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 Chroniques de la Louve

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Korbelt

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MessageSujet: Chroniques de la Louve   Sam 12 Mai - 19:44




        Le corps est lourd dans ses mains, dévêtit de son armure et le voile sur le visage, cela ne change rien au poids du corps de sa sœur. Elle avance d’un pas lent, pas après pas, cliquetis après cliquetis. Les Paladins sont plus loin, silencieux. Elle les en remercie, eux qui ont une telle aversion pour la nature de celle qui fut sa sœur. Le bûcher attend plus loin, les rondins de bois alignés et superposés en rectangle. Il s’élève au-dessus des falaises constituant les montagnes des Pins Argentés. Au loin le mur de grisetête baigne  dans une brume, caractéristique de l’aube en cette région. Réunit là par hasard, ou pour de nouveau pleurer une enfant de Gilnéas ? Son corps la tiraille, les bandages sous l’armure d’apparat se tâchent lentement d’écarlate alors que l’effort rouvre ses plaies.


        Doucement la Runique est déposée sur le bois, Ul’dim approche, une épée en main qu’il dépose sur son torse, plaçant les mains sur la poigne. Son regard se porte sur la Louve, il se sent lourd, il ne comprend pas cette émotion, elle lui a été arrachée il y a longtemps par sa condition. Lui qui à former les deux femmes de son temps de vivant, il ne comprend pas les larmes qui coulent sur ses joues. Sa main se pose un instant sur l’épaule de la Louve et il se retire plus loin, le tabard de la Lame d’Ebène au vent alors qu’il disparait dans la lumière de l’aube. La Grise relève les yeux, fixant le visage sous le voile alors qu’une main vient effleurer la joue aussi froide que la lame qui, il y a quelques heures mettaient son armure à rude épreuve.

        La vie est donnée, puis un jour elle est reprise. C’est ainsi que le cycle recommence pour chaque être, chaque âme. C’est le lot des mortels, et pour la première fois elle se surprend à questionner sa lame, son geste. Elle ne vient pas de prendre une vie, elle l’a prise pour la seconde fois à cette sœur. Pour la première fois, elle a abattu sa sentence sur une personne chère, celle-ci fut peut être perdue dans sa folie, elle en reste sa sœur. Tourmentée par le fléau, par la non-mort. L’estramaçon Rochenoire git plus loin contre un rocher, encore tâché du sang coagulé de sa victime. Une Sans-Nom de plus parmi les victimes de ce monde et de ses souffrances. Une personne de plus parmi les rares qui comptaient. La main se retire du visage, ajustant le voile et venant saisir une torche qu’on lui tend, qu’elle pose alors sur la base du bûcher.

        Elle veut hurler, pleurer et frapper. Elle veut arracher cette armure d’apparat qui compresse son cœur autant que la peine. Elle voudrait qu’on la prenne à la place de celle qu’elle n’a pu protéger des affres de ce monde. Elle qui a abattu la mort sur ce Père qui les considéraient comme des objets, des possessions. Elle qui s’est engagée pour subvenir à leurs besoins, encore jeune et Naïve, elle les avait en raison abandonnés, elle et son frère. Elle avait cru les protéger, mais ils avaient suivi la même voie. Et étaient tombés avant elle, c’était ainsi que prenait forme sa punition, sa sanction pour avoir été lâche. Elle ne s’était pas engagée pour les nourrir au fond, elle s’était engagée pour ne plus supporter leur regard, la peur au fond de leurs yeux, la peur qu’un jour cette lame qui avait tranché la gorge de leur père ne tranche la leur.

        Les flammes lèchent doucement le bois qui s’embrase peu à peu, la chaleur monte alors que la lueur du feu éclaire la cime des falaises. Derrière eux, l’avant-garde de l’Alliance et ce qu’il en reste après l’assaut saluent dans un claquement de bottes et de métal. Plus loin sur les cimes, le clan Crocs d’Acier allume des feux. Eux aussi pleurent la mort d’une fille de Gilnéas, et lui rendent ainsi hommage. Tous se retirent après quelques heures, laissant la Louve face aux restes du bûcher craquant encore sous la chaleur et les braises. Son regard finit par se porter sur l’estramaçon, et ses pas l’y guident, le saisissant par la poignée pour la ramener sur son épaulière. Elle disparaît alors à son tour, laissant le repos à ceux qui le méritent.

La Vengeance de Neptulon l’attend dans la baie d’Hurlevent, son devoir aussi.
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Korbelt

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MessageSujet: Re: Chroniques de la Louve   Lun 14 Mai - 20:49



        Ul’dir souffle longuement, retirant les gantelets qu’il porte aux mains, couverts de boue et de sang. Son frère Ul’dim posté non loin, bras croisés et le visage froncé. La gamine se redresse difficilement dans la boue, une main sur le ventre, la figure enfarinée du même mélange qui tâche les gantelets. Elle ne doit pas faire loin de deux mètres pour ses dix-sept ans, le corps sec et musclé. On semble l’avoir nourrie pour qu’elle tienne la charge de travail qui lui était incombée, sans aucun plus. Elle a ce regard, le regard de l’animal acculé contre un arbre, blessé et prostré. Le regard d’une personne qui serait prête à tout pour survivre, pour écraser ceux qui se tiendront entre elle et ses objectifs. C’est ce qu’il recherche, ces gosses-là, c’est ce dont il a besoin. Car ce sont ceux qui ne tomberont pas, ceux qui serviront avec honneur et fierté, car la vie ne leur aura pas donné d’autre but.

