étais-tu depuis ta naissance. Tu es un chien galeux, battu jusqu'à la moelle. Et par pure haine, tu détruits les autres à ton tour.

I SAY CRIER
I SAY LIAR
I SAY RISE IN HELL
I stand gazing down at death as they say... WAR
I'LL WAGE WAR
I HATE WAR
They say fight for peace... but what is that?


Que veux-tu Korbelt ? C’est ainsi que vont les choses, et qu’elles iront toujours. Certains naissent dans des cocons de richesse et d’autres naissent dans la fange et la boue.  Mais tu t’es battue pour accomplir ce que tu as accomplis jusque-là. Tu t’es vendue corps et âmes à l’Alliance, tu t’es privée de la vie civile et du calme pour cette cause qui a animée ta vie. Ces sentiments que tu as annihilés, cet amour dont tu rêvais que tu as balayé. Et quelque part une part de toi n’y a jamais renoncé. Et cet équipage met ta volonté à dure épreuve, eux qui sont si proches et soudés, tu les hais pour ça, tout autant que tu les envie. Tout comme fut l’époque du trio de la Louve et des deux Protecteurs, cet équipage voit loin, et ne pose point genoux à terre. Mais tu ne veux plus de cela, de cette souffrance que la perte de cette synergie t’as infligée, ainsi que celle de ta fratrie. Toi qui cherchais à les épargner de la guerre, les voilà six pieds sou terre avant toi.

Come on, one more breath
My ravaged voice betrays me mid-shout
Will you never hear those final words I failed to choke out
I tried to survive by putting all my faith in instinct
But now I regret - what have I done?
I am just about to BURST as they say... WAR
I'LL WAGE WAR
I HATE WAR
There's no end to this... can't you see that?

Si tu ne peux être des leurs, tu seras au moins leur porte-lame, tu as juré sur ton nom et ton honneur de défendre le Capitaine Hodge et son Equipage. Et qu’on te prenne la vie si tu ne tiens pas ce serment. Si la Guerre de vient pas à toi, tu iras à elle. Tu seras la Guerre, dans ton son honneur, sa splendeur, mais aussi dans toute son horreur et son absence de cœur. Tu épargneras tes compagnons de la sale besogne et des exactions en les commettants toi-même. Innocents ou coupables, qu’importe tant que les ordres t’indiqueront d’abattre ta lame.

Pour le nom qui t’as été donné.

Pour la Gloire de l’Alliance.
Pour l’Honneur.
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