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 [Campagne - RP] Parachutage en Kalimdor

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Maroussia Hodge

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MessageSujet: [Campagne - RP] Parachutage en Kalimdor   Mar 13 Mar - 15:26

Chapitre 1 - Un mauvais cap

Maroussia Hodge rencontra l'Amirauté de la Marine Royale et l'Etat-Major de l'Alliance en toute discrétion au Donjon de Hurlevent, dans la matinée du treizième jour du troisième mois de l'an 38.

Comme à l'habitude, un rapide bilan fut dressé de la précédente mission. Visiblement, les officiers présents ne souhaitaient pas s'attarder sur John Doe, bien que Hodge nota la présence, finalement peu discrète, d'un membre du SI:7 qui eut pour toute expression un bref sourire en coin et un salut cordial de la main. Il passa le reste de son temps à boire du thé en quantité astronomique, sans jamais se lever pour aller...

Hodge aimait s'attarder sur les détails les plus insignifiants, surtout lors de ces réunions interminables, ou chacun déposait ses pions dans une moue calculatrice pour ce qui semblait souvent être une partie d'échecs amateurs plutôt qu'un combat des chefs, ou mieux, une véritable discussion. Mais cela faisait bien longtemps qu'elle ne s'attardait jamais, là ou certains capitaines aimaient prendre leur temps, serrer quelques mains, se rappeler le prénom d'une épouse ou d'un jeune enfant d'un individu qu'il croisait tous les trente-six du mois.

Une perte de temps aux yeux de la Capitaine, bien qu'avec quelques années de plus, elle savait aussi que les choses marchaient ainsi, et que se rappeler que le jeune Odric avait désormais quatre ans et survécu à la varicelle pouvait s'avérer utile, lorsque vous aviez une petite faveur à demander à son père, et que celui-ci pouvait très bien décider de mettre trois minutes comme trois semaines à vous répondre, selon son bon vouloir.

Elle exagérait, évidemment. D'autant plus que les Capitaines sortaient la boite à cirage pour les bottes des officiers plutôt que pour les souliers des secrétaires. A tord, sans doute. Un bureaucrate peut vous pourrir bien plus la vie que n'importe quel gradé souffrant du syndrome si connu du "petit chef".

Quoi qu'il en soit, et pendant qu'elle était en proie à ses réflexions intérieures particulièrement percutantes, elle se réveilla quelque peu lorsque vient l'énoncé de leur prochaine mission. Si ce n'était pas surprenant de convoyer des navires alliés, qui plus est dans le climat actuel ou il ne restait pas grand chose de la Flotte, et avec ce qui se devinait et se disait à demi mots de Silithus, ça l'était davantage d'aller jusqu'en Teldrassil pour ce faire. En général, la Royale Hurlevent rencontrait ses alliés à un point situé à mi-parcours. Officieusement, cela ressemblait presque à un parachutage dans les Royaumes de l'Est...

... Et cela pouvait très bien dire - si l'on était quelqu'un de lucide ou d'un peu pessimiste -  qu'on cherchait à les éloigner du Royaume, ou du moins de Hurlevent et des fameux amis de "John Doe". Hodge avait dans l'idée de remonter la fameuse piste de "l'Espadon", plus au nord. Et par chance, ils seraient sans doute à Menethil à temps pour être au fameux rendez-vous prévu par la note codée, en Arathi. Encore faudrait-il qu'ils se montrent discrets.

Il allait être définitivement complexe de mener une enquête correcte, de remonter la piste des quelques fins éléments dont ils disposaient, en battant les vagues de mers situées à l'autre bout d'Azeroth. Difficile, mais pas impossible.

L'arrivée à bord de l'Amiral Duchêne n'était pas un cadeau. Maroussia lui devait beaucoup (après-tout il l'avait formé avec intransigeance et propulsé dans la Flotte Maritime de l'Alliance) mais il était de ces hommes que l'on préfère avoir en ami qu'en ennemi. Intelligent. Peu modéré. Ambitieux. Une mer de charme pour cacher les récifs les plus piquants, sur lesquels s'écrasent bien des navires. Elle doutait de sa cohabitation avec son si jeune équipage. Elle doutait de leur propre cohabitation.