« -On va s’arrêter là Gam’s. On continuera demain. Et après-demain, jusqu’à ce que tu tiennes debout. Et là seulement, tu toucheras une épée. »

        Elle se redresse finalement sur ses deux jambes tremblantes, la tenue de recrue ne la serre même pas, elle flotte, déchirée et violentée par la pluie et l’entraînement. Le regard ne quitte pas celui du nain, au premier abord éteint, mais une fois plongé dedans, et vous apercevez toute la colère qui s’y tapit. Une main écorchée se dresse, venant se tendre pour saluer le Sergent. Elle titube ensuite vers un baquet d’eau non loin, frappé par la pluie dense qui s’abat sur le camp. Elle dénude son torse pour venir se laver, faisant fi des regards, Le nain lui, observe les marques caractéristiques d’un ceinturon qui ornent le dos, mais bientôt, il sait de source sûre que d’autres les remplaceront, bien plus marquantes et graves. De son nez coule un flot discontinu de sang, qui vient tâcher l’eau lentement dans le baquet. La voilà qui relève le regard vers le ciel, et pour la première fois il la voit sourire, savourant la pluie qui lui lave le visage de toute la crasse qui le tâche. La voilà, la chose qu’il attendait maintenant depuis plusieurs jours : apercevoir le reflet opalin de son cœur, enterré sous les couches de noir imposées par ce monde et sa réalité.

« -Ul’dim, je crois bien que je vais l’aimer la petiote. »

        Les jours et les semaines suivent, le nez est par plusieurs fois abîmé, elle tombe. Les arcades cèdent, elle tombe. La mâchoire craque, elle tombe. Chaque jour, elle tombe. Elle continue de s’effondrer jour après jour dans la boue et le sang, gagnant chaque jour un peu de temps, affinant ses réflexes et reprenant du poids. Et il faut bien qu’un an passe pour y arriver. Au bout d’un an ce n’est plus une Gamine, mais une femme qui lui fait face, lui rendant ses coups, le sourire au coin des lèvres et le regard ravivé d’une lueur brillante, de vraies flammes dans le brasier de ce monde. Les années passent, l’élève devient la sœur d’arme. Les rires, les chants et les pleurs rythment leurs vies, les batailles s’enchainent comme les bières à la taverne du Quartier Nain. Un trio gravé dans les mémoires de la Huitième Légion, les Protecteurs et la Louve. Première ligne, premiers au combat. Alors que les deux frères enfoncent les lignes ennemies, protégeant leur Sœur qui frappe les ennemis avec force et férocité.

        Régulièrement la Louve est vue au mémorial du Repos du Lion, plus de nouvelle du trio depuis le Rivage Brisé, mais constamment une gerbe de fleurs déposée au pied de la stèle. Le trio fut comme toute chose, affectée par le retour de la Légion, mais sa mémoire persiste dans les esprits des frères et sœurs d’armes de la Huitième. En parlant de notre Grande Perche, la voilà qui se réveille dans le hamac, montant dans le carré de la vengeance, un léger rictus heureux au coin des lèvres, et le regard empreint de nostalgie. Le café est attrapé, et le pont supérieur rejoint, Silithus les attends, et elle compte bien y poser les pieds.
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MessageSujet: Re: Chroniques de la Louve   Mer 16 Mai - 20:37


I will rise in resistance
Sing the oath of rebellion
And cease-fire on this high wire
Head to toe in vanity
When those eyes in the mirror stare back at me
I'm reminded that the ghost of pride is clear to see
Wipe away the weakness
Will you let those scars those scars define you?
Or will the adorn you as we carve our way to victory?
Doubt is crying out but I refuse to let it drown me
Wearing down my fight till nothing's left

        Te voilà face au miroir, pour la première fois de ces dernières années, le regard braqué sur ton propre corps, nu face à la glace, toujours empreint de ces marques noires qui serpentent sur ta peau des pieds aux joues. Les doigts courent alors le long de ces cicatrices qui parsèment ton corps, lentement mais sûrement, tu te souviens de chaque lame ayant causé chacune d’entre-elle. Chacune témoin d’un ou plusieurs combats. Chacune d’elle te définis autant que la fureur qui gronde dans ton cœur. Le regard revient se poser sur le miroir, tu aimerais détourner les yeux, car tu as le même regard que lui. Parricide, oui, pour protéger ta fratrie tu t’es abaissée à enfoncer cette hache dans sa gorge. Est-ce à ce moment-là que tu es devenue un véritable animal ? Ou l’étais-tu depuis ta naissance. Tu es un chien galeux, battu jusqu'à la moelle. Et par pure haine, tu détruits les autres à ton tour.

I SAY CRIER
I SAY LIAR
I SAY RISE IN HELL
I stand gazing down at death as they say... WAR
I'LL WAGE WAR
I HATE WAR
They say fight for peace... but what is that?


Que veux-tu Korbelt ? C’est ainsi que vont les choses, et qu’elles iront toujours. Certains naissent dans des cocons de richesse et d’autres naissent dans la fange et la boue.  Mais tu t’es battue pour accomplir ce que tu as accomplis jusque-là. Tu t’es vendue corps et âmes à l’Alliance, tu t’es privée de la vie civile et du calme pour cette cause qui a animée ta vie. Ces sentiments que tu as annihilés, cet amour dont tu rêvais que tu as balayé. Et quelque part une part de toi n’y a jamais renoncé. Et cet équipage met ta volonté à dure épreuve, eux qui sont si proches et soudés, tu les hais pour ça, tout autant que tu les envie. Tout comme fut l’époque du trio de la Louve et des deux Protecteurs, cet équipage voit loin, et ne pose point genoux à terre. Mais tu ne veux plus de cela, de cette souffrance que la perte de cette synergie t’as infligée, ainsi que celle de ta fratrie. Toi qui cherchais à les épargner de la guerre, les voilà six pieds sou terre avant toi.

Come on, one more breath
My ravaged voice betrays me mid-shout
Will you never hear those final words I failed to choke out
I tried to survive by putting all my faith in instinct
But now I regret - what have I done?
I am just about to BURST as they say... WAR
I'LL WAGE WAR
I HATE WAR
There's no end to this... can't you see that?

Si tu ne peux être des leurs, tu seras au moins leur porte-lame, tu as juré sur ton nom et ton honneur de défendre le Capitaine Hodge et son Equipage. Et qu’on te prenne la vie si tu ne tiens pas ce serment. Si la Guerre de vient pas à toi, tu iras à elle. Tu seras la Guerre, dans ton son honneur, sa splendeur, mais aussi dans toute son horreur et son absence de cœur. Tu épargneras tes compagnons de la sale besogne et des exactions en les commettants toi-même. Innocents ou coupables, qu’importe tant que les ordres t’indiqueront d’abattre ta lame.

Pour le nom qui t’as été donné.

Pour la Gloire de l’Alliance.
Pour l’Honneur.
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MessageSujet: Re: Chroniques de la Louve   Mar 22 Mai - 20:31

An 27, Norfendre.


        « Nous sommes des machines… Les titans, la malédiction de la chair. Nous agissons comme des machines, nous fonctionnons comme des machines. De la naissance à la mort, chacun de nos actes est régis par un fonctionnement strict à nous-même. Chaque être programmé à faire une ou plusieurs choses, tout au long de sa vie. Certains tuent, d’autres forgent, et d’autres encore donnent la vie. Nos besoins, nos envies, ne sont que des reflets de notre programmation. Nous donnant l’illusion de liberté, de choix et nous convaincant que nous écrivons notre propre destin. Nos émotions et sentiments ne sont que des sous-produits de nos êtres, renforçant cette illusion. »


        Enfin… C’est ce qu’elle pensait,  plus jeune. C’est ce dont on lui a martelé la tête avec la force d’un marteau Draenei. La voilà qui se redresse dans la neige, au milieu de ce qu’il reste de l’escadron. Çà et là les agonisants gémissent de douleur, le froid mordant venant geler le sang de leurs plaies. Si la perte de sang ne les tue pas, les engelures et l’air du Norfendre s’en chargeront. Plus loin se tiennent les restes brûlés et embrochés des goules et autres atrocités du fléau, certaines tentent toujours d’avancer vers eux, retenues par le fer des lances et hallebardes plantées au sol. Ce qu’il reste des troupes se rassemble plus loin, alors que des auxiliaires déversent du goudron lentement au sol, parmi morts et blessés. Pas le temps de les évacuer, son flanc la tiraille alors qu’elle traine la lourde lame derrière elle, elle sent la morsure du froid dans sa cuirasse, percée au flanc et la blessure profonde, elle semble avoir épargné un endroit vital.

        Pas de prêtre à proximité, il faut vite se débarrasser des corps et goules restantes. Une seule allumette craquée, et c’est un champ d’escarmouche entier qui s’embrase lentement, entre les gémissements des goules et hurlements des blessés. Ennemis devenus victimes de la même infortune, douce cruauté de la réalité du front. Il leur faut deux heures de marche, après les quelques premiers soins pour rejoindre le campement. Aucun des escadrons n’est revenu complet, et =chaque jour les pertes s’alourdissent. Ils ne savent pas quand les renforts leur parviendront, mais si cela continue, ils seront tous morts à la fin du mois. La bannière de l’Alliance est fouettée par le vent, recouverte de givre, mais elle continue de se dresser fièrement, et elle se dressera jusqu’à la chute du mat. Jusqu’au dernier soldat debout, au dernier souffle de la Huitième Légion de l’Alliance.

        Elle ne cessera pas de croire, jamais. Elle ne veut point cesser de croire en cette Alliance, en ses valeurs. Elle n’est pas une machine oui, personne ne l’est au fond. Mais à quoi bon continuer de supporter cette douleur qui la lancine dans la poitrine, chaque fois qu’un frère ou une sœur tombe au combat. Certains d’entre eux étaient là depuis des années, à ses côtés. Ils lui ont sauvé la vie, elle à sauver la leur. Et voilà qu’elle les a regardé brûler vifs sans un seul geste de la main. Si ce n’est de tenir sa lame. Pourquoi ne deviendrait-elle pas une machine après tout ? Si c’est ce qui l’épargnerait de tomber à genoux à chaque perte, et de toujours avancer, frapper et accomplir son devoir. Elle serait une machine, celle de l’Alliance.

Elle serait une Louve, par la protection des siens, et la mort du danger les menaçant.

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MessageSujet: Re: Chroniques de la Louve   Mer 6 Juin - 15:27


Le vacarme en contrebas, les cris et le fracas des lames. Le repli est ordonné.


        Ici, c’est ici, à cet endroit qu’elle est tombée, la lame retrouvée parmi les débris en témoigne. Un loup gravé sur la garde et le pommeau, lame rouillée, rongée. Parmi des dizaines de lames, elle s’est reposée toute ces années. Sa porteuse ayant péri sous les coups du fléau, elle a attendu, attendu que la loupiotte devienne une Louve, que la Louve affronte la chute de celle qui l’a précédée. Plus loin l’équipage attend, surveille. Elle sent la main de la Capitaine se poser sur son épaule peu après sa chute à genoux. Ses jambes qui l’ont toujours portée faiblissent, tremblent, elle ne les sent plus. Elle ne comprend pas les sentiments qui l’assaillent, elle les a repoussés toute sa vie, jamais elle ne s’est autoriser de la faiblesse.