L'affection qu'elle pouvait lui porter ne lui avait en rien fait perdre sa lucidité au sujet de Duchêne. Il était dangereux. Et le fait même qu'il s'éloigne de sa chère Hurlevent pour rencontrer des kaldoreis témoignait d'une situation plus complexe et périlleuse qu'un simple convoyage en Kalimdor.



Dernière édition par Maroussia Hodge le Mer 4 Avr - 16:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Campagne - RP] Parachutage en Kalimdor   Lun 19 Mar - 16:14

Chapitre 2 - Prise de bec à Menethil

C’est par une nuit sans lune que la Vengeance de Neptulon arriva en vue des côtes des Paluns, le soir du dix-huitième jour du troisième mois de l’an 38. Outre un départ quelque peu mouvementé de la rade de Hurlevent quelques jours auparavant – le capitaine Hodge semblant apprécier exercer son équipage aux manœuvres par gros temps – le reste du voyage en direction de Menethil avait été relativement tranquille, le navire empruntant une vitesse de croisière et profitant d’un vent arrière garantissant une faible gite et préservant le confort des griffons comme des membres d’équipage.


C’est Vey, à la vigie ce soir là, qui s’aperçu que quelque chose ne tournait pas rond. Outre la lumière du phare de Menethil, avenante ; on distinguait plusieurs lueurs, autant intermittentes qu’éblouissantes,  comme de petits feux d’artifice, bien qu’ils se tiennent au ras de l’eau. L’escouade aérienne fut rapidement envoyée sur place, et les nouvelles qu’elle récupéra étaient loin d'être bonnes.

Le fameux Aristocrate, navire de guerre de l’Alliance et bâtiment de la Royale Hurlevent, était pris en tenaille par deux autres navires, qui présentaient les couleurs rouge-orangées du syndicat…

Malgré la surprise de faire face à semblables adversaires, qui plus est en mer, Maroussia Hodge pris rapidement la décision d’engager le combat.




Elle envoya les chevaucheurs s’occuper du navire situé à bâbord. Klitick, le pilote de l’Akir, gyrocoptère de l’équipage, ouvrit rapidement le feu sur le pont ennemi afin de mettre à mal un armement qui égalait celui d’un navire de guerre et dépassait quelque peu en nombre celui de la Vengeance de Neptulon.

Vey et Mikhaïl, tous deux chevaucheurs de griffons, larguèrent des charges de poudre en pied du mât de misaine, et déclenchèrent un début d’incendie qui créa la panique à bord et eu le don d’immobiliser le navire. Cependant, ils faisaient face à un tir nourri de la part des archers du navire du Syndicat, et leurs griffons se retrouvèrent rapidement blessés aux ailes, les deux chevaucheurs choisissant alors le pari osé de se laisser tomber sur le navire ennemi plutôt que de revenir au Vengeance.


A bord, la Capitaine décida de canarder par tribord le second navire qui tenait en tenaille l’Aristocrate, en suivant une méthode très appréciée de la marine kul tirane, mais qui demandait dextérité aux manœuvres et un petit coup de pouce. La Vengeance évoluait par nuit noire, et Elohïm invoqua une brume conséquente afin de recouvrir le navire. La stratégie était simple : le chaman levait les brumes à l’instant même ou, selon les calculs de navigation, la Vengeance se trouverait au meilleur angle et à portée de canons du navire ennemi. Par deux fois, le navire émergea des brumes – aidé par Dorwel et Hérodiade aux manœuvres afin d’affirmer quelque peu un vent trop faiblard – pour venir canarder le navire du syndicat avant de retrouver une relative sécurité dans le rideau de brume réinstallé par Elohïm. Méthode qui portait ses fruits, mais harassante, si bien que le draeneï et Hérodiade quittèrent le pont pour l’intérieur du navire, à bout de force.