La louve, qui s’avance au milieu des troupes, vers le fléau dévorant les soldats du Lion.


        Un autre pas, plus feutré, pieds large, un appui léger dans la neige comme un…sabot, Siopi. Elle sait qu’elle est liée aux âmes, aux éléments. Elle a dû les voir, peut être leur parler. Mais elle ignore ce qu’elle a vu, et ne veut point le savoir. La lame lui fait l’effet du poids entier de ce monde entre ses mains, et le tissu recouvrant une partie de son visage s’imbibe rapidement. Il gèle peu après, lui faisant à nouveau l’effet de ces scalpels mordants sa chair. Elle veut hurler, une fois de plus, mais aucun son ne sort de sa gorge. Elle veut frapper, arracher, broyer, tuer. Mais aucune force ne se présente dans ses mains.

La ligne de défense se brise, elle disparaît dans la masse grouillante. Les soldats hurlent, meurent, agonisent.


        Qui perpétuera la lignée après elle ? Elle qui ne peut avoir d’enfants, elle qui est incapable d’aimer. Car on ne le lui a jamais appris. L’ignare, l’arme, l’objet. C’est tout ce qu’elle fut, tout ce qu’elle sera sûrement. Quoi que l’Alliance ou les officiers lui demandent. Au moins, elle mourra l’arme à la main. Comme Elle. Et qu’en penserais Gwyl ? Lui qui est tombé au Rivage Brisé, que penserais-t-il de tout cela ? Elle qui ne fut jamais proche de son frère, un étranger pour elle. Voudrait-il voir sa sœur disparaitre comme son ainée ? Où qu’il soit à présent. Après tout n’est-ce pas là le destin des Louve, disparaître en protégeant leur meute ?

Et elle tomba un jour d’hiver, son corps rejoignant le sol glacé du Norfendre.


        Mais lorsque celle-ci réapparue, relevée par la Lame d’Ebène, rendue folle par la Non-Mort. Et qu’elle dut la traquer, la chasser et l’abattre. Qu’avait-elle ressentie lorsque la lame de celle qui fut sa cadette perça son cœur, qu’avait-elle ressenti lorsqu’une deuxième fois la mort vint l’étreindre ? Etait-ce là le destin des deux sœurs ? Etait-ce là le destin des armes ? L’oubli, la disparition arme à la main. Tout se bouscule dans son esprit, son crâne en feu, et ses larmes qui ne cessent de jaillir le long de ses joues, alors qu’elle s’accroche au Capitaine sur le griffon, elle ne prêtre plus attention à l’environnement, à la situation. Elle s’abandonne à l’impassibilité et la froideur.
Comme elle le fait chaque fois, elle en retourne à ce silence, à cette paix.

« -Après tout Erynn, n’est-ce pas là le lot des lâches ? Incapables d’affronter la vie, préférant la détruire. »

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MessageSujet: Re: Chroniques de la Louve   Dim 17 Juin - 15:49


An 31, Draenor, Fortin de l’Alliance.

        L’attente est insupportable pour eux, les fantassins alignés de l’Alliance dormant le rang s’agitent. Non loin le tonnerre grandit et le sol est martelé d’une course sans fin. Les Hurlements de la Horde de Fer viennent alors ébranler chaque fantassin, comme un frisson remontant le long de la colonne vertébrale. Tous n’en réchapperont pas et à ils le savent.

« -Fantassins ! Formez les rangs ! »


        Les boucliers frappent les uns aux autres alors que les armes se dressent contre la charge inévitable de la Horde de fer, les cris retentissent autour. Louant l’Alliance, louant Varian Wrynn. Et c’est à peine quelques secondes après que la vague brune apparait en haut de la côte. Elle vient s’écraser avec violence contre le rang serré de la première ligne, et le chaos débute. Les lames s’entrechoquent et les hurlements retentissent. Orcs, Humains, Elfes, Nains. Tous s’entretuent dans une lutte sans pitié.

« -Tenez le fort, ils ne doivent pas s’en emparer ! »

« -Ils sont sur le flanc gauche ! »


        Au milieu du sang et des larmes, des corps et des râles. La voilà qui s’avance lentement, alors que les murs s’effondrent sous l’impact des projectiles de roches. Alors que ses frères et sœurs meurent autour d’elle, emportant avec eux autant d’orcs de fer qu’ils le peuvent. Et elle navigue, telle une danseuse. Une funambule sur un imperceptible fil écarlate. La lame virevolte dans la mêlée, suivie d’arcs de sang presque chorégraphiés.

« -L’avant-garde s’effondre ! »

« -Korbelt, leur chef ! Vise leur ch… »

        Soudain coupée par un gargouillement immonde, la voix se tait alors que le Chevalier-Lieutenant s’effondre, une flèche en travers de la gorge ayant percé sa maille. La Guerrière se fige un instant, analysant son environnement avant de foncer, elle perce la mêlée d’un violent coup d’épaule, dévie une lame censée l’arrêter. Une glissage au sol sous les jambes d’un des peaux-brunes, et la voilà qui se redresse dans un lent cliquetis, le tabard couvert par le sang et la poussière. Face à elle, un orc massif, roulant des muscles en se gaussant de la « Petite » Humaine qui lui fait face. Complimentant le fait qu’elle arrive jusqu’à lui.

«  Mak’Goraaaa ! Tu m’as atteint petite humaine, et si tu me vaincs, moi Huk’gur, mes guerriers se retireront.»

        Il hurle et la bataille se fige, comme soufflée par ce cri, alors que chacun des orcs s’arrêtent, les soldats de l’Alliance à bout, soufflants et repliés contre l’entrée du Fortin. L’orc ajuste l’estramaçon au cœur de feu qu’il tient en main, analysant de bas en haut la femme lui faisant face. Il se dévêt de ses plaques d’armures, comme le veut la tradition, ne gardant que son pagne. Et elle en fait de même. L’armure martyrisée par le combat tombe au sol avec la maille, une simple humaine, une simple femme. La rage au cœur, la hargne, c’est tout ce qui définit son regard alors qu’elle le fixe. Un orc, une femme. Deux armes, deux machines de guerre, et le respect qu’ils s’accordent.

        Elle se lance soudainement, chargeant l’orc de deux bonds distincts et celui-ci relève la lame dans un rictus amusé, mais là voilà qui s’esquive au dernier moment d’un pas de côté, frappant alors son flanc d’une longue estafilade d’où le sang ne tarde pas de couler. Il hurle et gronde, prit au piège alors que son bras lève et abat la lame avec force vers la femme. Un choc bruyant, un crissement de métal alors que la poussière se dissipe, la voilà qui tient sa lame à deux mains, genoux pliés sous le choc, fixant l’orc avec un sourire à son tour.

Elle penche la lame soudainement, laissant la force de l’orc emporté la lame déviée vers le sol alors qu’elle vient la retirer de l’emprise du métal, frappant le visage du pommeau avant de se retirer en arrière, levant sa garde en le défiant du regard. Voilà qu’il se redresse, une main se portant à son flanc pour en éprouver le saignement. D’un bond et d’un hurlement il saute vers la guerrière, sa lame frappe, on entend un cri, et un craquement, il l’a loupée, mais le simple choc du flanc de la lame lui à disloquée l’épaule, et brûler une partie du bras.

        Mais elle n’en démord pas, elle sait sa mort proche si elle n’agit pas, glissant alors sous lui, elle se retrouve derrière lui et plonge la lame dans son dos, elle sent chaque muscle, chaque organe que rencontre celle-ci céder sous la pointe, qui vient peu après frapper et embrocher le sol. Le sang coule lentement, la lame formant un pont de méta entre le corps et le sol. La voilà qui grimpe dans son dos, enserrant la nuque de ses jambes alors que son bras valide vient enserrer le crâne. Dans un hurlement de rage et de douleur elle tire celle-ci, la brisant net.

        S’effondrant dans la poussière et le sang, là voici aux côtés de l’orc, alors qu’une flaque de sang commence à se former, imbibant la terre ocre de sa couleur écarlate. Et deux mains dans cette flaque, une orque, une humaine. Partout autour c’est le silence, Et les orcs de fer se retirent alors lentement, soufflants et grondants. Son regard à elle, est braqué sur ce ciel, ce ciel qui n’est pas le sien. Ce monde, n’est pas le sien. Mais il semble pourtant si similaire.

Ici, comme chez elle, la Guerre prédomine.


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MessageSujet: Re: Chroniques de la Louve   Mar 26 Juin - 11:24


Rouge écarlate, comme l’aube qui se lève un matin d’hiver.

La Gamine est debout, haletante, le dos rougit et saignant des coups de ceinturons, le visage marqué d’un cocard et d’une joue rougie par les phalanges. Et dans sa main trône la hache qu’elle vient de lentement retirer de la gorge de son père. Alors que plus loin sa Sœur et son Frère sont tétanisés par la peur. Le tortionnaire rampe au sol, gargouillant alors que sa bouche et ses poumons s’emplissent de sang.

Lui qui critiquait cette lame, le voilà témoin et victime de celle-ci. La Gamine tremble, exulte, alors que le sang à moucheté son visage pale, son corps sec et sous-nourri. Dans son regard, dix-sept années de haine, de colère et de douleur. Dans celui de sa sœur, de la peur. Dans celui de son frère, du dégout.

Elle laisse la lame tomber lourdement au sol, le métal sonnant comme le glas de son innocence. La première vie prise, début d’une longue lignée. Les péchés du Père, transmis à sa bâtarde de fille, ferons-t-il d’elle le Soldat qu’il n’a jamais été ? Redorera-t-elle ce Nom tombé dans l’oubli ?

Rouge écarlate, comme sa chevelure flottant au vent.

De la cagoule dépassent les deux tresses rousses, alors que le sang coule lentement le long du fil de la hache qu’elle tient entre ses deux mains, tâchant la neige goutte après goutte. Les jambes droites, la hache perpendiculaire au sol, elle attend le prochain condamné. Il est amené, dans son armure du Lion, les yeux pochés, le visage creusé par la fatigue et le désespoir, il implore cette cagoule du regard. Il sait pourtant que sa tête rejoindra les autres.

Il se débat, lutte contre la sentence irrévocable, clamant qu’il n’est pas un lâche, ni un déserteur. Clamant qu’il faut être fou pour traiter de lâche celui qui fuit le fléau. L’assemblée est silencieuse, alors que le vent est le seul à lui répondre. Il fond en larmes, alors qu’un soldat le saisit et l’agenouille, un pied dans le dos pour le maintenir au billot.