Le nain Marteau-Hardi Dorwel tenta alors de provoquer des vents contraires afin d’obliger le second navire du syndicat à demeurer face au vent, faisant de fait du surplace. Le second navire se retrouva rapidement immobilisé, et si un boulet de canon traversa le premier pont de la Vengeance, le vent et la dextérité de manœuvres permis à l’équipage du capitaine Hodge de se mettre hors portée.


Communiquant avec Klitick via la radio installée sur le pont de commandement par le gnome ingénieur, qui garantissait une communication correcte avec le gyrocoptère, Hodge décida d’aller prêter main forte aux chevaucheurs, désormais en difficulté car ayant atterri sur le pont du second navire.

L’abordage fut rapidement décidé et entrepris, les manœuvriers parvenant sans mal à s’amarrer via des grapins au navire en proie aux flammes. L’autre navire du syndicat en profita pour filer, abandonnant son allié à son triste sort. L’équipage présent sur le pont sonna l’abordage avec les manœuvriers, et Maroussia et Dorwel parvinrent à venir en aide à Vey et Mikhaïl, en proie avec quatre combattants, ces deux derniers ayant déjà bien entamé le combat en faisant exploser une barrique de poudre trainant sur le pont… Visiblement, les hommes du syndicat étaient des marins amateurs.


Klitick, quant à lui, parvint à descendre le capitaine ennemi sans quitter le gyrocoptère, canardant le pont de commandement d’un feu nourri. Puis, alors que la panique semblait toujours primer à bord, un cri d’alerte, en provenance de la calle.

« Explosion !!! » L’équipage de la Vengeance de Neptulon ne se le fit pas dire deux fois et revint habilement à bord, Hodge regrettant de ne pas avoir récupéré avec eux un officier quelconque… Mais il était temps, quelques secondes supplémentaires et le navire du syndicat explosait en une torche géante, perceptible sans doute à plusieurs miles nautiques.

Dorwel et Maroussia parvinrent, usant des talents chamaniques du nain et de la dextérité aux manœuvres de la capitaine, à dégager suffisamment le navire de l’Alliance pour qu’il n’ai pas de dommages.

Klitick, toujours installé dans l’Akir, passa les alentours au peigne fin afin de trouver d’éventuels survivants ayant sauté à l’eau. Vey, elle, récupéra deux manœuvriers de la Vengeance qui n’avaient pas eu le temps de retourner à bord.
De la trentaine de matelots que comptait le navire du syndicat, seul un fut sauvé de cette triste nuit. Un jeune garçon, visiblement inexpérimenté, qui parvint à l’aide du gnome à se hisser sur le gyrocoptère pour regagner la Vengeance.  On lui servi de l’eau et du potage, avant de l’enfermer sans plus de délicatesse dans la cage réservée aux prisonniers, dans la cale.


L’état de l’Aristocrate était quant à lui franchement préoccupant. Si les mâts n’étaient pas touchés, la majorité des voiles étaient arrachées, formant de tristes lambeaux bleu et or. L’équipage du navire de guerre avait perdu huit de ses membres, dont le Capitaine, Arty Thuman, une vieille connaissance de Maroussia Hodge. Le commandant en second était quant à lui salement blessé aux jambes, demeurant pour l’instant immobilisé.

Après que la Vengeance de Neptulon se soit sommairement mise au mouillage et amarré aux restes de l’Aristocrate, son équipage se déploya pour venir en aide aux marins du navire abîmé.


Dorwel, assisté de Vey, distribuèrent rations et premiers soins aux matelots à bord, alors même qu’aucun quartier-maître ne semblait visible à bord. Mikhail quant à lui parcouru le navire de fond en comble afin de trouver des éléments expliquant cette attaque du syndicat. En effet, d’après les quelques témoignages des marins de bord, aucune explication cohérente semblait émerger de l’équipage. Comment était-il déjà possible que le syndicat ait un semblant de puissance maritime ? Les deux navires écarlates avaient attaqué sans prévenir, en début de nuit, profitant du fait que l’Aristocrate se tenait sagement au mouillage, avec une partie de ses membres à quai, et que le port de Menethil, ou du moins, ce qu’il en restait, était bien incapable de se défendre face à une telle attaque.


Quelques heures après la fin de la bataille, Hodge échangea quelques mots avec l’Amiral Duchêne qui, pendant l’ensemble de l’engagement, était resté dans sa cabine. Le son du violon s’était tu cependant pour laisser place au bruit essourdissant des canons. Pourquoi ne se montrait-il pas ? Certains diraient sans doute qu’il ne voulait pas interférer avec les ordres d’Hodge, qui demeurait commandant à son bord, et que, pour reprendre un très classe proverbe trop employé dans la marine kul tirane « deux têtes pour décider n’amenaient souvent nulle part que dans le cul d’une poule » ; d’autres, qu’il manquait peut-être de courage. Ou au contraire, que le bruit des canons ne l’inquiétait pas plus que ça, et qu’il faudrait sans doute qu’un boulet de canon le frôle en emportant la moitié de sa cabine sur son passage pour qu’il daigne sortir de ses quartiers.
Après leur entrevue, Hodge grimpa à son tour à bord de l’Aristocrate. Elle échangea avec quelques marins, puis s’installa dans la cabine du défunt Capitaine pour écrire à l’Amirauté, afin de l’informer des derniers événements.
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MessageSujet: Re: [Campagne - RP] Parachutage en Kalimdor   Mer 4 Avr - 16:22

Chapitre 3 - Contretemps pandarène


Maroussia Hodge reçu l'ordre de mission en main propre, un mage du Kirin Tor ayant transféré sans préavis sur le premier pont de la Vengeance de Neptulon, en provenance du Donjon de Hurlevent. Celui-ci semblait pressé, si bien qu'un matelot le guida directement vers la cabine de la Capitaine, passant outre la tradition de s'arrêter aux cuisines pour un accueil digne de ce nom envers tout arrivant à bord.

Elle congédia rapidement le jeune mage, le remerciant simplement, puis plongea dans la lecture de l'ordre de mission, soigneusement scellé aux lettres de l'Amirauté et de l'Etat-Major. Elle ne fut pas spécialement surprise par ce retournement de situation, il arrivait souvent que les ordres changent en cours de mission, pour pallier au plus urgent. Sans doute était-elle simplement surprise qu'aucun autre navire, plus proche des Royaumes de l'Est, puisse s'atteler à la tâche. Cependant, ils n'en auraient que pour quelques semaines avant de revenir à leur mission initiale, et le convoyage des destroyers kaldoreis était davantage une question de mois que de jours.

Si elle n'en fit part à personne, Maroussia éprouva même un certain soulagement, ou du moins, une brève euphorie. Comme tout tirassien, elle n'aimait pas Théramore. Elle y avait perdu, et les décombres de la ville qui se dessinaient à l'horizon lui rappelait sans cesse cette première bataille dont elle aurait sans doute pu retracer, quinze ans après, chaque minute.

La disparition du Bosco ne faisait que renforcer le côté lugubre de ce lieux. Elle avait besoin de se changer les idées, tout comme le reste de l'équipage. Quoi de mieux pour cela que d'escorter des civils, la Pandarie, et une disparition étrange ? Sans compter qu'ils seraient débarrassé, au moins pour un court temps, de Duchêne...


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MessageSujet: Re: [Campagne - RP] Parachutage en Kalimdor   Mar 24 Avr - 9:52

Chapitre 4 - Echauffourées à Theramore
Récit de Romilda Dalson, restée à bord de l'Aristocrate pendant la mission en Pandarie.