Elle s’approche, pas après pas, alors que la hache est empoignée et tendue en arrière. Un Prêtre non prononce les derniers sacrements, avant qu’un sifflement se fasse entendre, suivit d’un choc sourd. La tête tranchée est projetée, roule et rejoint les autres non loin, alors que le sang s’échappe par giclées sous la pression sanguine. Encore trois, trois âmes condamnées, trois compagnons. Mais ici-bas, il n’y a aucune place pour les faibles.

Rouge écarlate, comme le sable que foulent ses bottes.

L’escadron tout entier est engagé au combat sur cette plage, à dix contre un, les soldats du Lion peinent à retenir les Démons pour sécuriser la tête de pont. Sa cuirasse est arrachée sur le côté, le flanc brûlé là où le tir d’un gangroptère l’a frôlée peu avant. Elle se redresse en grognant de douleur, et sent la douleur s’évanouir alors qu’un prêtre de bataille la soigne. Elle à peine le temps de le remercier d’un hochement que celui-ci atterri vingt mètres plus loin dans une position grotesque, pantin désarticulé. Un Gangregarde ricanant la toise, alors qu’une dizaine d’homme arrivent pour lui prêter main forte.

Ensemble ils forment les rangs, hurlent à la gloire de l’Alliance et charge le colosse qui continue de se gausser grassement d’eux. Un seul revers de hache et déjà trois hommes sont tranchés net dans des giclées sanguines, les armures explosées par le choc, les entrailles à l’air et les yeux livides. Elle râle et exulte, peinant à soulever sa lame. Ils passent alors tous ensemble à l’attaque, martyrisant le colosse de coups rapides et organisés, mais rien de cela ne suffit à ne serait-ce que l’entamer.

Il soulève sa hache, enfonce le crâne d’une de ses sœurs d’armes. Ils sont faibles, petits, insignifiants. Le Démon n’en est même pas amusé. IL décide de simplement en finir, envoyant de nouveau sa hache dans un swing horizontal, la Géante n’a pas le temps de réagir, si ce n’est de s’esquiver un brin, et soudain, elle ne peut que hurler. Elle sent le métal démoniaque entamer sa jambe, la lui arracher presque avant de se retirer, ralenti par le corps précédent. La voilà qui agonise, un simple filet de chair retenant sa jambe en une seule et même pièce, au milieu des corps de ses compagnons. La douleur lui est insupportable, et sa conscience vacille rapidement.

Une douce lueur, une Lumière, et le Démon qui hurle, une bannière, la Main d’Argent, et des mains douces qui la soulèvent.

Rouge écarlate, comme la Voie qui guide sa Vie.

Et sur le pont de la Vengeance, la voilà qui se réveille, suante, haletante. Elle ne tarde pas à vomir par-dessus bord, avant de se laisser glisser contre le bastingage, une lueur vive, un craquement et c’est une clope qu’elle embrase. Elle observe ce pont, cet endroit qui la met à rude épreuve, qui la change, qui la bouscule. Elle souffle un long filet de fumée, relevant les yeux vers la voûte étoilée. Elle se rend compte que pour la première fois de sa vie, elle a peur, mais elle sent aussi autre chose. Une sensation plus douce, chaleureuse, inconnues jusque-là et qui balaye d’un revers la précédente.

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MessageSujet: Re: Chroniques de la Louve   Dim 29 Juil - 17:55


        L’air est saturé par une senteur ferreuse, un craquement d’allumette se fait entendre et l’espace d’un instant un visage est illuminé dans un coin de la pièce. Le tabac s’embrase, illuminant ensuite par intermittence ce visage encore jeune, arborant à peine vingt-cinq années environ. Les yeux sont rivés sur cette main qui git au sol, encore secouée par les derniers spasmes nerveux post-mortem. Plus loin, le corps meurtri de l’orc, bouche béante et visage crispé dans un ultime rictus de douleur. Le cliquetis de l’acier se fait alors entendre, alors qu’elle se redresse, la géante traversant la hutte d’un pas lourd, passant devant les corps d’une famille orque. Elle a fait cela proprement, d’un seul coup pour chaque, presque indolore.


        Ses pas la conduisent alors au dehors, alors que le village s’embrase au sein des forêts de Draenor, les cris retentissent encore par endroit, certains soldats ont enfermés les civils pour une mort lente et affreusement douloureuse. La Haine consume le cœur des soldats, et c’est là que naissent les pires atrocités. Elle ? Elle n’en a que faire, elle avait ses ordres, tout nettoyer, c’est chose faite. Mais une partie d’elle voit encore le regard de la fillette lorsque son père fut fauché aux entrailles par la lame de la Louve. Elle reconnait ce regard, elle avait le même, quand Il la battait. Sa sœur eut le même, lorsqu’elle la vit lui trancher la gorge.


        Elle est peut-être même pire que tous ici présents, elle ne se laisse pas abandonner à la haine, la colère, la détresse. Elle n’est pas humaine pour certains, d’autres disent qu’on l’a faite ainsi. Et ceux qui savent se taisent, car ils en connaissent les raisons.  Les regards en coins l’observent marcher vers la sortie du village, lame tenue en main droite, sous la garde et le gantelet à même la lame. L’escadron se rassemble, lentement les rangs se forment et sous la direction du Chevalier-Lieutenant ils quittent les ruines en feu du village, laissant derrière eux mort et désespoir.