Romilda essuya la sueur sur son front, penchant la tête entre ses genoux pour reprendre son souffle. Elle s’imposait toujours les mêmes exercices le matin avant l’aube, pour ne croiser personne. D’autant plus sur ce navire étranger où elle se sentait douloureusement à l’étroit. Elle s’apprêtait à rejoindre son hamac, lorsqu’elle croisa l’amiral sur le pont, déjà debout et fin prêt pour la journée. Il buvait son café tout en scrutant chaque détail du bateau d’un œil acéré. Il tomba sur Romilda comme on tombe sur une incongruité mais étira un sourire aimable, aussi doux que du miel.

Romilda lui rendit son salut, avec cette raideur qu’elle affectait toujours en présence de ceux qu’elle considérait comme des étrangers. Mais l’amiral insista et l’invita à le suivre dans sa cabine pour un café matinal. Il semblait d’humeur guillerette, mais Romilda ne ressentait qu’une sensation de froid dans les os, et elle ne parvenait toujours pas à en deviner la cause. Elle se tenait droite et disciplinée sur sa chaise, tandis qu’il lui servait une tasse de café noir brûlant dans un service de porcelaine impeccable. Elle repensait à la note de Mikhaïl dans son paquetage. Elle jeta un regard circulaire sur la pièce meublée avec goût et raffinement, scrupuleusement rangée. Ça n’allait pas être une mince affaire. Son regard tomba sur le violon soigneusement placé sur son socle et elle sentit l’amiral suivre son regard.

« Vous appréciez la musique, madame Dalson ? » Elle ne savait que répondre, et formula d’un ton quelque peu rude « On n’a pas souvent l’opportunité de manier l’archet dans le nord ». Duchêne ne s’offusqua pas de sa réponse et lui fit l’exposé de son amour pour le violon, la façon dont il avait appris cet art… Il n’avait visiblement pas besoin de beaucoup d’encouragements, et Romilda ne lui en donnait pas du tout. Elle écoutait simplement, se contentant d’observer son vis-à-vis, sa tasse figée entre ses doigts. Elle n’avait pas peur, non. Mais elle se demandait ce qu’il lui voulait. Et tant qu’elle n’aurait pas compris ça, elle continuerait de le fixer et à s’interroger.

Une heure passa dans un monologue continu, les idées de Duchêne s’enchainant naturellement sans avoir besoin d’être poussées. Il semblait avoir besoin de parler, de trouver une oreille, si ce n’est un interlocuteur. Durant plusieurs jours, ce manège se répéta. Romilda écoutait, sa tasse de café à la main, et Duchêne parlait d’un sujet ou d’un autre, de l’amirauté, du métier de marin, de la hiérarchie. Il la questionnait parfois sur sa vie et elle se contentait de réponses évasives, laconiques, ne sachant pas ce qu’il attendait au juste de ses réponses. Quelque part, entre ces deux individus si différents s’établit une sorte de lien. Ni amical, ni purement formel.

***

Un matin, tout le monde fut sur le pied de guerre à cause d’un récif qui avait heurté la coque. Une avarie était survenue et il fallait la réparer au plus vite si l’équipage ne voulait pas finir entassé sur de petites barques en attendant du secours, à la merci des requins. L’amiral, au même titre que les autres, se saisit d’un seau et écopa dans la cale tandis que les ingénieurs et les manœuvriers s’activaient aux réparations. Romilda sut que c’était le moment où jamais. Elle s’esquiva et prit la direction du bureau de l’amiral d’un pas vif, le sang battant à ses tempes, et personne ne remarque son absence. Elle n’était pas douée pour la dissimulation, et les ruses de fouine, mais elle avait besoin d’en avoir le cœur net.