        Il leur faut plusieurs heures pour rentrer au fort, les différents groupes se divisant pour l’entretient, le nettoyage du matériel et des corps. Les blessés sont apportés sous la tente infirmerie. La louve se dirige vers une vieille souche d’arbre. La voilà qui s’assied, retirant une par une les lourdes plaques couvrant la maille et le gambison. Gestes méticuleux, calculés et précis. Elle lève les yeux lorsqu’elle entend des pas se dirigeant vers elle, étirant un léger rictus l’espace d’un instant alors qu’elle reconnait son frangin. Son visage est grave, son regard douloureux, il fuit les prunelles de la Louve

« -Ils vous ont encore confié le sale boulot ? »

« -Ils ont refusé de se faire prisonnier, ils ont préféré nous affronter en face à face. »
Il tique, gronde, et secoue la tête.

« -C’était des civils Erynn, pas des combattants, un simple village de chasseurs ! »

Elle ne fait que hausser en retour, massant sa nuque endolorie.

« -Il n’y a pas de civils en temps de guerre Gil, surtout dans ces contrées. »
« - Ce genre d’actes, c’est digne d’eux, de la Horde, des orcs, des Trolls, pas de nous ! »

Elle ricane, un ricanement railleur, posant ses prunelles bleues sur lui à nouveau.

« On a jamais valu mieux qu’eux, on est tout autant des animaux Gil, depuis l’aube de l’humanité, et quand on avait pas une autre race à frapper, on s’entre-tuait. »
Il soupire, se laissant tomber sur la souche à son tour, appuyé sur elle.
« -Alors pourquoi on  se bats frangine ? »

« Toi ? Je ne sais pas. Moi, parce qu’on me l’a ordonné, et pour l’Alliance, je n’ai pas besoin de plus »
Un reniflement amer, un long soupir et il la fixe à nouveau, décidant d’affronter ces prunelles.

« -Tu as changée, dès le jour où tu as pris cette hache entre tes mains Erynn, je suis désolé… »


        Il repart d’un pas lent, trainant, au milieu du camp en effervescence. Désolé de quoi ? se dit-elle. Désolé de l’avoir observée chaque jour en Gilnéas, le corps roué de coup, les lèvres fendues, se tuant à la tâche ? Désolé d’avoir été trop faible pour oser la défendre ? Ou désolé de ne pas l’avoir empêché de faire couler le sang de leur paternel ? Elle finit par attraper de quoi nettoyer l’armure, et alors qu’elle s’applique à nettoyer le moindre petit interstice de métal, les pensées tournent encore et toujours dans sa tête. Elle avait le même regard, ce regard d’impuissance, de peur. Et aucun cri n’a su sortir de sa bouche lorsqu’il s’effondrait au sol en gargouillant. Quelle différence entre elle et cette petite fille ?  

        Deux heures, c’est le temps qu’il lui faut pour qu’armure et épée soient resplendissantes de propreté, les mains gluantes de sang et de crasse. Elle vient plonger ses mains dans un bac d’eau, se lavant sommairement visage et cheveux. Une autre allumette craque, une nouvelle cancerette allumée, la voilà qui va se poster sur les murs, observant les landes de Draenor s’étendre à perte de vue. Ils ont apporté la Guerre même dans ce monde, ils ont tué dans ce monde. Comme chaque endroit où les humains posent le pied. Qu’est-ce qui différencie un Orc d’un Humain ? La taille, le reste n’est simplement qu’exprimé différemment.


        Gil est là, plus loin, assis dans son coin alors qu’il discute avec une Prêtresse. Les deux sont proches, elle l’a vu, l’a senti. Elle se doute que celle-ci est une des dernières raisons qui pousse Gil à se battre, sans cela, il aurait déserté depuis longtemps. Les gens se raccrochent à ce qu’ils peuvent en temps de guerre, surtout quand ils sont en pleine chute. Elle finit par étirer son second sourire de la journée, s’en retournant sur la vue des landes. Elle sait qu’il saura s’en sortir une fois dans le civil, elle continuera alors son chemin seule au sein de la meute.

Car après tout, c’est inscrit en elle, inscrit sur ses mains.
Porteuse de lame, porteuse de mort.

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MessageSujet: Re: Chroniques de la Louve   Lun 6 Aoû - 19:19


Au matin, un faucon apportant un courrier s'écrasa dans le campement du neptulon, une flèche plantée dans le flanc, l'oiseau avait réussit sa mission, le payant de sa vie. Le courrier semblait un brin tâché par le sang du messager, il apportait cependant une surprise. S'était-elle enfin un brin ouverte à ses compagnons? Le premier parchemin était un ancien chant de Gilnéas, alors que le second semblait écrit d'un simple fusain et d'une main hasardeuse, peu entraînée à l'écriture.


Citation :
We fought the daylight any battle, any war
The call for blood worth dying for
We prayed for twilight, side by side we stood as pack
But still tonight you won't come back

The night is over
But in the morning don't lie dead
Remember all the blood we had

And we'll meet where the wild wolves have gone
All we bleed in the Armageddon storm
And we'll meet where the wild wolves have gone
All we need is the sacrament

We begged for mercy any hour, any day
To bring back nightfall we would pray
You left us bleeding in a silver bullet rain
Still in this world you can't remain

The day is dawning
When dusk is calling out for blame
And on this empty grave your name

And we'll meet where the wild wolves have gone
All we bleed in the Armageddon storm
And we'll meet where the wild wolves have gone
All we need is the sacrament

And we'll meet where the wild wolves have gone
All we bleed in the Armageddon storm
And we'll meet where the wild wolves have gone
All we need is the sacrament

Et nous nous retrouverons chère meute. Nous nous retrouverons sous la pluie d’argent et de sang.