Elle n’eut pas de difficultés à entrer, l’amiral étant sorti à la hâte sans refermer derrière lui. Elle s’engouffra et referma le battant derrière elle. Elle s’accorda une seconde pour souffler, puis s’élança en direction du bureau d’acajou, cherchant la clé des tiroirs. Quelques secondes après, elle parcourait le contenu du bureau avec avidité, ses yeux distinguant à peine ce qu’il y avait devant eux. Elle s’arrêta net sur une image. Une gnomographie de Duchêne, avec un jeune homme qui lui ressemblait, à côté de lui. On ne pouvait pas s’y tromper. Duchêne encerclait le jeune homme d’un bras paternel et souriait doucement devant l’objectif. Il avait donc une famille. Elle ne prit pas le temps d’analyser le sentiment qui la parcourut et passa à la suite. Sous la gnomographie, elle tomba sur un pli barré de rouge. Retour à l’envoyeur. Elle reconnut l’écriture fine et élégante de l’amiral sur l’enveloppe non décachetée. Si elle l’ouvrait maintenant, elle devrait refaire le sceau à la hâte. Elle hésita un instant puis brisa le rond de cire cramoisi. Elle lut si vite qu'elle ne comprenait rien sur le moment et dut relire certains passages.

Des cris de marins satisfaits parvinrent à ses oreilles, ainsi que le bruit de pas précipités qui faisait vibrer le plancher de bois du bateau. Les hommes avaient fini les réparations. Elle attrapa le cachet, fit chauffer un peu de cire et reforma le sceau aussi soigneusement que possible. Elle n’était pas très satisfaite du résultat et n’avait d’ailleurs jamais tenté d’être un bon faussaire. Elle rangea à la hâte la lettre et la gnomographie, referma le tiroir, replaça la clé dans sa boite, reprit la direction de la porte à la hâte, vérifiant qu’elle ne laissait aucune trace derrière elle… et claqua presque la porte dans son dos. Elle fit quelque pas, tâchant de calmer les pulsations de son cœur, quand elle tomba nez à nez avec Duchêne au détour d’un couloir. Il l’observa d’un œil curieux et la salua poliment. Elle hocha simplement la tête avant de poursuivre sa route d’un pas pressé, incapable de dire un mot, les yeux baissés.

Heureusement, elle n’avait pas été obligée de s’exprimer, auquel cas elle doutait réussir à tromper qui que ce soit.


***

Le bois volait en éclats mêlés de gerbes de feu. L’odeur de poudre à canon empestait l’air, la fumée lui arrachait la gorge. Romilda toussait tout en courant, recouvrant son visage de son avant-bras. Ils la rattraperaient bientôt. Elle atteignit péniblement les écuries, et la volière des rapaces, enjambant des corps désarticulés. Elle embrocha une silhouette devant elle et poursuivit sa route au pas de charge. Elle claqua les portes et les bloqua de quelques planches de bois. Elle tenait le message dans son poing serré, et attrapa un oiseau, fixant le message dans le tube prévu à cet effet. Les portes volèrent en éclat faisant piailler le rapace. Trois Orcs aux couleurs pirates déboulèrent dans les écuries, un rictus mauvais aux lèvres. Derrière elle, aucune issue. Romilda se précipita, l’oiseau entre ses mains gantées jusqu’à une lucarne. Si elle ne devait faire qu’une seule chose, c’était cela. Un Orc vociféra un ordre, trop tard. L’oiseau filait dans la nuit enflammée. Les Orcs se ruèrent en avant, sabre au clair. Romilda sourit.

***

Quelques jours plus tard, un dimanche, un rapace se posa, éreinté, sur un des cordages de la Vengeance, avant de tomber raide mort sur le pont. A sa patte, un message rédigé à la hâte :


Citation :
Au capitaine Hodge,

Avons été attaqués au large de Theramore. Pirates de la Horde, pavillon non connu. Une wyverne écarlate sur fond noir. Trois frégates rapides, 50 canons. Amiral D. capturé, probablement blessé. Coeur de Jaina coulé. L’Aristocrate abordé. Nous serons bientôt submergés mais nous lutterons jusqu’à la fin.

Dalson
.


Dernière édition par Maroussia Hodge le Lun 14 Mai - 15:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Campagne - RP] Parachutage en Kalimdor   Mar 24 Avr - 10:22

Chapitre 5 - De Hurlevent à Gadgetzan
Récit de Vey Mira Stella


La soirée avait bien commencé ; un petit moment de détente à terre au retour d'une semaine aussi éprouvante que riche en évènements, qui avait fait voir du pays à l'équipage, la découverte, ou redécouverte pour certains, d'un continent plein de surprises, et de promesses. Une semaine de tensions qui avait rodé l'équipage aux manœuvres à terre, et entrainé de nouvelles candidatures. La jeune femme s'en réjouissait, relisant les notes prises au cours des bivouacs, commandant de quoi proposer une première tournée. La salle de la taverne avait connu l'activité et le bruissement qui préfiguraient une soirée réussie ; les conversations avaient fleuri sur de nombreux sujets, et les sourires sur les visages.

Jusqu'à l'arrivée de la jeune femme, toute rouge de sa course folle à travers les rues de Hurlevent, esquissant un rapide sourire en s'apercevant qu'elle avait trouvé le destinataire du message qu'elle tenait serré contre elle. Le Capitaine, puisqu'il s'agissait d'elle, l'avait invité à se poser un instant, pour reprendre des forces, mais la messagère avait décliné, étant encore de service. Puis, sur une rapide révérence, elle avait couru vers la sortie. Descellant la lettre, le visage du Capitaine s'était figé, sourcils froncés, et son front s'était marqué du pli soucieux qui indique que la tempête est proche.

La foudre n'aurait pas sidéré davantage les personnes présentes. Le Cœur de Jaina et l'Aristocrate attaqués par des pirates. Romilda et Duchène disparus. Sans attendre, l'ordre de réintégrer le bord avait été donné, et peu de temps après, la Vengeance, tout en voiles et en cordages grinçants, avait quitté la rade de Hurlevent, direction la baie de Théramore. La traversée avait été rapide, chaque souffle de vent mis à contribution, chaque vague glissée au mieux pour amener le navire sur les lieux du drame. Peu de conversation avaient éclos pendant les quelques jours, chaque membre d'équipage à son poste, l'esprit tendu vers l'ouest, et se préparant au pire. Vey avait fait plusieurs fois l'inventaire de l'équipement des griffons, et assistée Klitick à la préparation de l'AKIR, se lançant dans une frénésie d'activités afin de ne pas trop ressasser, consciente que c'était là un travers qui pouvait se révéler néfaste. Elle avait même pu se montrer un brin tyrannique avec certains matelots, veillant à ce que les bêtes reçoivent les soins nécessaires.

L'arrivée dans la baie de Théramore s'était faite en douceur, une brume invoquée par les chamanes pour masquer la forme du navire, et les griffons décollant dès que possible. Plusieurs survols n'avaient pourtant pas permis de retrouver des survivants. C'était à redouter, mais le constat n'en était pas moins amer. Des agresseurs, on avait retrouvé quelques corps, et quelques lambeaux de voile. Rouge. Comme un sinistre rappel. Nulle trace de l'Aristocrate, et Le Cœur de Jaina n'était plus qu'une épave. Son inspection par une petite troupe composée de Mikhaïl, Neyrah et Elohim avaient permis de s'assurer que ni Romilda, ni Duchene ne faisaient partie des corps retrouvés à bord. Une faible lueur d'espoir, dans un mer de détresse.

Le retour avait été un peu morose, et la réunion qui avait suivi, sur le pont, avait vu l'expression des points de vue de chacun, autant de pièces de puzzle s'assemblant pour former une ébauche de plan, et de marche à suivre. Après quelques instants de réflexion, le Capitaine avait fait grimer la Vengeance en navire commerçant, plus à même de se faufiler dans les eaux turquoises des mers du Sud, et l'équipage avait pris la direction de Gadgetzan, et ses marchés où tout pouvait s'acheter et se vendre. Y compris des esclaves.

Les mines dures en disaient plus long que bien des discours : gare à ceux qui s'en étaient pris à ceux qui étaient notre famille.

***

(A SUIVRE)
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