Il y a des années de cela que je n’ai pas employé ce mot, et vous savez à quel point je ne sais pas manier les mots. Amis, oui, je crois que c’est ce mot qui m’est enfin venu à l’esprit ces derniers jours, une meute, soudée. Nous avons combattu, saigné, et certains sont tombés à nos côtés. Même sous la pluie de feu de la Horde, nous n’avons pas faibli. Nous avons côtoyé la mort, certains comme une vieille amie, d’autre comme une peur ancrée dans leurs tripes. Mais nous sommes restés fiers et droits, les horreurs de Silithus, du Norfendre et de Sombrivage ne n’ont pas eues raison de nous.

Chacun à prit les armes, à porter le fardeau de ce que nous sommes. Bon nombre d’entre nous sont hantés par des démons, inavouables pour certains. Combien d‘entre nous n’ont jamais avoué certaines fautes ? Que nous restera-t-il ? Lorsque nos jambes faibliront ? Lorsque nos épaules ne pourront plus porter l’acier et le cuir qui couvrent nos corps ? Rien, si ce n’est notre honneur mes amis.
Pour certains, elle est peut être une tradition oubliée, une valeur abstraite en temps de guerre. Et pourtant, nos ancêtres et nos Rois se sont battus pour celle-ci. Car l’Alliance ne saurait survivre sans son honneur et sa diversité.

Je vous attends, là au Nord, alors que les tours sont montées, que les armes de sièges sont assemblées. Les troupes se rassemblent en bataillons, venant de toutes les Capitales de l’Alliance. Nous serons l’incarnation de la vengeance des Kal’doreis, nous serons le courroux contre la Banshee. Je vous attends frères et sœurs, je vous attends mes loups, car l’aube se lève dans les Royaumes de l’Est, et tandis que les flammes éclairent votre ciel, nos torchent embrasent la nuit.

Sous une pluie d’Argent et d’acier, sur un sol bientôt gorgé du sang des héros. Je vous attends ma chère meute. Comme toujours je serais votre lame, votre arme. Comme toujours, je veillerais sur vous. Pour que demain, nous puissions hisser la bannière Lion après la victoire.

La Louve.

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MessageSujet: Re: Chroniques de la Louve   Mer 19 Sep - 21:10

« -Parfois, on ne sait plus ce qui est réel et de qui ne l’est pas. On se réveille avec un sans-visage au pied du lit, on prend un ami pour une goule. Nos mains faiblissent chaque jours, alors on s’entraîne bien plus, on devient encore plus proche de l’animal.»

« -Tu sais ce que l’on dit petite Osh, qu’il faut se garder de prendre son ennemi de haut et de le juger, car l’on est bien plus proche de lui qu’on ne le pense. »

        Adossée à la roche, la cancerette au coin des lèvres. En face d’elle, cet orc, en face d’elle, un frère d’armes. Au dehors de la caverne la tempête fait rage en Norfendre, la neige balaie les traces de pas des rares survivants qui se sont réfugiés ici. Les actions coordonnées des deux factions poussent chaque jours plus vers le Portail du Courroux. Et la mort se fait de plus en plus sentir à chacun des mètres capturés.

        L’orc lui sourit doucement, ses deux énormes chicots toujours aussi drôlement tournés.  Elle lui rend ce sourire, elle est à peine adulte mais elle sait ce qu’elle ressent pour l’être qui lui fait face, et que lui aussi ne le cache point dans son regard. Cependant ils n’arborent pas les mêmes couleurs, et leur honneur, leur fidélité passe bien avant. Ils sont faits du même moule, fabriqués pour la guerre.

        A bord de la Vengeance, elle se réveille sur le sol de sa cabine, la lame contre son épaule. Elle se relève lentement, un fond de café dans un broc, l’armure est rapidement enfilée. A son cou, deux pendentifs, cachés par les couches de cuir et d’acier, celui de sa famille, et celui qu’il lui a offert. Il y à celui de Jorà aussi, enroulé sur la garde de l’épée. Elle trimballe trop de souvenirs à son goût mais elle à donner sa parole par plusieurs fois.

        Elle sort sur le pont, inspectant les tâches du jour le lendemain de bataille, éternelle clope au bec, regard froid et vif. Elle désigne deux manœuvriers pour installer un sac de sable suspendu et un mannequin d’entraînement sur le pont, avant de se chauffer bras et jambes en vue des passes d’entraînement. La voilà partie pour deux heures sous le regard perplexe des personnes passant tout autour.

        Les coups, eux, ne sont pas donnés avec la même froideur, au contraire, la Louve est en colère, comme tout animal enfermé et acculé loin de son terrain de chasse. Elle se défoule sur le sac, le mannequin, les coups pleuvant sans cesse, la danse macabre a perdue de sa superbe, elle est hargneuse, colérique et disgracieuse.

        Quand enfin le sac à vider son dernier grain, et le mannequin perdu son dernier membre, elle s’arrête, laissant la lame plantée là, dans le corps en bois. Se dirigeant vers le bord, retirant le heaume pour souffler un grand coup, elle étouffe, gronde. Elle se rince le gosier et tourne le regard vers l’océan. Au loin, là-bas, l’attend la horde, l’attend la guerre. Elle espère au fond la voir arriver jusqu’ici. Car dans les rangs rouges se tient le duel d’honneur qui lui est dû, depuis des années maintenant. Là-bas, se trouve celui qui lui ressemble, celui qu’elle à aimer, celui qu’elle a haït.

Là-bas se trouve son reflet dans le miroir.

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